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économie

  • Reconstruire notre économie


    Fondation iFRAP

     

    Suivez en direct le colloque du 1er juin à Bercy
    Reconstruire notre économie
    Colloque de la Fondation iFRAP,
    en partenariat avec Croissance Plus et la Fondation Concorde
    Le 1er juin 2010 au Ministère de l'Economie et des Finances


    La Fondation iFRAP vous invite à suivre en direct le colloque qu'elle organise le 1er juin prochain à Bercy sur le thème "Reconstruire notre économie - Comment multiplier les entreprises de croissance et combler l'equity gap?", sous le haut patronage de Madame Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, avec une introduction de Monsieur Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé des PME.

    A l'issue de ce colloque, Nicolas Forissier, député de l'Indre, et Philippe Adnot, sénateur de l'Aube, vous présenteront leurs propositions législatives visant à améliorer l'efficacité des incitations fiscales à investir dans la création d'entreprise.

    Voir en direct le colloque (le 1er juin à 8h30)
  • FMI : la zone euro à la traîne de la reprise mondiale

    Par Jean-Pierre Robin



    Dans la zone euro, le FMI a revu à la baisse de 0,1 point à 1% sa prévision de croissance 2010, même si la France, entre autres, s'en tire plutôt mieux avec un pronostic de 1,5% au lieu de 1,4%.

    La météo économique mondiale se résume en trois chiffres: la production (le PIB) augmentera de 10% cette année en Chine, de 3,1% aux États-Unis et de 1% dans les pays de la zone euro. Pour l'ensemble du monde, la croissance s'établirait à 4,2% en 2010 et 4,3% en 2011. Avec une nette césure entre les pays avancés, dont les perspectives d'expansion se situent autour de 2,3%, alors que les économies «émergentes ou en développement»galopent à un rythme de 6,3%.

    Ces nouvelles «Perspectives de l'économie mondiale» du FMI montrent que «la reprise évolue mieux que prévu. Mais des difficultés nouvelles et exceptionnelles ont fait jour» met en garde Olivier Blanchard, l'économiste en Chef du Fonds. Il qualifie de «tiède» le redémarrage dans les pays avancés, qui se retrouvent encore à un niveau de production inférieur de 7% à ce qu'il aurait sans la crise. Dans la zone euro, le FMI a même revu à la baisse de 0,1 point à 1% sa prévision de croissance 2010, même si la France, entre autres, s'en tire plutôt mieux avec un pronostic de 1,5% au lieu de 1,4%.

     

    Dépendance au crédit

    Aux Européens en droit de se demander pourquoi leurs économies se ressaisissent bien moins vite que l'Amérique, Olivier Blanchard avance deux explications principales. L'Europe est «plus dépendante du crédit bancaire que les États-Unis où les financements de marché jouent un plus grand rôle pour les entreprises et où ils ont redémarré plus fort». Par ailleurs «les réponses de politique économique, ont été plus tardives et moins fortes en Europe» ajoute-t-il.

    C'est dire que le FMI ne désavoue nullement les plans de relance budgétaires, dont Dominique Strauss-Kahn, leur patron, a été l'un des partisans les plus déterminés, dès janvier 2008. Mais «il est urgent de mettre en place des stratégies de rééquilibrage budgétaire à moyen terme» soulignent aujourd'hui les mêmes experts. Ils observent que les déficits budgétaires des pays avancés atteignent désormais 9% du PIB en moyenne et que «le ratio dette sur PIB devrait dépasser 100% en 2014» si rien est fait.

     

    Rééquilibrage des politiques économiques

    La situation est d'autant plus délicate qu'un ajustement trop brutal des finances publiques risque de freiner une croissance déjà vacillante. D'où le conseil à double détente «d'appliquer intégralement les mesures de relance budgétaire prévues pour 2010, sauf dans les pays qui enregistrent déjà une forte hausse de leur prime de risque et qui doivent commencer à rééquilibrer leur budget dès maintenant», comme la Grèce. Mais la plupart des pays avancés devraient entreprendre un rééquilibrage budgétaire substantiel en 2011.

    Les économies émergentes sont à l'inverse confrontées «à un afflux de capitaux, une bonne chose en soi, mais qui peut devenir excessive», avertit Olivier Blanchard. Il reprend une de ses antiennes favorites: «les monnaies d'un certain nombre de pays émergents restent sous-évaluées, dans des proportions considérables en ce qui concerne le yuan». Il appelle de ses vœux une réévaluation de ces devises, tant vis à vis du dollar que de l'euro, seule façon de donner de l'oxygène aux exportations occidentales et de calmer les risques de surchauffe en Asie. Ce rééquilibrage des politiques économiques sera au centre des débats du G20, dont les ministres des Finances se réunissent vendredi à Washington.

  • La leçon d'économie

    Économie, économie, économie. Il n'y a rien de tel qu'une crise pour forcer les esprits à se concentrer sur l'essentiel et à mettre de l'eau dans leur vin idéologique.

    Il y a seulement dix mois, tout aide financière au secteur bancaire ou automobile était rejetée. Ce n'était pas au gouvernement de choisir «les gagnants ou les perdants». Les Libéraux n'étaient pas partisan des «cataplasmes» économiques et la réduction du fardeau fiscal des entreprises était la meilleure façon de les aider à rester en bonne santé.

    Les Libéraux ne niaient pas la possibilité d'un ralentissement économique, mais défendaient avec acharnement son approche habituelle, accusant leurs adversaires d'offrir la recette parfaite pour une récession et un retour des déficits.

    Quelques mois ont passé, marqués par une crise financière sans précédent, une chute du prix du pétrole, un dollar à la valeur changeante, un ralentissement économique et une industrie automobile au bord du gouffre, et tout a soudainement changé.

    Pourquoi les Libéraux aujourd'hui n'osent-ils pas dire à leurs militants qu'ils ne peuvent s'en tenir à une approche idéologique en ces temps difficiles, un avertissement d'autant plus important que la future mise à jour économique ne peut voir le jour sans une aide à certains secteurs industriels, des dépenses dans les infrastructures pour stimuler l'économie et peut-être même un déficit. Le genre de politiques qui, du temps passé des Libéraux, auraient été qualifiées d'hérésie.

    Nombreux sont ceux parmi les Libéraux à être économistes de formation, mais l'économie, comme la science politique, est affaire d'écoles de pensée et même de chapelles. Comme les partis auxquels ils ont appartenu, les Libéraux ont toujours en fait adhéré à l'école de pensée néolibérale, tenante d'une fiscalité minimaliste, d'une réglementation allégée, d'un État non interventionniste et aux moyens limités. Au marché d'exercer sa force régulatrice sans entraves étatiques.

    Cette philosophie était aussi celle des républicains aux Etats Unis et a connu son apogée et sa subite déconfiture sous George W. Bush, avec la crise financière provoquée par un marché immobilier rendu fou et dépourvu de balises suffisantes. Le reste de l'économie a subi les contrecoups de la crise du crédit qui s'en est suivie et, aujourd'hui, toute la planète en paie le prix.

    Et que proposent maintenant les apôtres de l'approche néolibérale quand ils se retrouvent entourés de leurs homologues du G20? Que l'État se transforme en nouvelle providence pour le salut du marché. Il est maintenant accepté que l'État intervienne au moyen de politiques budgétaires capables de stimuler l'économie, de stabiliser les marchés financiers et de rétablir le crédit, quitte à afficher des déficits ponctuels. C'est l'économiste John Maynard Keynes qui doit rire dans sa barbe, lui qui a toujours préconisé ce genre d'approche, au point de devenir la bête noire, sinon la tête de Turc, des économistes conservateurs et libertariens.

    Ce n'est pas pour dire que Keynes détenait la vérité. L'erreur serait plutôt de rejeter en bloc ses remèdes, sans égard aux circonstances, ce qui est arrivé trop souvent. L'erreur serait identique s'il s'agissait de balayer du revers de la main tout ce que son adversaire idéologique, l'économiste Milton Friedman, a préconisé, ce qui s'est produit aussi.

    Le vent semble toutefois tourner, comme si les dogmes étaient solubles dans les eaux troubles de la crise. Le rêve d'un État réduit à sa plus petite expression n'a plus la cote. L'idéologie qui animait néo libéraux et Libertariens a fait place à un pragmatisme commandé par la survie.

    Il est désolant qu'il ait fallu en arriver là pour que les néo Libéraux modèrent leurs ardeurs. Il faut admettre cependant qu'ils ne sont pas les seuls à avoir besoin de se heurter à un mur pour ouvrir les yeux. Leur aveuglement idéologique aura retardé la mise en place de solutions qui, mises en oeuvre à temps, auraient peut-être atténué l'impact négatif de ces crises sur les services, le gagne-pain et les épargnes de millions de citoyens. Voilà ce qui est le plus triste.

    On peut dire que mieux vaut tard que jamais. Mais s'il fallait faire un plaidoyer contre la rigidité idéologique, on ne pourrait trouver meilleur cas d'espèce que la crise actuelle. En fait, les Libéraux de l'UMP, autrement dénommés "Réformateurs" ont généralement bien tiré leur épingle du jeu car ils se tiennent au centre de l'échiquier avec des politiques plus pragmatiques qu'idéologiques.

    La réalité électorale nous donne raison, bien sûr, mais aussi celle dure et cruelle d'une économie qui tangue, de travailleurs, de retraités, de familles qui s'inquiètent de l'avenir et qui se tournent vers leurs élus et leur gouvernement pour leur venir en aide.

    L'État a un rôle légitime à jouer, sans que cela exige une explosion de sa taille. Les citoyens s'y attendent quasiment d'instinct. Si, cependant, on le réduit comme peau de chagrin sous prétexte que les choses vont bien, on court le risque qu'il n'ait plus la capacité d'agir quand elles tournent mal.

    Espérons que les néo libéraux conservateurs et Libertariens retiendront la leçon au-delà de cette crise.

     

    Claude Guillemain

    Membre du Cercle Nantais des Réformateurs