23.12.2009
Bloavezh mat ha yec'hed mat
De la part de Claude Guillemain (claudeguillemain@yahoo.fr)
17:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bloavezh, yec'hed, mat
La France vole vers un endettement record
Bercy empruntera 188 milliards d'euros l'an prochain, un niveau jamais atteint. L'agence de notation Fitch invite Paris à mettre en place une politique budgétaire «crédible» sur plusieurs années.
![]()
Pour convaincre la commission Juppé-Rocard de limiter au maximum le montant du grand emprunt, les fonctionnaires de Bercy avaient joué sur la corde patriotique : pas question qu'en 2010 la France s'endette plus que l'Allemagne. L'argument a fait mouche. Paris empruntera l'an prochain 20 milliards d'euros de moins que Berlin. Maigre consolation alors que dans l'absolu la France émettra en 2010 pour 188 milliards d'euros de nouvelles obligations, soit 23 milliards de plus qu'en 2009. Un record : il y a dix ans, la France empruntait moitié moins…
Lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2010, en septembre, le gouvernement tablait sur 175 milliards d'euros d'émission. La révision en hausse de ces projections s'explique par la décision prise dans l'intervalle par Nicolas Sarkozy de lancer un grand emprunt pour financer les dépenses d'avenir. L'État empruntera 22 milliards de plus.
La dette publique française atteignait 1 430 milliards au 30 juin 2009. Elle devrait donc dépasser allégrement la barre des 1 600 milliards l'année prochaine. D'un point de vue purement technique, cette hausse de l'endettement ne pose guère de souci au ministère de l'Économie. L'Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de l'État sur les marchés, estime l'appétit des investisseurs suffisamment élevé pour absorber le papier. L'AFT prévoit notamment cette année de créer une nouvelle OAT à long terme à quinze ans et, surtout, n'exclut pas de lancer un emprunt de maturité, quarante ou cinquante ans. «Les taux à très long terme sont nettement au-dessous de la moyenne historique, ce segment profite d'une forte demande de certaines catégories d'investisseurs, comme les fonds de pension et les assureurs», souligne Philippe Mills, directeur général de l'AFT. «En 2009, notre taux d'emprunt à trente ans se situe près de 4,2 % alors que la moyenne depuis la création de l'euro était plutôt à 5 %.»
Une politique de marketing très active
Pour Laurence Boone, économiste chez Barclayus France, «le fait d'emprunter à très très long terme est assez habile, car cela met la dette en cohérence avec les dépenses d'avenir prévues par la commission Juppé-Rocard». L'AFT compte aussi poursuivre la vente des emprunts français dans le monde entier, via une politique de marketing très active. Résultat, selon des statistiques arrêtées à fin septembre, le stock de la dette française est détenu à 67,3 % par des non-résidents. «La détention de nos emprunts est répartie en trois tiers : un tiers d'investisseurs français, un tiers de membres de la zone euro et un tiers pour le reste du monde», résume l'AFT.
Deux risques pèsent sur ce scénario. Une remontée des taux d'intérêt, tout d'abord, qui pourrait se produire courant 2010 si la Banque centrale européenne décide de remonter ses taux directeurs. Une défiance des agences de notation, ensuite. Pour l'heure, la France reste notée AAA, c'est-à-dire la meilleure catégorie possible. Mais dans une étude publiée ce mardi, l'agence Fitch sonne déjà l'alerte : «L'Angleterre, l'Espagne et la France doivent mettre en œuvre une politique budgétaire crédible dans les prochaines années, étant donné le rythme de dégradation de leurs comptes et les défis auxquels ils devront faire face pour stabiliser leur endettement.» Si ces trois pays n'y parviennent pas, avertit l'agence, «la pression s'intensifiera fortement sur leur notation». Une mise en garde on ne peut plus claire.
» ANALYSE VIDÉO - «Les marchés peuvent absorber la dette»
10:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, endettement
21.12.2009
Copenhague entre gauchistes et financiers
Source : http://www.insolent.fr/2009/12/copenhague-entre-gauchistes...
Dans tout scénario hollywoodien qui se respecte, quand les choses tournent mal à l'échelon de la Planète, seul le président des États-Unis peut et doit sauver le monde.
En observant la neige qui tombait silencieusement, abondamment et impunément sous ma fenêtre, j'avoue n'avoir éprouvé que fort peu de sollicitude pour les gens qui se sont agités à Copenhague autour du réchauffement.
Et, pour tout dire, leur déception en elle-même pourrait nous réjouir.
Mais.
Tout à la joie de contempler l'apparente vanité de leurs piétinements de cette mi-décembre on ne voudrait surtout pas gâcher ici le plaisir du lecteur.
Voué d'évidence à l'échec, de par la procédure unanimiste suivie, l'accord climatique mondial a cependant gagné deux batailles qu'il eût mérité de perdre.
La première enregistre le fait de sa légitimité. La voilà désormais majoritairement reconnue. En se dérobant à cette folie, la direction de l'État russe, par exemple, ne s'est pas sentie en mesure de la dénoncer. Partagée par de nombreuses personnes l'opinion réchauffiste, quoique dépourvue de base scientifique véritable, tétanise les gouvernants. Toutes sortes d'activistes monopolisent les tribunes, envahissent les rues, pérorent dans les médiats. Se postant eux-mêmes en experts, en procureurs et en juges, ils ne laissent pas la place à la moindre parcelle de doute. Les pires criminels peuvent recourir aux services d'un avocat. La défense du "système" ne saurait en bénéficier, car bien entendu il faut "faire payer les riches". Le slogan lancé par Maurice Thorez en 1936 prend une dimension mondiale. Le saint-jean-bouche-d'or s'appelle désormais Evo Morales. L'homme du moment, dictatorialement réélu à la tête de la Bolivie, a résumé, bellement et brillamment, la situation : "la cause réelle du changement du climat est le capitalisme". (1) Voilà une analyse saine et simple, et comme aurait pu le dire Christophe Colomb, "il suffisait d'y penser".
On a entendu réclamer la "justice climatique". Un autre joli slogan est apparu. Il lâchait en quelque sorte le morceau, car la banderole proclamait sans périphrase : "il ne s'agit pas de changer le climat, mais de changer le système".
Rarement la boucle de l'absurdie et de la colère creuse aura été aussi bien bouclée. Et puisque nous parcourons le riche domaine des citations d'hommes illustres, comment ne pas recourir à Salvador Dali. Oui, nous nous trouvons bel et bien confrontés à "oune entréprisse de crétinissathionne ouniversalle". Tellement plus parlant avec l'accent espagnol…
Alors on peut s'interroger : à qui profite cet outrecuidant délire ? Où mène-t-il ?
Et nous en arrivons ainsi à la deuxième victoire réchauffiste : celle du principe d'une indemnisation financière dont certains montants sont déjà fixés pour certaines échéances. Une nouvelle forme de ce qu'on appelait hier l'aide au développement va apparaître.
Et on se prépare à réactiver de nouveaux flux financiers reversés – au moins : dans un premier temps – aux dirigeants du tiers-monde. Libre à chacun d'en interpréter les parts respectives de la compassion sincère, de l'hypocrisie, de la folie autodestructrice et du plus logique des cynismes.
Parfois même on s'inscrit dans la sphère des réalités incontournables. La déforestation, les graves atteintes portées à l'écologie de la forêt de pluie, se voient dénoncées par le prince Charles de Windsor. Tel le grand dauphin se réveillant en 1701 pour faire accepter par Louis XIV le testament espagnol, cet éternel fiancé de la couronne propose de "trouver des alternatives durables". On ne peut que l'approuver, sur le principe au moins. Mais on n'omettra pas de souligner que la menace pèse autant et même plus sur l'écologie du Canada que sur celles, spectaculairement évoquées, de l'Amazonie ou de l'Afrique subsaharienne. (2)
On a dès le départ postulé qu'il fallait, à ce seul titre, verser 7,2 milliards aux structures étatiques du continent noir. De quels budgets déficitaires, de la substance de quels contribuables occidentaux seront tirés ces versements, voila toute la question.
Or, pour ces sommes, comme pour tous les dispositifs financiers dont les 10 pages d'accords signés à Copenhague ont jeté les bases, vont se créer des fonds hautement spéculatifs destinés à les garantir. Globalement on se prépare à mettre en place des produits financiers, dérivés des redevances carbones. Et, pour ce faire, on retrouve dès maintenant la même cellule de banque Morgan, dirigée par la même mathématicienne, Mme Blythe Masters (3). Le monde lui devait déjà l'invention, agréée par Moody's en 1997, des "dérivés de crédits" CDS, d'où est venue la crise de 2008. Cet échafaudage invérifié et incontrôlable avait été conçu, au départ, comme tel. Il ne s'agissait pas, semble-t-il, d'une grosse erreur mais d'une volonté d'opacité.
La cellule mathématico-financière avait pu la tester à partir de 1994 avec les indemnités de l'Exxon Valdez, refourguant le risque des énormes indemnités virtuellement (4) à la charge du pétrolier affréteur sur la BERD (5).
Bien entendu l'irresponsabilité caractérisera le nouveau système. À Copenhague par exemple on est convenu de versements à hauteur de 100 milliards de dollars par an en faveur du tiers-monde à partir de l'année 2020. Que vaudra le dollar et combien de signataires de l'accord se trouveront encore en place ? Nul ne le sait, bien évidemment. Mais la nouvelle usine à gaz aura vu le jour. Quand le dispositif s'écroulera sous l'effet de la fraude, des guerres locales – vous voyez qu'on peut rester optimiste – des défauts de paiement ou simplement des procédures, certains s'aviseront peut-être de regarder les notations des agences monopolistes qui n'ont jamais rien vu venir.
Madame Blythe Masters aura pris une retraite bien méritée et d'intelligents spéculateurs pourront dire merci aux agités gauchistes de Copenhague.
JG Malliarakis
Apostilles
- Cité par Le Monde du 18 décembre.
- Cf son point de vue publié dans Le Monde du 15 décembre.
- Très peu de sources francophones évoquent le personnage. Citons les courageuses exceptions : le blogue conservateur de Bernard Martoïa, repris par celui de Claude Reichman. En revanche la littérature de langue anglo-américaine abonde. À consulter : le livre de Gillian Tett, reporter du Financial Times Fool's Gold: How Unrestrained Greed Corrupted a Dream, Shattered Global Markets and Unleashed a Catastrophe.
- Finalement, grâce au jugement définitif de la Cour Suprême des USA rendu en juin 2008, la somme des dommages et intérêts à payer par Exxonmobil a été réduite à 500 millions de dollars. Le naufrage lui-même remontait à 1989. L'opération, initiée en 1994, de cautionnement du risque judiciaire aura été profitable.
- Théoriquement créé pour aider l'Europe centrale à se débarrasser de l'héritage communiste, cet organisme installé à Londres était dirigé par Jacques Attali. Il fut amené à en démissionner sur un parfum de scandale.
18:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, gauchistes, financiers
19.12.2009
Affaire HSBC/ Relations franco-suisses
22:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affaire, hsbc, fisc, france, suisse
14.12.2009
Je demande la démission du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand
Son président, Yves Meaudre explique : "S’abriter derrière son statut d’homme politique ou d’écrivain pour revendiquer l’impunité a quelque chose de monstrueux quand on connaît la souffrance de ces victimes. Comment peut-on prendre M. Mitterrand au sérieux quand il condamne le tourisme sexuel en présentant sa « confession » comme la « sublimation » littéraire de ses actes ? Comment un Premier ministre peut-il accepter de couvrir un membre de son gouvernement quand il est lui-même père de famille ? Et si son enfant en avait été la victime ? Les jeunes gens d’Asie sont ils de moindre valeur ? "
N'hésitez pas à diffuser le lien de cette pétition autour de vous :
http://www.libertepolitique.com/index.php?option=com_chro...
17:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : démission, frédéric mitterrand
01.11.2009
Retraites : les chiffres qui font peur
Le serpent de mer est de retour. La réforme des retraites, qui n'en finit plus d'être inévitable, reviendra sur le devant de la scène en 2010, plutôt qu'en 2012, précédente échéance retenue pour ce qu'il convient d'appeler le "grand rendez-vous des retraites". La faute à la crise, qui a diminué drastiquement le montant des cotisations, creusant de fait le déficit déjà imposant de la branche vieillesse de la Sécurité sociale. Mais ce déficit, tout conséquent qu'il soit, n'est que la partie émergée de l'iceberg, l'illustration à un instant T d'un système qui n'a, en l'état, ni aujourd'hui, ni demain, les moyens de ses ambitions.
| Lire | |


15:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : retraites, chiffres
20.10.2009
[Crise systémique globale] L'Union Européenne à la croisée des chemins en 2010: complice ou victime?
| Written by LEAP/E2020 | |
| Thursday, 15 October 2009 Source : http://www.newropeans-magazine.org/content/view/10173/1/ | |
|
4. Si les Européens refusent de discuter de manière indépendante de leurs intérêts communs éventuels avec les Chinois, les Indiens, les Brésiliens et les Russes, ils se privent tout simplement de tout moyen de faire valoir leur vision des choses en ce qui concerne les trois contraintes précédentes puisque ces pays représentent aujourd'hui les puissances sans lesquelles rien de décisif ne peut plus être mis en œuvre (6).
| |
14:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : [crise systémique globale] l'union européenne à la croisée des c
17.10.2009
Baverez "Autant qu'une crise, une révolution"
J. P. Guilloteau/L'Express

Economiste, historien et avocat, Nicolas Baverez a lancé en 2003 le débat sur le déclin français en publiant La France qui tombe. Libéral et convaincu que l'antilibéralisme est à la source de notre relatif essoufflement, il est vite devenu le chef de file des "déclinistes". L'Express publie cette semaine, en exclusivité, les bonnes feuilles de son nouvel essai, Après le déluge, qui sort le 15 octobre chez Perrin. L'ancien disciple de Raymond Aron analyse les causes du séisme que nous vivons - "le Pearl Harbor de la mondialisation" - décrit le mécanisme des cycles économiques et le salut temporaire trouvé dans des politiques keynésiennes, avant d'esquisser les mutations que le capitalisme mondial va devoir entamer, et dont l'Europe et la France risquent d'être les premières victimes.
Le 15 septembre 2008 restera au capitalisme mondialisé ce que fut pour les Etats-Unis dans l'ordre stratégique l'attaque de Pearl Harbor par le Japon impérial le 7 décembre 1941 : une surprise totale, marquant l'écroulement d'un monde et le basculement dans l'inconnu. Par l'ampleur des pertes provoquées - une année de PIB mondial détruite à ce jour, soit 50 000 milliards de dollars -, la durée de ses séquelles, les transformations qu'il entraînera dans la régulation du capitalisme, le choc s'apparente à une guerre. Autant qu'une crise, il s'agit d'une révolution. Révolution économique avec la fin du cycle néolibéral de la mondialisation qui débuta à la fin des années 1970 et fut placé sous le signe du retrait de l'Etat et de la déréglementation, de l'ouverture des frontières, de l'innovation financière et du primat de la politique monétaire. Révolution géopolitique avec le bouleversement de la hiérarchie des nations et des continents, marqué par le déclin relatif des pays développés, y compris les Etats-Unis, et l'ascension des nouvelles superpuissances du Sud rangées derrière la bannière chinoise. Révolution politique avec le défi d'imaginer des institutions et des règles pour la mondialisation sur fond d'emballement des tentations protectionnistes et d'exacerbation des nationalismes. Révolution intellectuelle et idéologique avec la déconfiture du néoconservatisme et l'effondrement du mythe de l'autorégulation des marchés, faisant pendant au tragique démenti apporté à la neutralité revendiquée des Etats-Unis dans la première phase du second conflit mondial.
Voilà pourquoi il est vital de ne pas se tromper sur la nature de l'événement. Il ne s'agit pas d'une crise de liquidité mais d'une crise complexe, affectant l'immobilier, le crédit, le système financier, la croissance et l'emploi. Il ne s'agit pas d'une crise américaine mais d'une crise mondiale, la première du capitalisme universel. Il ne s'agit pas d'une crise financière mais d'une grande crise économique, qui remet en question la norme du capitalisme, tel qu'il s'est développé depuis trois décennies. Il ne s'agit pas simplement d'un effondrement du crédit mais de l'écroulement d'un mode d'organisation des échanges mondiaux confrontant des nations s'endettant pour consommer et importer - tels les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Espagne ou l'Irlande - et des pays épargnant pour investir et exporter - à l'image de la Chine, de l'Allemagne, du Japon ou de la Corée du Sud. Il ne s'agit pas seulement de la révélation brutale de surcapacités de production mais de déséquilibres profonds dans l'utilisation de l'épargne mondiale et dans le partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail. Il ne s'agit pas uniquement d'un choc économique mais d'un bouleversement stratégique qui modifiera le système géopolitique et la hiérarchie des puissances du xxe siècle. Il ne s'agit pas d'un accident mais d'une rupture historique. [...]
"Le système n'est plus en état de supporter une secousse d'une intensité comparable"
La dimension proprement politique de la crise ne doit pas être sous-estimée. La limitation durable de la croissance dans le monde développé, la réapparition d'un chômage de masse et la hausse inéluctable de la pression fiscale qui laminent les classes moyennes ne libéreront pas seulement les pressions protectionnistes mais aussi les passions collectives et les extrémismes. Le basculement du centre du capitalisme vers l'Asie alimente la xénophobie dans les pays développés tout en confortant les régimes autoritaires du monde émergent et en ouvrant de nouvelles alternatives à la démocratie. Le capitalisme, qui était jusqu'à présent le compagnon de route de la liberté politique, est en passe d'en divorcer en ancrant sa dynamique dans des systèmes de valeurs, des régimes politiques et des sociétés autoritaires, qui ne garantissent pas les droits des individus. La crise recèle ainsi un potentiel considérable de tensions sociales et de violence politique internes aux nations comme de conflits entre elles. Ce potentiel qui peut à tout moment être exploité par les tyrans, les démagogues et les extrémistes.
Aujourd'hui, n'existe plus de droit à l'erreur. Quelle que soit l'issue de ce choc planétaire, il y aura dans l'avenir d'autres bulles et d'autres crises, car elles sont indissociables de la liberté et du jeu des passions humaines. Mais le système économique de la mondialisation n'est pas en état de supporter une secousse d'intensité comparable à l'horizon d'une génération.
Keynes répondit au cours des années 1930 à un interlocuteur qui lui demandait quelle était la priorité lorsqu'une économie était au fond du trou : "D'abord cesser de creuser." L'année 2009 est de ce point de vue décisive. Elle a vu la politique économique contenir de justesse l'effondrement du système bancaire et la déflation. Mais, de ce fait même, elle favorise le retour en force des idées et des comportements du monde d'hier ou d'avant-hier : retour à l'économie de bulle pour les uns ; retour à l'économie fermée et administrée pour les autres. Or les mêmes causes produiront demain des effets plus catastrophiques encore. Il faudra beaucoup de temps pour panser les blessures provoquées par les folies collectives de ce début de siècle. C'est une raison supplémentaire pour commencer au plus vite en agissant au plus efficace, ce qui suppose auparavant d'avoir réfléchi au plus juste. C'est une raison supplémentaire d'en appeler à la raison critique pour combattre la double tentation d'un retour au business as usual et d'une condamnation passionnelle du libéralisme, pour mobiliser toutes les énergies au service d'une grande transformation du capitalisme mondialisé, qui est désormais la condition de sa préservation. [...]
"L'Europe et la France parmi les grands perdants"
Au temps de la guerre froide, Zhou Enlai résumait la coexistence pacifique en ces termes : "Que deux éléphants se battent ou qu'ils fassent l'amour, c'est toujours l'herbe qui se trouve dessous qui est écrasée." La Chine a remplacé l'URSS parmi les éléphants mais l'Europe demeure au rang d'herbe. Elle a échoué à prendre la mesure de la nouvelle donne issue de la chute du mur de Berlin et de la mondialisation. L'instauration de la monnaie unique puis l'élargissement aux nouvelles démocraties d'Europe centrale et orientale ont masqué le blocage de l'intégration et la renationalisation des politiques, sanctionnés par l'échec du projet de Constitution et l'enlisement du débat institutionnel. Les Européens subissent la crise, divisés, leurs réactions manquent de vigueur et de cohérence, ce qui fait peser un réel risque de déflation à la japonaise sur le continent.
Le paradoxe veut que la crise frappe davantage l'Europe que les Etats-Unis, pourtant à l'origine des bulles spéculatives. La récession atteindra 4,5 % en 2009 contre 2,8 % aux Etats-Unis, avec la perspective d'une croissance à nouveau négative en 2010 puis bridée autour de 1 % à l'horizon d'une décennie. Le chômage frappera 26,5 millions d'Européens en 2010, soit 11,5 % de la population active. La recapitalisation et la restructuration des banques ne sont qu'ébauchées, alors que restent à passer quelque 950 milliards d'euros de dépréciations, soit 10 % du PIB de l'Union. L'endettement public dépassera 100 % du PIB en 2014. Enfin, une spirale de baisse des prix est enclenchée depuis le début de 2009. En bref, l'Europe présente les mêmes symptômes que le Japon, faute d'avoir accepté d'emblée d'assouplir sa politique monétaire, d'enregistrer les pertes liées à l'éclatement de la bulle immobilière et d'assainir le bilan de ses banques.
[...]
Au sein d'une Europe fragilisée, la France, comme dans les années 1930 et 1970, s'est crue épargnée par la crise en raison de son faible dynamisme et de l'archaïsme de ses structures économiques et sociales. En réalité, elle n'a pas échappé au choc, comme le montre l'intensité de la récession (- 2,8 % pour le PIB en 2009) et la vitesse d'ajustement de l'emploi : le nombre de postes de travail a chuté de 400 000 en un an, tandis que le chômage montait en flèche pour toucher aujourd'hui près de 10 % des actifs. Le chômage français comporte, par ailleurs, quatre spécificités : l'importance du chômage des jeunes (+ 40 % sur un an) ; la forte progression du chômage de longue durée ; l'hémorragie de l'emploi industriel ; le dualisme du marché du travail qui a conduit les entreprises, confrontées au double effondrement de leurs carnets de commandes et du crédit, à réduire leurs effectifs en réexaminant en priorité les statuts précaires [...]. Dans le même temps, le jeu des stabilisateurs automatiques, qui ont fait chuter les recettes jusqu'à 80 % pour l'impôt sur les sociétés, et la hausse des dépenses prévue par les plans de relance ont provoqué une envolée du déficit public qui devrait s'élever à 8,5 % du PIB en 2009 (dont 140 milliards d'euros pour l'Etat et plus de 20 milliards pour la Sécurité sociale). Sur le plan sectoriel, la violence de la récession n'a pas été moins forte que dans le reste du monde développé, avec pour symbole la production d'automobiles qui a diminué de 40 % en un an sur le territoire français.
Au total, l'effondrement du modèle économique français présente des symptômes très comparables à celui du mode de développement à crédit américain : désindustrialisation et perte de compétitivité, double déficit des comptes publics et de la balance commerciale. Mais les mêmes effets cachent des causes fondamentalement différentes. Aux Etats-Unis, la croissance intensive fut dopée par une consommation financée par la dette privée et les gains de productivité (2,2 % par an), monopolisés par la rémunération du capital dont la part a fortement augmenté dans le partage de la valeur ajoutée. En France, la croissance molle a été tirée par une consommation alimentée par des transferts sociaux (34 % du PIB) financés par l'endettement public (passé de 20 % à 68 % du PIB entre 1980 et 2007), alors que la part des salaires dans la valeur ajoutée est restée stable et élevée (67 % en 2008, comme en 1988, pour moins de 5 % affectés au versement des dividendes). Aux Etats-Unis, s'est développée une bulle immobilière et financière sur fond de politique monétaire laxiste, de déréglementation et de sous-évaluation chronique du dollar. En France, le secteur privé connaît une lente euthanasie dans un environnement marqué par le niveau record des dépenses et des prélèvements publics (55 % et 44 % du PIB), par la surréglementation et par la surévaluation de l'euro.
Richelieu remarquait que "qui a la force a souvent la raison en matière d'Etat ; et celui qui est faible peut difficilement s'exempter d'avoir tort au jugement de la plus grande partie du monde". Rien n'est plus faux que de croire que la crise, en réhabilitant l'intervention de l'Etat, donne une nouvelle jeunesse au modèle français et sert le redressement du pays. La France, depuis trois décennies, est devenue l'homme malade de l'Europe. Seul pays développé à n'avoir jamais renoué avec l'équilibre budgétaire et le plein-emploi depuis 1973, elle s'est spécialisée dans la production de dettes publiques et de chômeurs structurels. Loin de favoriser la modernisation du pays ou les réformes, la crise aggrave les handicaps et les retards français. Le recul de la croissance mondiale et les difficultés du monde développé constituent un environnement autrement plus hostile que les années glorieuses de la mondialisation.
"C'est sur le plan moral et intellectuel que la crise est susceptible de faire le plus de ravages en France"
La crise amplifie les trois fléaux qui minent l'économie et la société françaises. Le premier découle de la faible productivité du secteur public français et de la course folle des déficits et de la dette publics ; or celle-ci atteindra 100 % du PIB autour de 2012, soit un niveau jamais atteint en période de paix. Le deuxième réside dans l'étroitesse et l'hétérogénéité du secteur privé, dont les performances dépendent de quelques grands groupes mondialisés et d'un petit nombre de pôles d'excellence ; or la crise multiplie les faillites, parachevant la désintégration du tissu industriel régional effectuée par les récessions de 1983 et 1993, et frappe de plein fouet des secteurs stratégiques tels que la banque et l'assurance, l'automobile et la construction aéronautique, la construction et le transport, l'industrie du luxe et le tourisme. Le troisième est à chercher dans le chômage permanent qui n'est pas seulement un frein à la sortie de crise, mais un cancer qui mine le lien social et la cohésion nationale ; or le chômage va toucher pour de nombreuses années plus d'un actif sur dix (11 % en 2010), réactivant la hantise du déclassement qui tétanise la société française tout en encourageant le malthusianisme et le corporatisme. C'est sur le plan moral et intellectuel que la crise est susceptible de faire le plus de ravages en France. Elle peut non seulement réduire à néant les réformes engagées mais relégitimer les idées et les principes de l'économie administrée qui l'ont empêchée de surmonter la stagflation des années 1970 et qui se révéleront plus inefficaces et ruineux encore face à la crise de la mondialisation.
"La crise est une raison majeure pour accélérer les réformes"
A défaut de changements majeurs de son modèle économique, la France s'oriente au cours de la prochaine décennie vers une croissance bloquée en dessous de 1 % par an, un chômage permanent, une spirale de déficits de la balance commerciale et des comptes publics, avec une impasse structurelle de 5 % du PIB. Les remèdes sont connus. Du côté du marché du travail, la priorité doit aller au soutien de l'emploi, à l'accompagnement personnalisé des chômeurs, à l'intégration des immigrés, à la formation initiale et continue, enfin et surtout, à la flexibilité. Mais la clé demeure le rétablissement de la compétitivité qui passe par le développement prioritaire du secteur marchand, notamment de l'industrie, par un effort de productivité dans le secteur public, enfin par la refondation de la nation. L'Allemagne y est parvenue grâce à dix ans d'efforts pour maîtriser ses coûts de production. La France était le dernier des pays développés à s'y engager lorsqu'elle a été rattrapée par la crise. Celle-ci n'est en rien un prétexte pour différer les réformes, mais une raison majeure pour les accélérer.
15:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : baverez "autant qu'une crise, une révolution"
16.10.2009
Ubifrance ouvre son guichet unique pour les exportateurs
C'était l'un des objectifs de la réforme, engagée il y a un an, d'Ubifrance, l'agence qui organise le soutien public à l'export. Les exportateurs français vont désormais bénéficier d'un accès unique à un catalogue de plus de 1.100 opérations collectives (salons, foires…) à l'étranger. Baptisé « Programme France 2010 » et accessible depuis le site Web d'Ubifrance, ce « guichet virtuel » a été présenté hier par la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac. Il regroupe les opérations d'accompagnement d'Ubifrance mais aussi des chambres de commerce et d'industrie ainsi que des acteurs de l'agroalimentaire Sopexa et Adepta.
Accompagner les entreprises
Avec un agenda et un catalogue de prestations communs regroupés sous une même bannière, l'objectif est de faciliter la vie des entreprises tentées par les marchés étrangers. En cumulant les initiatives, le but est d'accompagner « plus de 18.000 entreprises françaises en 2010 », un chiffre que Bercy qualifie de « très ambitieux ». Ubifrance, qui réalise environ 60 % des actions des opérations du Programme France 2010, a accompagné 10.144 entreprises à l'étranger l'an dernier. Son objectif fixé avec l'Etat est d'atteindre les 20.000 d'ici à fin 2011. Le gouvernement cherche à inverser la tendance baissière du nombre d'exportateurs français enclenchée en 2001. Et ce d'autant plus que c'est dans les pays émergents - et notamment en Asie - que la reprise sera la plus précoce et la plus dynamique. L'Asie compte pour 10 % des exportations françaises, mais concentre un quart des opérations d'accompagnement. Pour soutenir les PME à l'étranger, le gouvernement a également présenté, hier, son dispositif de garantie publique d'assurance-crédit Cap Export.
F. S., Les Echos
19:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ubifrance ouvre son guichet unique pour les exportateurs
30.09.2009
Institut Turgot
17:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





GEAB N°38 - Les grandes tendances des phases 4 et 5 de la crise systémique globale (phase de décantation et phase de dislocation géopolitique mondiale) se dévoilent chaque jour un peu plus (1).

