31.10.2008
Le service public offre des emplois à vie, donne aux fonctionnaires un pouvoir arbitraire sur les citoyens et nuit au redressement de notre pays

29.10.2008
Réforme des collectivités locales
28 octobre 2008
Collectivités locales : il ne suffit pas de supprimer un échelon
« Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales dont le nombre et l’enchevêtrement des compétences est une source d’inefficacité et de dépenses supplémentaires » a annoncé Nicolas Sarkozy le 25 septembre à Toulon. Derrière le problème du mille-feuille administratif local et national se posent des questions cruciales que le président évoque dans son discours : « si nous voulons une économie compétitive nous ne pouvons plus lui faire supporter un poids excessif de dépenses publiques. J’assumerai mes responsabilités sur la diminution des effectifs et sur la réforme des échelons territoriaux. »
Les dépenses publiques locales représentent 212 Milliards d’euros en 2007. C’est 20% du total des dépenses publiques (991 Milliards d’euros). Elles ont été multipliées par 2 en vingt ans, alors que le PIB l’a été seulement de 1,5. Quant à la fonction publique locale elle a augmenté de 51% alors que l’ensemble des administrations augmentait de 17%. Un rythme explosif. En tête des augmentations, les régions ont le carton rouge avec +92% d’effectifs, suivent les intercommunalités avec +89% et les Départements avec +42%. Théoriquement, le mouvement de décentralisation devait se traduire par une réduction des effectifs de la fonction publique d’Etat.
Mais les doubles emplois continuent de perdurer. Et c’est là que le bât blesse. La décentralisation, loin d’être une vertueuse simplificatrice, génère de nombreux doublons.
Dans un rapport de 2007 sur les relations entre l’Etat et les collectivités locales, le sénateur Alain Lambert évoque « l’enchevêtrement des compétences et la contractualisation polymorphe » ayant « un coût élevé » et entravant « l’efficacité des politiques publiques ». La multiplication des intercommunalités n’a rien arrangé car elles ont une fiscalité propre et utilisent souvent des personnels payés par les communes n’apparaissant pas dans leurs budgets.
L’autre raison est le principe de « libre administration ». L’Etat reste compétent sur tout et les collectivités locales peuvent régler leurs « affaires de compétences », dit le rapport Lambert, « sans qu’une définition précise et limitative en existe ». Dans le domaine de l’enseignement scolaire et supérieur, on trouve au titre des superpositions« l’accompagnement éducatif, les bourses et fonds sociaux, l’information et l’orientation ».
Pour alimenter la confusion entre les acteurs publics locaux et nationaux, se trouve aussi une fiscalité touffue. Les finances locales reposent sur un trépied constitué par les taxes locales (taxes foncières, taxes sur les propriétés bâties et non bâties et taxe professionnelle), la fiscalité transférée (TIPP et Taxe sur les Conventions d’Assurances) et les concours de l’Etat (sous la forme de crédits budgétaires et de prélèvements sur recettes).
La fiscalité locale est enserrée dans des normes étroites et les concours de l’Etat sont comprimés par les objectifs de baisse des dépenses de l’Etat. Ce stress accru sur les finances locales pourrait permettre de poser la question de la réforme de l’assiette des taxes locales. A condition de revoir les mécanismes de péréquation qui anesthésient les décideurs locaux en les déresponsabilisant au profit de l’administration centrale.
Dans ce contexte, une concurrence interrégionale reposant sur une autonomie fiscale plus poussée serait intéressante. Il pourrait s’ensuivre, comme en Suisse, une péréquation dégressive et un mécanisme permettant de prohiber les doublonnages des interventions centrales et locales sur les mêmes tâches.
En un mot, il ne suffit pas pour réformer les collectivités locales de supprimer un échelon, il convient de repenser le partage des tâches entre l’Etat et les acteurs locaux, revoir les assiettes fiscales et identifier les doublons d’effectifs publics que ce soit entre l’Etat et les collectivités ou entre ces dernières. Supprimer seulement un échelon serait un leurre.
Cet article a été publié dans le Figaro du 26 octobre 2008
Note du Figaro : Agnès Verdier-Molinié, vice-présidente de l’Institut français pour la recherche sur les administrations publiques (iFRAP) et Sandrine Gorreri, directrice de la rédaction de Société Civile, le mensuel de l’iFRAP, prennent position en faveur d’une réforme des collectivités locales, à certaines conditions, indispensables à leurs yeux pour réussir sa mise en œuvre.
26.10.2008
The wrong man at the wrong place

Apostasie de Greenspan à lire sur www.mediterraneco.com
samedi 25 octobre 2008
C’est quasiment la corde au cou que Alan Greenspan est apparu jeudi 23 octobre 2008 devant une commission du Congrès des Etats-Unis. Harcelé de question sur sa gestion en tant que président de la Réserve fédérale pendant 18 ans, de 1987 à 2006, il a reconnu humblement s’être trompé. On lira ci-dessous la déposition telle qu’elle a été rapportée apr le New York Times.
Il y a quelque chose de pitoyable dans l’apparition en pénitent de cet homme âgé de 82 ans, autrefois qualifié de maestro ou de sorcier de Wall Street, loué par l’ensemble du monde financier, présenté en Europe comme un modèle à suivre par la Banque centrale européenne (combien de fois ne l’a-t-on pas opposé à Jean-Claude Trichet, ce dernier vilipendé par le ban et l’arrière-ban des Keynésiens), obligé maintenant de reconnaître ses fautes devant une sorte d’Inquisition.
Cette apostasie est un coup dur pour le camp des libertariens, dont Greenspan, disciple de Ayn Rand (1905-1982), était une figure de proue. En fait, en tant que président d’une banque centrale, il ne pouvait qu’aller à l’encontre de ses propres principes sauf à détruire le siège - prestigieux - sur lequel il était assis, puisque la banque centrale par son existence même fausse le jeu du marché. Cette contradiction éclate aujourd’hui en pleine lumière, et elle a rattrappé Alan Greenspan. Il était le mauvais homme à la mauvaise place, "the wrong man at the wrong place" !
25.10.2008
[Global systemic crisis] Summer 2009: The US government defaults on its debt
| Source : http://www.newropeans-magazine.org/content/view/8612/87/ |
| Written by LEAP/E2020 | ||
| Thursday, 23 October 2008 | ||
|
Before next summer 2009, the US government will default and be prevented to pay back its creditors (holders of US Treasury Bonds, of Fanny May and Freddy Mac shares, etc.). Of course such a bankruptcy will provoke some very negative outcome for all USD-denominated asset holders. The period that will then begin should be conducive to the setting up of a « new Dollar » to remedy the problem of default and of induced massive capital drain from the US. The process will result from the following five factors studied in detail further in this GEAB:
Studying the case of Iceland can give an idea of the upcoming stages of the crisis. That is what our team has been doing ever since the beginning of 2006. This country indeed provides a good illustration of what the US and the UK should be expecting. It can be considered – and that is what most Icelandic people do today – that the collapse of Iceland's financial system came from the fact that it was disproportionate to the size of the country's economy. ![]() Inflation in Iceland - 2003-2008 - Source Central Bank of Iceland Financially speaking, Iceland thought of itself as UK (1), in the same way as, financially speaking, UK thought of itself as the US and the US thought of themselves as the entire world. It is therefore quite useful to study the case of Iceland (2) in order to understand the course of events that London and Washington will follow in the next 12 months (3). What we see today is a double historical phenomenon:
![]() Map of deposit insurances in the EU - Source AFP - 10/09/2008 Indeed there is such a thing as a « post-September 2008 world ». According to our team, it is now clear that this past month will remain in the history books of the whole planet as the month when the global systemic crisis started; even if what is really at play is its decanting phase, the last of a series of four phases of the crisis described by LEAP/E2020 as early as June 2006 (5). As always when it comes to large human groups, the perception of change among the general public only occurs when change is already far on its way. As a matter of fact, September 2008 is the month when the « financial detonator » of the global systemic crisis exploded. According to LEAP/E2020 indeed, this second semester 2008 is the time when « the world dives into the heart of the impact phase of the global systemic crisis » (6); which means for our researchers that, at the end of this semester, the world enters the « decanting phase » of the crisis, i.e. a phase when the outcome of the shock settles down. This phase is the longest (from 3 to 10 years, according to the country) and the one affecting the largest number of people and countries. It is also the phase when the components of new global equilibriums will start to appear, two of them being already described by LEAP/E2020 in this 28th edition of the GEAB in the graphic illustrations below (7). Therefore, as we repeated it on and on since 2006, this crisis is far more important, in terms of impact and outcome, than the 1929 crisis. Historically, we are the very first players, witnesses and/or victims of a crisis affecting the whole planet, in a situation of unprecedented interdependence of countries (resulting from twenty years of globalisation) and people (the level of urbanization - and related dependence for all the basic needs – water, food, energy… - is also unprecedented). However, the 1929 experience and all its dreadful outcome, is still vivid enough in our collective memories to hope, if citizens are vigilant and leaders clear-sighted, that we will be spared from a « remake » leading to major conflagration(s). Europe, Russia, China, Japan,... are certainly the collective players who can make sure that the unfolding implosion of today’s world power, i.e. the United States, does not drive the planet into a disaster. Indeed, except for Gorbachev’s USSR, empires have a tendency to strive in vain to reverse the course of History when they realize their might is escaping them. It then belongs to partner-powers to channel the process peacefully, as well as it belongs to the citizens and rulers of the concerned country to be clear-sighted and face the difficult times they are about to cross. ![]() Total borrowings of US Depository Institutions from the US Federal Reserve (01/08/1986 – 10/09/2008) Source Federal Reserve Bank of St Louis The « emergency repair » of international financial channels, achieved by the countries of the Eurozone at the beginning of this month of October 2008 (8), should not hide three fundamental facts:
The sudden shock that will result from the US defaulting in summer 2009 is partly due to this decoupling of decision-making processes of the world’s largest economies with regard to the US. It is predictable and can be dampened if global players start to anticipate it. As a matter of fact, it is one of the topics developed in this 28th edition of the GEAB: LEAP/E2020 hopes that the September shock has “educated” the world’s political, economic and financial policy-makers and made them understand that it is easier to act by anticipation than in a panic. It would be a pity if Euroland, Asia and oil-producing countries, as well as US citizens of course, discover one morning of summer 2009 that, after a long-week-end or bank-holiday in the US, their US T-Bonds and Dollars are only worth 10 percent of their value because a « new Dollar » has just been imposed (12). Public announcement GEAB N°28 (October 2008) Laboratoire Européen d’Anticipation Politique
Notes: (1) Iceland adopted 10 years ago all the principles of economic deregulation and « financieration » advocated and implemented in the US and UK. Reykjavik thus became some sort of a financial « Mini-Me » of London and Washington, in reference to the very Americano-British movie character Austin Powers. The three countries undertook to play the financial game of « the frog that wished to be as big as the ox », in reference to a fable by Jean de la Fontaine with a very unhappy end for the frog. | ||
03:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.10.2008
"Faites ce que je dis, pas ce que je fais"
Communiqué de BREIZH 2004
22 octobre 2008
Au moment où, selon un procédé discutable, l'état français voudrait faire des "paradis fiscaux" les nouveaux boucs émissaires de la crise financière, il importe de rappeler que le "paradis fiscal" est tout simplement un lieu où les banques respectent le secret bancaire. Ce qui est la moindre des choses.
Rappelons que le secret bancaire protège les données personnelles et financières du client, comme le fait le secret médical pour les données sensibles du patient. La protection de la sphère privée est d'ailleurs un droit fondamental garanti par la Convention européenne des Droits de l'Homme. Et ces textes ne font évidemment aucune différence entre riches et pauvres.
Nos hommes d'état ont trop tendance à confisquer ces droits et à décider des affaires qui ressortent de la seule volonté et de la seule responsabilité du citoyen.
Ainsi en est-il pour les impôts à l'échelon des communes et des régions.
Les hommes du gouvernement n'ont, jusqu'à ce jour, fait aucun effort.
Ils devraient pourtant s'intéresser aux échelons décentralisés du pouvoir, et concentrer leurs efforts sur la production de biens et services publics décentralisés. Ils devraient également adapter ces biens et services à la culture, aux goûts, aux coûts et autres paramètres particuliers des citoyens et des espaces où ils vivent.
Ainsi, dans une vision décentralisée du pouvoir, le fédéralisme fiscal, que les Européens appellent subsidiarité, se traduit par une collecte des impôts à l'échelon d'une région, ces impôts finançant les biens et services publics de cette région, sans retombées économiques sur les autres régions. Le fédéralisme fiscal protège le peuple de l’oppression fiscale des soi-disant élites, non seulement parce qu’il limite leur pouvoir de voler l'argent des contribuables, mais parce qu’en réalité celui qui serait tenté de se soustraire au fisc serait plus rapidement et plus efficacement identifié et poursuivi.
En matière de secret bancaire comme en matière de fiscalité, l'état pratique allègrement le principe central de l’étatisme jacobin: “Faites ce que je dis, pas ce que je fais”.
Pour BREIZH 2004
Le Président
Claude GUILLEMAIN
44, rue Léon Durocher
Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.
16:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Alain Madelin : "La France est sous perfusion"
21/10/2008 |
http://www.lefigaro.fr/le-talk/2008/10/21/01021-20081021A...
L'ancien député et ministre de l'Economie était l'invité du Talk Orange-Le Figaro mardi soir.
A l'écart de la vie politique, Alain Madelin n'entend pas pour autant déserter le débat politique. Démonstration éclatante mardi soir lors du Talk Orange-Le Figaro. Interrogé sur le dernier épisode de la crise financière et bancaire internationale, avec la décision du gouvernement français d'injecter 10,5 milliards d'euros pour recapitaliser les principales banques françaises, l'ancien député et ardent défenseur du libéralisme trouve cette solution «bonne» pour garantir et relancer les prêts aux particuliers et aux entreprises.
«Remettre de l'argent dans les banques pour leur permettre de prêter à l'économie est quelque chose de très sain. C'est un formidable levier pour réoxygéner l'économie réelle», ajoute l'ancien ministre de l'Economie. Les outils à mettre en place «ont été mis en œuvre. On a fait ce qu'il fallait faire. Il n'y aura pas de plan C. On est sous perfusion, reste à savoir combien de temps va durer la convalescence», prévient celui qui rejette avec le sourire l'idée d'Olivier Besancenot de créer «un nouveau service (public) bancaire». «Ça ne mérite pas de commentaires…»
Faut-il davantage de régulation dans l'économie ? «C'est une blague. Il y a 70.000 pages liées à la régulation publiées chaque année aux Etats-Unis. C'est une crise de mauvaise régulation, et ça a été chaotique avant que les politiques ne prennent les bonnes décisions». Il en profite pour cogner contre le principe des subprimes, ce «produit toxique qui s'est répandu. Les subprimes, c'est vraiment une création du marché politique, avec les meilleures intentions du monde. On a voulu forcer les banques à prêter aux pauvres», assène-t-il sans langue de bois.
«Il faut refonder l'Etat»
Alors que le budget 2009 est discuté actuellement à l'Assemblée nationale, Alain Madelin ne souhaite pas accabler Christine Lagarde et son ministre du Budget Eric Woerth. «Il y a quelques doutes quant à son exécution, mais il sera toujours temps de le rectifier (en prenant en compte une croissance révisée à la baisse, ndlr). C'est un épiphénomène.»
En revanche, il estime que si des responsabilités doivent être engagées, tout le monde doit assumer, jusqu'au sommet de l'Etat. Après l'affaire Kerviel, Daniel Bouton avait en effet sauvé sa tête à la Société générale. Mais Charles Milhaud, lui, a dû démissionner de la Caisse d'Epargne après des pertes de 600 millions d'euros. Alors, la sanction des dirigeants, réflexe sain ou risque de se contenter de bouc-émissaires faciles ? «Je trouve que ceci procède d'une demande de l'opinion. Elle a peur, il faut bien qu'il y ait des coupables et que des têtes tombent à la première occasion. Il faut positiver : je rêve du jour où les acteurs de l'économie diront que les trous budgétaires et de la Sécu ont augmenté, et où la jurisprudence Caisse d'Epargne s'appliquera : le ministre et le président démissionnent». «Mais il faut raison garder», nuance-t-il.
«Le problème, c'est qu'il faut refonder l'Etat», reprend-il plus sérieusement, s'interrogeant également sur son propre rôle. «Je ne vois pas ce que je peux faire d'utile dans le système politique actuel. Mais il est vrai que j'entends tellement de contre-vérités que j'ai envie de revenir dans le débat politique». Sans toutefois revenir dans la vie politique active. Donc pas de candidature aux élections européennes de juin 2009, ni aux régionales de 2010.
12:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.10.2008
SAVINGS & SAVINGS GUARANTEE
Now available, on this blog, my abstract showing how the savings guarantee model, prooftested for 34 years during my career of microfinance expert, can entrepreneurially intervene in the deepest service of human needs.
Ask me to post you a copy, and if you like it lets discuss it in each city, rural or urban groups, to start designing social businesses in community contexts that matter most to you.
The challenge is to build capacity in the financial sector by focusing on a very large range of activities, and building sound institutions through human resource and systems development. These themes are reflected in this statement - SAVINGS & SAVINGS GUARANTEE , APEX MICROFINANCE INSTITUTION in EUROPEAN ENVIRONMENT - whose chief objective is to support the deepening and diversification of financial markets to serve the the broad spectrum of rural small holders and micro entrepreneurs, including the self-employed poor.
Claude Guillemain
Rural Finance & Microfinance Expert
23:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.10.2008
Le Talk : Hervé Novelli
16/10/2008 | Mise à jour : 20:15 |
Le secrétaire d'État chargé du Commerce, de l'Artisanat, des PME, du Tourisme et des Services était l'invité du Talk Orange-là Figaro.
Guillaume Tabard - Bonjour, moins 7 % à la Bourse de Paris, hier, près de moins 8 % encore aujourd'hui. Après la courte euphorie qui a suivi l'annonce du plan de sauvetage des banques, les marchés repartent à la baisse redoutant une récession longue et forte. Pour parler de la crise aujourd'hui l'invité est Hervé Novelli. Hervé Novelli, bonsoir.
Hervé Novelli - Bonjour.
Le répit aura été de courte durée et les Européens ne vont pas tous les matins faire un plan à 1 500 milliards. Qui peut encore éviter que la crise s'amplifie et s'aggrave ?
Je crois qu'il faut clarifier les choses. On n'a pas fait un plan pour la Bourse. Ce qui a été fait par le président de la République, président en exercice de l'Union européenne avec tous les pays, c'est une action concertée sur des principes communs, déclinés pays par pays, pour alimenter les banques, et pour faire en sorte que le poumon économique, la capacité à financer, l'économie soit préservé. Cela était indispensable, vital.
Apparemment ça ne suffit pas ?
Vous n'en savez rien. Il faut distinguer la cotation de la Bourse, la cotation des valeurs qui obéit aujourd'hui à des facteurs assez irrationnels et la capacité des banques à financer l'économie. Les taux interbancaires, c'est-à-dire la capacité à faire en sorte que le financement entre les banques soit possible par une baisse de ses taux est aujourd'hui engagée pour la première fois depuis la faillite de Lehman Brothers. Je crois qu'il faut bien distinguer les choses. Il y a une capacité à financer les banques pour qu'elles financent l'économie qui est rétablie. Puis, aujourd'hui, il y a une insécurité des acteurs qui agissent sur le marché boursier et qui anticipent une difficulté majeure sur le plan économique. Voilà la réalité mais je crois qu'il était vital d'agir comme on l'a fait. Le fait que la Bourse, aujourd'hui soit plutôt sur l'anticipation de la crise économique, du ralentissement économique plus exactement, parce qu'il est difficile de la qualifier...
Vous parlez pudiquement de «difficulté majeure», aujourd'hui tout le monde emploie le mot récession. Est-il abusif de dire aujourd'hui que la question n'est pas de savoir s'il y aura une récession mais plutôt de se demander de quelle ampleur elle sera ?
Je crois qu'il ne faut pas se payer des mots. C'est vrai que la France est au bord de la récession comme tous les pays qui nous entourent. Aujourd'hui nous devons faire en sorte de voir comment nous devons réagir par rapport à ce ralentissement très brutal qui affecte l'ensemble des économies occidentales. De ce point de vue, le fait majeur est qu'on a su - je ne parle pas de la crise financière, je parle de notre capacité par un plan en faveur du financement des Petites et moyennes entreprises - être très réactifs. Cela sera-t-il suffisant pour que les PME, qui sont les plus fragiles en cas de ralentissement économique, sortent toutes indemnes de ces difficultés, je n'en sais rien. Mais nous avons anticipé.
Ce plan pour les PME, il avait été annoncé très tôt dans la crise, ce sont 22 milliards d'euros pris dans les caisses de la Caisse des dépôts…
Pas totalement.
22 milliards d'euros pour les PME, concrètement savons-nous quand, premièrement, cet argent arrivera dans les entreprises et deuxièmement, selon quels critères il sera distribué ?
Je vais vous le dire, mais auparavant je voudrais dire combien j'ai été content de voir que lorsque le 18 août le premier ministre nous a réunis, Christine Lagarde, moi-même et les ministres pour l'économique, mon souci de préserver ou d'améliorer le financement des PME a été tout de suite au cœur des réflexions. Il y avait des statistiques qui, à l'époque, n'anticipaient pas ce ralentissement. Malgré tout le premier ministre, la présidence de la République ont tout de suite indiqué combien il était vital…
Un bon point pour le gouvernement mais maintenant les 22 milliards ?
Cette capacité de réactivité, elle continue de jouer. Sur les 22 milliards, 5 milliards passent et transitent par OSEO, la banque de financement des PME. Au passage, combien on a été bien inspiré de fusionner l'ensemble de ces agences et de faire une grande agence de financement des PME. Il reste 17 milliards, ils proviennent non pas de la caisse mais de la centralisation des excédents de l'épargne réglementé, les ex-Codevi d'un côté, les Livrets d'épargne populaire de l'autre qui vont être laissés à disposition des banques. C'est là que se pose le problème, nous nous disons plan PME, ça veut donc dire que ces 17 milliards doivent aller seulement à ces PME ou à ces entreprises de taille intermédiaire qui vont avoir besoin de financements rapides. Tout cela sera mis en place. Vous m'avez posé la question du calendrier, jeudi, aujourd'hui, le 15 octobre et le 21 octobre, les sommes seront disponibles. Une convention, qui sera signée entre l'État et les banques avant la fin du mois, régira le fléchage de ces 17 milliards vers les PME, c'est-à-dire qu'il y aura des obligations pour les banques. Obligation d'abord de reporter sur les en-cours de crédits et les nouveaux prêts aux PME. Cela sera reporté tous les mois. Il y aura donc des clauses de revoyures formelles qui nous permettront de suivre l'affectation de ces 17 milliards aux PME et cela je crois est indispensable pour que l'on est vraiment ce financement des PME.
Cela va-t-il suffire pour empêcher les faillites consécutives à un arrêt… ?
Je ne vais pas dire qu'il n'y aura pas de casse. En revanche, ce qui est sûr, c'est que nous avons rétabli le circuit de financement et les 5 milliards d'OSEO, par exemple, sont immédiatement disponibles. Dès maintenant, il y a le numéro vert d'OSEO (0810 00 12 10), qui est le numéro fort, que tous les entrepreneurs aujourd'hui doivent connaître s'ils ont des difficultés avec leurs banques, il faut qu'ils appellent le 0810 00 12 10, et ils seront immédiatement mis en relation avec un correspondant d'OSEO de leur région. On est tout de suite dans la proximité. C'est très important.
C'est très concret. D'un côté, l'argent pour les entreprises…
L'argent arrive, une convention régit leur fléchage. Cela va-t-il suffire ? Rien ne remplace la croissance. C'est pour ça qu'on a pris des mesures structurelles depuis maintenant un an et demi pour faire en sorte qu'il y ait une croissance plus réactive en France, plus dynamique. Lorsqu'on met 3 milliards sur le crédit pour la recherche, c'est pour doper l'innovation.
D'un côté, l'aide aux entreprise, de l'autre, François Fillon l'a quasiment annoncé, il y a deux jours, sur TF1 : le retour des emplois aidés. Cela ne gêne-t-il pas le libéral que vous êtes de voir qu'on retourne aux vieilles recettes pour endiguer la montée du chômage ?
Être libéral ne veut pas dire que l'État s'interdise de tout faire. J'ai dit et le répète que le libéralisme est aussi la coexistence, et c'est même indispensable avec un État de droit, c'est-à-dire des règles et des valeurs, une éthique, un comportement qui justifient le libéralisme et cette capacité à donner toutes ces potentialités. Un marché qui a un cadre. Ça ne me gêne pas que l'État fixe le cadre et qu'il sanctionne lorsque les comportements ne sont pas en cohérence avec cette éthique ou les règles qu'il a fixées. Maintenant les contrats aidés, eh bien c'est un amortisseur. Ça n'est pas avec les contrats aidés que nous allons résoudre une crise liée à un ralentissement brutal de l'économie. En revanche, c'est un amortisseur. Il est clair que lorsque nous faisons des efforts pour trouver, susciter des emplois en les assortissant d'un certain nombre de clauses qui permettent à ces emplois de voir le jour, ça sert d'amortisseur. Rien ne vaut la croissance économique, bien sûr.
L'État ne fait pas que fixer le cadre, il intervient concrètement, il est prêt à rentrer dans le capital des banques, s'il le faut. Dans cette crise finalement, n'est-ce pas le libéralisme en tant que tel qui est sanctionné, quoi que vous en disiez ce matin dans les colonnes du Figaro ?
J'ai dit tout cela dans les colonnes du Figaro, mais je vais redire une chose. L'État fixe les règles, l'État sanctionne lorsque ces règles sont transgressées. L'État sanctionne les comportements non conformes à une certaine éthique du capitalisme, mais il faut mieux, lorsqu'il y a un incendie l'État doit l'éteindre. C'est la justification. La prise de capital, en revanche, ne doit être que temporaire.
En sortir le plus vite possible ?
Sortir le plus vite possible parce que ça n'est pas le rôle de l'État que de gérer, c'est le rôle de l'État que d'assumer lorsqu'il y a un risque du système et de son effondrement, de jouer ce rôle de régulateur et d'acteur pour empêcher les dérives majeures ou l'effondrement. Mais, ensuite, il doit se retirer en empochant au passage une plus-value qui profite aux contribuables. Voilà un cadre temporaire. Rien ne peut s'opposer à une prise de participation qui sauve le système mais qui est accompagnée de sanctions contre les dirigeants par exemple lorsqu'ils ont failli, et surtout une capacité ensuite à se retirer.
Dernière question, il y a un dossier qui vous revient, qui était déjà explosif avant la crise, c'est celui de la réforme de La Poste. Au moment où l'État se dit prêt à rentrer dans le capital des banques, est-ce que l'idée qu'il se retire de celui de La Poste n'a pas un peu de plomb dans l'aile ?
C'est mon collègue, Luc Chatel, qui en est spécifiquement chargé, mais vous avez raison je m'en suis occupé lorsque j'ai été en charge de ce secteur, il y a quelques mois. Ce que je peux dire c'est que La Poste est une très belle entreprise. C'est aujourd'hui la deuxième entreprise européenne dans le secteur postal. Ça veut dire qu'il y a eu déjà une adaptation à ce qui est un monde déjà concurrentiel. Mais pour que La Poste maintenant puisse poursuivre son expansion à l'international, eh bien Jean-Paul Bailly a une stratégie qui consiste à faire en sorte que son capital puisse s'ouvrir pour permettre de financer des expansions à l'international. En Europe il y a aujourd'hui la poste allemande et puis La Poste française, voilà les deux acteurs majeurs. Je ne souhaite pas que la poste allemande vienne en France suppléer ou remplacer pire La Poste française parce que nous aurions refusé de donner à La Poste les moyens de son expansion.
Mais tout cela a été argumenté avant la crise. Aujourd'hui dans ce contexte, est-il politiquement, symboliquement et socialement possible d'aller jusqu'au bout de la réforme ?
La réforme et la crise ne sont pas antinomiques, c'est même l'inverse. L'exemple qui est donné par le gouvernement c'est de vouloir pousser des réformes qui doivent être faites et qui ne peuvent pas être différées du fait de la crise. Je vous rappelle une chose en ce qui concerne la stratégie de La Poste, le président Bailly le propose : aujourd'hui il y a une commission du débat public qui a été installée par Luc Chatel et Christine Lagarde, le président de la République l'a souhaitée, elle va rendre son avis. Ensuite, le gouvernement arbitrera.
On ira au bout ?
On ira au bout du chemin qui consiste à donner à La Poste les moyens de son expansion à l'international pour rivaliser avec succès la poste allemande.
Hervé Novelli, merci
Source: http://www.lefigaro.fr/le-talk/2008/10/16/01021-20081016A...
11:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Subprimes: sept arguments simples à renvoyer aux étatistes et autres donneurs de leçons anti-libérales
Chers amis, vous croyez en la liberté individuelle, politique et économique, et vous en avez assez d’entendre la foule des gens mal informés pour la plupart, ou intellectuellement malhonnêtes pour quelques uns, vous gratifier de plaisanteries fines, voire de noms d’oiseaux, à cause de la crise actuelle ?
Vous en avez assez que les étatistes de gauche et de droite se permettent de vous donner des leçons, alors que, parce que vous faites l'effort de vous informer, vous savez que ce sont ces mêmes étatistes qui prétendent encadrer vos existences du berceau au cimetière qui ont provoqué cette crise ?
Voilà, en 7 points, l’argumentaire qui vous permettra, je l’espère, de moucher ces accusateurs anti-libéraux dont vous serez nécessairement la cible. Il est temps de redresser la tête, ne vous laissez plus marcher dessus:
La crise actuelle n’est pas une crise du libéralisme, mais une faillite de l’intervention toujours croissante des états, et notamment l’état américain, dans leurs économies :
1. Dans une société libérale, jamais l’état n’aurait créé un oligopole financier (Fannie Mae et Freddie Mac), forcé pour des raisons politiciennes de racheter en masse des prêts de qualité très médiocre, hors de toute considération économique.
2. Dans une société libérale, jamais l’état n’aurait pu faire croire à des pauvres qu'il les aidait en votant des lois obligeant les banques à leur prêter de l'argent hors de tout critère habituel de prudence.
3. Dans une société libérale, jamais les propriétaires installés n'auraient pu, via leurs mairies, ériger des barrières réglementaires toujours plus hautes à la construction de nouveaux logements, par des lois de zonage qui ont fait exploser les prix immobiliers et artificiellement gonflé de 4 000 milliards de dollars la bulle que l’on sait.
4. Dans une société libérale, jamais les dirigeants de banques n'auraient cru pouvoir compter sur la garantie de l’état et sur l'argent du contribuable pour couvrir leurs fautes, sans payer à titre personnel un prix très lourd pour leur irresponsabilité, voire leur malhonnêteté. Les établissements financiers auraient dû organiser d’eux-mêmes et sur leurs fonds propres la garantie des déposants des établissements déficients.
5. Dans une société libérale, aucune administration, aucune majorité politique ne pourrait exonérer certaines entreprises (comme Fannie Mae, Freddie Mac et leurs dirigeants, ou certaines banques d'affaire) des obligations nées du droit commun sous prétexte que cela arrange tel ou tel politicien.
6. Dans une société authentiquement libérale, les taux d’intérêts ne pourraient pas être manipulés par des élites déconnectées des réalités économiques. Le prix de l'argent ne pourrait être que le reflet de l’offre et de la demande de moyens de paiement, et ne pourrait indéfiniment rester artificiellement sur ou sous-évalués, limitant, voire empêchant la formation de bulles spéculatives.
7. Dans une société libérale, le législateur se ferait un point d’honneur de ne pas taxer abusivement la réussite, ce qui permettrait de fonder notre développement sur la saine accumulation de capital, et non sur le développement de bulles de crédit successives.
Tous ces facteurs qui ont déclenché, amplifié ou propagé la crise sont nés des interventions étatiques sur l'économie, les marchés financiers, le marché immobilier. Sans cette intrusion constante des états dans la vie des marchés les plus importants pour nos vies, la crise des subprimes n'aurait tout simplement jamais pu se produire.
Alors par pitié, messieurs et mesdames les statolâtres, prétendre que seul l'état peut aujourd'hui nous sauver des maux provoqués par l'étatisme n'est pas seulement risible, c'est se rendre complice d'une escroquerie intellectuelle envers les populations, et favoriser la prise de décisions politiques qui ne feront qu'amplifier le désastre.
08:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Non, ce n'est pas la fin du libéralisme
05:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






