29.10.2007
Economie de marché versus société de marché
Pourtant, ce sont précisément ces valeurs qui sont refusées aux agents économiques. A en croire les partenaires sociaux, experts en dialogue social (basé sur la violence et le rapport de force), les relations qui unissent des hommes et des femmes au sein des entreprises devraient être figées, réglementées et soudées une fois pour toutes, sans aucune possibilité de « divorce » ou « remariage ». Pourtant, nous sommes aussi des agents économiques. Les entreprises ont besoin de souplesse, d’arrangements contractuels fondés sur la négociation plutôt que d’obligations réglementaires, et de ce sentiment de liberté qui leur permet d’évoluer et de s’adapter, ou de changer si l’environnement l’impose. Car les facteurs de production sont mobiles et se renouvellent sans cesse de sorte qu’il est impératif de revoir leurs combinaisons. Celles qui marchaient hier peuvent devenir usées aujourd’hui.
La relation entre le salarié et l’employeur repose normalement sur un contrat. En ce domaine aussi, on aimerait avoir le choix entre l'union libre, le mariage ou le pacs ; car un mariage forcé a peu de chance de succès. Par ailleurs, plus la sortie est coûteuse, compliquée et difficile, plus l’entrée le sera. Autrement dit, plus on rendra le licenciement difficile, moins il y aura d’embauche de la même manière que si les gens sont dans l’impossibilité de divorcer, ils se détourneront du mariage.
L’analogie n’est pas anodine car un couple est aussi une unité économique fondamentale. Alors que l’entreprise combine du capital et du travail pour produire des biens de consommation, le couple combine des individus pour produire d’autres individus. Et pour l’instant, en l’absence d’innovations technologiques radicales, il faut combiner un homme et une femme pour faire des enfants. Autrement dit, alors que l’entreprise est une unité de production, le couple est une unité de reproduction. C’est un aspect fondamental de la croissance économique étant entendu que sans capital humain, sans êtres humains, il n’y aurait plus de travailleurs, plus de consommateurs, plus d’entrepreneurs du tout. Il faut donc faire des enfants. Mais faire des enfants n’est pas seulement un acte biologique. Il faut les éduquer pour qu'ils intègrent un jour avec bonheur la population active. Généralement, ce sont les parents qui éduquent leurs propres enfants même si on peut imaginer des solutions diverses au fur et à mesure de la recomposition des familles.
En tous les cas, éduquer des enfants prend un certain nombre d’années. C'est un processus chaotique qui prend son sens sur le long-terme. Et le père que je suis ne connait pas la recette miracle : c’est sans doute le métier le plus difficile, le plus beau et le plus ingrat (je commence à peine à comprendre aujourd’hui certaines des décisions de mon père mais il n’est plus là pour que je lui témoigne ma reconnaissance) .
Eduquer un enfant ne se fait pas en un jour. C’est sur la base de ce constat vieux comme le monde que les sociétés ont mis en place des institutions permettant aux familles de se constituer, et si possible de durer, afin d'éviter que les couples se brisent à la première difficulté venue (et les embûches sont nombreuses et sont autant de sources de discordes dès qu'il s'agit d'éduquer ses enfants). Bien-sûr, on ne peut pas forcer à rester ensemble deux personnes qui ne s’aiment plus. Mais il faut prendre garde de ne pas succomber à la demande de flexibilité dans les domaines où elle ne s’impose pas toujours alors qu’elle fait cruellement défaut dans les domaines vitaux de la production des richesses. Les moeurs sont un élément de rigidités qui assurent des cadres aux individus et à la société qu'il est nécessaire parfois d'assouplir mais qu'il est dangereux de détruire.
Jospin avait dit un jour « oui à l’économie de marché, mais non à la société de marché ». Pourtant, j’ai l’impression qu’en France, on a fait exactement le contraire : on se ferme obstinément à l’économie de marché (c’est-à-dire à l’économie du contrat libre) tandis que la société de marché a déjà envahit toute la sphère sociale.
Jean-Louis Caccomo,
Perpignan, le 29 octobre 2007
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15.10.2007
Bon sang, mais c’est bien-sûr !
Certains parlementaires de l’UMP proposent de taxer les stock-options pour redresser les comptes de la sécurité sociale. Comme personne ne semble admettre qu’il faut avant toute chose stopper le dérapage des dépenses, et donc s’attaquer aux causes structurelles des déficits, on cherche de nouvelles recettes, c’est-à-dire que l’on nourrit un dérapage des recettes elles-mêmes. En somme, il faut faire payer les riches ! Personne n'y avait-il pensé plus tôt ? A-t-on élu un nouveau gouvernement pour appliquer des solutions anciennes dignes du programme commun de la gauche ? N'est-ce pas la recherche éperdue de nouvelles recettes pour financer la sécurité sociale qui a, par le passé, motivé la création de la C.S .G. par Michel Rocard, puis ses différentes augmentations par les divers gouvernements de gauche comme de droite qui se sont succédés en mettant en œuvre une formidable continuité ? Finalement, sachant que l’on pouvait compter (indéfiniment ?) sur de nouvelles recettes, on a multiplié les nouveaux droits sociaux (RMI, CMU...) ce qui a conduit à de nouvelles dépenses... L’expérience nous montre ainsi qu’un dérapage des recettes ne freine pas, mais bien au contraire, cautionne le dérapage des dépenses, ce qui conduit à un creusement du déficit et à l’accumulation d’une dette qui est une véritable bombe à retardement.
Mais quoi de plus populaire - pour ne pas dire populiste - que de faire payer les riches patrons dont certains font aujourd’hui la une de scandale financier ? C’est un réflexe compréhensible et prévisible de la part d’un leader de la L.C .R pour qui un patron ou un entrepreneur ne saurait être qu’un parasite exploitant la sueur des ouvriers. Mais cela laisse tout de même songeur quand une telle proposition émane de grandes personnalités de l’U.M.P., sans doute en quête de légitimité auprès de ceux qui se sont attribués le monopole du cœur et de la morale [1]. Alors on prépare les esprits en présentant le système bancaire et financier comme un milieu opaque et douteux, théâtre de tous les scandales et de toutes les compromissions, jetant l'opprobre sur l'ensemble d'une profession sans laquelle nous ne pourrions avoir le niveau de vie, qui est considéré comme un acquis, voire comme un droit, dans nos pays développés.
La banque en particulier, et la finance en général, ont été inventées pour transformer les petites gouttes improductives que sont nos épargnes individuelles en fleuves, puis océans, c’est-à-dire en capitaux productifs. Si chacun stérilise de son côté 1 ou 50 euros, il n’aura guère d’autres choix que de les consommer. Mais que survienne un intermédiaire avisé pour réunir ces 1 ou 50 euros issus de la poche de 20 ou 30 millions de petits épargnants, alors ils transforment ces gouttes éparses en un fleuve puissant : les capitaux. Qu’ils mettent à disposition ces capitaux à des entrepreneurs, à des managers, à des innovateurs, et ces fleuves donneront naissance à un océan. Jacques Marseille observe judicieusement que si l’on confisquait les salaires des patrons du CAC 40 pour redistribuer cette cagnotte aux français les plus pauvres, chacun toucherait une fois pour toutes…50 euros [2]. Une goutte qui aura vite fait d’être évaporée puisqu’un ménage français dilapide cette somme en moyenne en 1 mois au bureau-tabac. Mais une fois la goutte évaporée, il n’y aura plus d’océan. Certes les plus riches seront moins riches, mais les plus pauvres ne seront pas moins pauvres.
Le pain, il ne faut pas le distribuer en faisant mine d'afficher sa générosité et sa fibre sociale. Le pain, il faut le produire. Une redistribution aveugle contribue à diaboliser les processus financiers pour tenter de les démonter. Au lieu d’assembler les gouttes improductives pour en faire des fleuves créateurs de richesse, on revient à l’envers : on brise le fleuve, on le décompose en ses gouttes initiales pour les rendre aux petits épargnants…Chacun retrouve sa gouttelette désormais improductive. S’attaquer aux stock-options, c’est encore s’en prendre à ce qui se voit, à la pointe insignifiante de l’iceberg, et ne pas prendre la mesure du travail invisible – mais tellement indispensable – des marchés financiers et de leurs acteurs.
Mais, au-delà des aspects purement financiers, il y a avant tout une question de principe. Les réglementations destinées à encadrer de manière autoritaire les décisions en matière salariale ont déjà contribué à briser le marché du travail au point que les plus qualifiés vont chercher les salaires qu'ils escomptent ailleurs. Malgré plus de 20 ans de chômage structurel massif, on continue à former des gens dont les qualifications ne correspondent plus aux besoins des entreprises tandis que les entreprises ont des difficultés à trouver du personnel qualifié. Les situations de pénurie ou d'excédent ne pouvant être corrigées que par l'ajustement des prix, en l'occurrence ici du niveau des salaires, toute rigidité contrariant cet ajustement perpétue le déséquilibre initial. On prend le risque d’accentuer cette ingérence en voulant légiférer sur le salaire des managers alors que seuls les actionnaires sont en mesure de décider de récompenser ou non les managers de l'entreprise.
Et croyez-bien que je ne cherche pas à défendre les riches patrons. Ils n’ont pas besoin de moi, ne soupçonnent pas même mon insignifiante existence et je ne suis pas de leur monde (je ne touche aucunes stock-options !). De toute façon, ils auront leur armada de conseillers financiers et d’avocats d’affaires, et sauront délocaliser leur patrimoine sous des cieux plus accueillants. Et c’est bien là le problème. Je veux prendre la défense ici du français d’en bas. Car la fuite des capitaux, qui accompagnera nécessairement (et accompagne déjà) la saignée des managers, des innovateurs et des entreprenants, cette fuite là est désastreuse pour la vitalité économique de notre pays, sans laquelle aucun système social ne peut tenir.
Il y a quelques années, l’Etat de la Floride voulait faire payer les riches en instituant une taxe sur les bateaux de luxe. Les riches en ont-ils soufferts ? Pas le moins du monde, ils ont acheté moins de bateaux, réalisant d’autres placements sous des cieux plus cléments. Les paradis fiscaux n’existent que parce qu’il existe des enfers fiscaux. Par contre, tout l’artisanat qui prospérait autour de la fabrication et l’entretien des yachts est parti en lambeaux, mettant sur le carreau les ouvriers qui vivaient de cette activité.
Jean-Louis Caccomo,
Perpignan, le 15 octobre 2007
http://caccomo. blogspot. com/[1] A ce propos, je ne saurais trop vous recommander la lecture du nouveau livre d’Eric Brunet Eric Brunet, Etre riche, un tabou français, Albin Michel, Paris 2007.
PS : Soutenez l'action de Liberté-Chérie http://www.liberte- cherie.com/ doc/federation/ Tract_greves_ SNCF_18_oct_ 2007_PDF. pdf
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10.05.2007
Quelle victoire !
Le séisme électoral provoqué par le premier tour a été largement dimanche soir : le taux de participation a battu des records historiques et l’écart entre le candidat vainqueur et la candidate vaincue est sans appel. Essai brillamment transformé. Le peuple français a tranché. Et il a tranché nettement !
Les arguties, les attaques violentes, les coups bas, les mises en scène théâtrales et les contorsions indécises n’ont pu changer le cours des choses telles qu’elles se sont présentées clairement au premier tour. On aura pu mesurer dans cette campagne comment la diabolisation fut instrumentalisé e par une gauche en quête de socle idéologique. A défaut d'avoir un programme positif et des propositions claires, les leaders de la gauche ont manipulé une arme qui leur explose aujourd'hui à la figure. Parce que je me suis impliqué à mon niveau local, j'ai eu droit à mon lot d'insultes et d'invectives. Mais la peur intimide seulement les indécis.
Le meeting de Bercy fut un grand moment de rassemblement entre les deux tours. Mais le débat télévisé m’avait laissé un goût amer, notamment après le coup de colère proprement déplacé (et largement simulé) de Ségolène Royal. Alors je me suis rendu à Montpellier, jeudi dernier, pour participer au dernier meeting du candidat Sarkozy. Je voulais vivre ce moment et j’ai pu ressentir dans ma chair ce que j’avais analysé avec mon esprit. Encore une fois, les commentaires du monde médiatique, qui s'auto-félicitaient de la prestation de madame Royal, étaient à côté de la réalité. Ont-ils au moins la capacité à tirer des leçons quand on les voit polémiquer aujourd'hui sur la croisière de Mr Sarkozy ? Mais, certains journalistes ont tendance à confondre l'opinion publique avec le fait de rendre publique leur opinion personnelle.
Nous changeons d'ère. Il était grand temps. C’est Nicolas Sarkozy qui est aujourd’hui porteur de changement et d’espérance. Il est l’homme qui a su rassembler une droite désormais décomplexée redevenue fière d’elle-même. Il est l'homme qui a fait exploser la gauche. Il est celui qui a suscité, pour la première fois depuis des décennies, un vote d’adhésion franche et non un vote de contestation.
C’est une étape historique cruciale de nature à créer les conditions du déblocage politique tant attendu pour notre pays. Le nouveau président de la république a désormais dans les mains les clés de la réforme. Cette superbe victoire lui lie en quelque sorte les mains : il ne peut pas ne pas mettre en œuvre le changement annoncé. Mais cette victoire lie aussi les mains à ceux qui chercheraient à l’empêcher de gouverner par les moyens illégitimes dont la France a trop longtemps souffert. Aucun troisième tour social ne saurait être légitime. Chacun doit maintenant prendre ses responsabilité s. La démocratie n’est pas malade et elle a parfaitement bien fonctionné n'en déplaisent à ceux qui considèrent qu'il n'est pas démocratique de ne pas voter selon leurs désirs. Il appartient aux gens responsables de laisser fonctionner pleinement nos institutions.
Les libéraux qui ne se sont pas égarés dans un centre appelé désormais à participer à la rénovation d’une gauche moderne (que j'appelle de mes voeux, notamment derrière Dominique Strauss-Kahn qui est un des rares leaders socialistes à faire le constat qui s'impose désormais à la gauche), doivent se donner les moyens de jouer leur partition dans ce mouvement de réforme, en trouvant notamment leur place naturelle au sein de la nouvelle majorité présidentielle.
Jean-Louis Caccomo,
Perpignan, le 9 mai 2007
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17.04.2007
Génération 68
Je vais avoir 44 ans cette année et je suis excédé par cette génération 68 que je dois supporter depuis que je suis adolescent. Pour reprendre le slogan de Me Parisot, j'ai besoin d'air et il est urgent de changer d'ère. Je sais bien que, dans cette génération choyée, tout le monde n’aura pas profité de la même manière et que le plus grand nombre ne partageait pas les délires de l’avant-garde éclairée de la révolution prolétarienne en marche sur les pavés parisiens. Mais il y a eu aussi une complaisance et un abandon qui ont permis aux plus zélés de prendre et d’occuper le pouvoir de manière quasiment structurelle.
Ces zélés du grand soir n’ont plus conscience qu’ils représentent une génération arrogante et intolérante tellement ils sont sûrs de détenir la vérité en toute chose, la bonté en toute décision, la morale en tout jugement. Adolescent, j’étais fasciné et je me taisais devant leurs élucubrations marxistes aux allures savantes. A 25 ans, j’étais endoctriné à mon insu mais leurs chants sonnaient déjà faux. A trente ans, cela commençait à me laisser indifférent. Mais aujourd’hui, cela devient fatiguant de supporter leurs tollés à géométrie variable, leur bonne conscience à deux vitesses ou la litanie de bons sentiments et compassions odieusement orientée.
Cette génération fut bénie des dieux. Elle a mangé la soupe des trente glorieuses dans laquelle elle n’a eu de cesse de cracher au nom d’une critique hystérique du capitalisme révélatrice de leur ignorance fabuleuse des principes économiques. Elle a connu la révolution sexuelle sans le sida et les préservatifs. Elle a rejeté ses parents qui avaient connu les privations, la guerre et la souffrance. Elle a laissé pousser ses enfants sans cadre sous prétexte de ne rien interdire et d’expérimenter des méthodes pédagogiques progressistes. Elle a profité de tous les acquis sociaux et elle part aujourd’hui à la retraite (avec anticipation) avec le pactole et une espérance de vie en augmentation de sorte que la durée de vie à la retraite sera bientôt aussi longue que la vie active. Qui paiera ? Ses enfants et ses petits-enfants pardi, lesquels vont hériter de dettes et d’impôts nouveaux !
Et cette génération gâtée, non contente d’avoir profité de cette miraculeuse conjonction d’avantages, non contente d’être née au bon endroit au meilleur moment, terrorise toujours les âmes, impose ses valeurs et ses références intellectuelles, en faisant régner une police de la pensée inflexible qui ne tolère aucune contradiction. Car ceux qui ont le malheur de ne pas de se conformer à son format sont immédiatement traités de fascistes ou réactionnaires. Avec eux, il n’y a pas de demi-mesure !
Et pourtant, la génération 68 devrait faire preuve de plus de modestie. D’abord, elle s’est plantée sur toute la ligne dans sa lecture de l’histoire et dans sa vision de son avenir. Elle nous présidait l’avènement de l’internationale socialiste sur fond de faillite du modèle libéral. Ensuite, elle vit mieux que ses parents alors que ses enfants vivront moins bien. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une génération a été incapable de transmettre le flambeau de la prospérité. Et c’est sans doute parce qu’elle a été incapable de transmettre les facteurs de cette prospérité que sont le capital humain (c’est-à-dire principalement la confiance, la morale, la compétence et la connaissance du monde, de l’économie et de l’homme) et l’épargne. L’éducation nationale, qu’elle a proprement phagocytée, n’assure plus son rôle de transmission des connaissances. Elle a toujours condamné cette école « bourgeoise ». Pour elle, l’école doit « fabriquer des citoyens solidaires », entendez par là des moutons incapables de penser par eux-mêmes et de se débrouiller sans l’Etat-berger.
Quant à l’épargne, elle suffit à peine aujourd’hui à supporter la charge de la dette publique. Dans ce contexte, que reste t-il pour l’investissement productif, pour le financement plus risqué de la recherche et de l’innovation sans lesquels aucune croissance ne saurait être durable ?
Quelle dignité peuvent donc avoir des parents qui laissent des factures à leurs enfants alors qu’ils ont eux-mêmes hérités d’un véritable trésor ? Car ils sont nés dans un pays riche et ils laisseront un pays en voie de sous-développement. Mais ils n’auront jamais le courage de l’admettre et ils sauront toujours trouver des boucs émissaires : c’est la faute au grand capital et au néolibéralisme dominant (qu’ils nous annonçaient déclinant) ! Diantre, quelle trouvaille pour ces esprits pétris de dialectique rapidement devenus es experts en langue de bois.
Pour votre dignité, taisez-vous enfin, laissez la place à d’autres, prenez votre retraite, profitez encore de vos vieux jours, mais de grâce, cessez de nous donner des leçons !
Jean-Louis Caccomo
Perpignan, le 17 avril 2007
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20.03.2007
Alea Jacta Est, ou le carnaval avant l’implosion
Douze candidats sont désormais engagés dans la campagne officielle. Parmi ces douze candidats, on compte bien 10 candidats antilibéraux, un libéral qui n’ose pas l’être et un candidat ni libéral, ni antilibéral. Autant dire que la mascarade de débat a commencé pour le plus grand bonheur des professionnels de l’audimat et de la politique spectacle. Apprêtons-nous à subir un débat « démocratique » digne des démocraties populaires : on a le droit – et même le devoir – de débattre à condition de rester dans les cadres convenus et imposés de la pensée bobo.
De son côté, le CSA veillera scrupuleusement à l’égalité des temps de parole. Mais donner le même temps de parole à des candidats qui déclinent le même refrain, cela revient à démultiplier des chaînes pour diffuser le même film. Car dans le fond, si le vocabulaire et le style peuvent varier d’un candidat à l’autre, le discours et l’analyse sont figés dans les mêmes poncifs depuis trente ans. Quand Ségolène Royal se réfère à Tony Blair, François Bayrou prend Margaret Thatcher pour repoussoir ; quand Besancenot diabolise la finance internationale et condamne les profits, Sarkozy s’en prend à l’euro et veut moraliser la finance. Alors que les hommes et femmes politiques courent après la croissance, comme si elle pouvait se décréter, aucun candidat ne semble avoir compris que l’on ne peut faire de la croissance sans finance et développer des entreprises sans capital. Et les mêmes au pouvoir laisse des finances publiques à la dérive qu’il appartiendra d’une manière ou d’une autre aux ménages d’éponger.
Pourtant, les français n’ont jamais été autant réceptifs à l’éthique libérale et sont saturés des solutions collectivistes et égalisatrices qui ont produit toutes les dérives dont les ménages français sont les premiers à pâtir. Mais ce sont les candidats et les médias qui ne sont pas prêts à tenir et à porter le discours libéral. Ils nous disent : « les français ne sont pas prêts… » ou encore « ils sont très attachés au modèle social »… Probablement attachés par des liens devenus proprement insupportables : des prélèvements qui ne se disent plus pour être encore plus indolores mais toujours plus réels, des dépenses publiques que l’on ne maîtrise plus et dont la dérive fait encourir un risque systémique sur l’ensemble de l’économie française.
Ce ne sont pas les français mais c’est le milieu politique qui ne veut pas du libéralisme : il a tout à perdre car les libéraux prônent une société qui rend la fonction politique subsidiaire sinon subalterne, à partir du moment où chacun parvient à s’assumer dans la dignité et dans la liberté, c’est-à-dire par le fruit de son travail, et non sur le dos d’autrui.
Alors le système politique français se verrouille de l’intérieur, brisant les énergies de ceux qui seraient susceptibles de le faire évoluer et les antilibéraux paradent devant les caméras, nous infligeant leur refrain de victimes et d’exclus. Plus le message est gros (voire grossier), plus il sera répété. Ajouter un décodeur TNT dans votre télévision : vous avez dix chaînes de télévision de plus. Avez-vous vraiment dix fibres différentes, dix traitements de l’information différents ? Autrement dit, les paquets de lessive sont nombreux mais la poudre reste la même. Les débats sur les bénéfices des compagnies multinationales, sur les licenciements ou sur le rôle de l'Etat dans les affaires industrielles et technologiques, c'était déjà le refrain de Georges Marchais face à Giscard ; c’était le mythe de la politique industrielle chère à Mitterrand conseillé alors par Attali, qui a beau jeu aujourd’hui de s’inquiéter de la situation financière du pays... Airbus est précisément né de ces mécanos politico-industriel s qui rendent quasiment impossible toute gouvernance rationnelle de l’entreprise. Bull, la seule entreprise française à savoir fabriquer des ordinateurs dans les années 60, a fait les frais de ces montages qui défient toute logique économique [1].
Rien n'a bougé aujourd'hui. Si notre éveil en matière d'éducation sexuelle était resté au même niveau que notre connaissance générale de l'économie, on serait encore en train d'expliquer aux français que pour faire plus de bébés, il faut planter des choux et attirer les cigognes.
Voilà pourquoi internet, les blogs, les moteurs de recherche n’auraient pas pu être inventés en Europe. Non pas en raison d’une suprématie (réelle) technologique des Etats-Unis ; mais parce que les américains ont une méfiance naturelle de l’Etat, du monopole et de la centralisation. Avant d’arriver dans les laboratoires, l’innovation se fait d’abord dans les esprits et les mentalités [2].
Le filtre des signatures est inique et montre encore une fois que la France n’est jamais à l’aise avec la diversité, la concurrence, le pluralisme et la compétition. Pareil à l’EDF qui se prétend la meilleure entreprise au monde mais qui refuse la comparaison, pareille à la sécurité sociale qui se prétend le meilleur système social au monde mais qui refuse la concurrence, nos hommes et femmes politiques se prétendent supérieurs aux autres mais ne tolèrent aucune intrusion nouvelle dans le sérail bien gardé. Pourtant, plus le système se verrouillera de l’intérieur, plus la possibilité de faire émerger une nouvelle génération d’hommes et femmes politiques porteurs d’une vraie alternative deviendra une utopie.
Un pays qui ne se donne pas le moyen de s’auto réformer se condamne à la mise sous tutelle, à la faillite et à l’impasse.
Jean-Louis Caccomo,
Perpignan, le 20 mars 2007
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[1] Voir à ce propos Vallée J. [1998] Les enjeux du millénaire. Capital-risque et innovation, Hachette Editions, Paris.
[2] Tidd J., Bessant J. et Pavitt K. [2006] Management de l’innovation, De Boeck Université, Bruxelles.
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18.03.2007
Réponses ( ? ) d'Edouard Fillias
> Pourquoi soutenir F.Bayrou ? Pour bousculer le monopole des conservateurs et des socialistes et rendre possible l'existence d'une représentation réellement efficace des Français par leurs institutions. Accessoirement, pour permettre l'accès des libéraux au parlement grâce à la proportionnelle !
> Pourquoi n'avoir pas attendu la fin de la collecte officielle des parrainages ? Parceque nous n'avions, plus à date, d'un commun accord avec Pierre Maury, de chance de les obtenir.
> AL fusionne avec l'UDF ? NON. Un soutien n'est pas un BLANC SEING ! nous restons 100 % indépendants de nos financemetns, de nos investitures, de notre temps de parole et de nos positions. Liberté totale pour AL.
> Est-ce une consigne de vote ? Pas du tout : c'est un soutien voté par le comité de direction d'AL, un acte politique du candidat et de l'organisation AL. Individuellement, chaque adhérent peut, en conscience, décider de ses actes ou de son vote, contester la ligne du parti : il ne sera pas exclu pour autant, ce qui serait ridicule. J'ajoute qu'il n'est pas libéral de donner des "consignes de vote". Chaque électeur possède son suffrage.
> AL va t elle soutenir activement F.Bayrou dans sa campagne ? C'est notre intention de l'aider à parvenir effectivement à l'Elysée et donc de nous mobiliser pour sa campagne. Nous allons voir dans les prochains jours les actions exactes de soutiens qu'AL lancera.
> F.Bayrou est-il donc libéral ? Il ne le revendique pas, nous semble t il. Il appartient à une tradition politique plutôt démocrate chrétienne. Il se veut en tout cas l'homme du rassemblement : pourquoi pas des libéraux ? Mais les libéraux peuvent soutenir un candidat qui ne l'est pas, au nom de la convergence de propositions. Pour mémoire, il n'est pas rare que le FDP allemand négocie avec les Grünen, les verts allemands.
> Existe t il des libéraux à l'UDF ? Oui, beaucoup d'adhérents sont franchement libéraux, anciens DL. Sur le terrain des dizaines de contacts ont été naturellement noués entre militant AL et UDF (11ème, Levallois, Clermont aussi, et bcp d'autres). Il y a dans l'UDF, une culture libérale indéniable. Hervé Morin ou Charles de Courson en sont des représentants.
> Bayrou peut-il tenter les réformes du modèle social, si chère à nos yeux ? Les grandes réformes en Europe ont été faites par des gouvernements de centre gauche, plus capable de produire le consensus nécessaire dans l'opinion et d'éviter le "blocage des réformes". En Italie, c'est le centre gauche qui abolit le statut des fonctionnaires. En GB, c'est Tony Blair qui fait les réformes... Aussi une stratégie d'Union nationale, des modérés de bonne volonté, est elle intelligente du point de vue des réformes libérales, qui sont en réalité pour la plupart des réformes de bon sens (retraite, santé...)
> Soutenons nous tout le programme de F.Bayrou ? Notre soutien est motivé essentiellement par ses propositions radicales de refonte des institutions. Nous sommes par ailleurs en sympathie sur la dette, sur l'Europe. Nous n'adhérons pas forcément à toutes ses propositions, mais cela ne doit pas nous empêcher de soutenir pour autant.
> Avons nous négocié un accord aux législatives ? F.Bayrou n'a négocié pour le moment aucun accord d'aucune sorte avec personne. Nous espérons cependant, s'il devait gagner la course à l'Elysée, entrer dans cette nouvelle majorité présidentielle qui se dessinne. Nous avons la jeunesse, les idées et la motivation pour gagner des élections législatives grâce à des candidats de talent (Aurélien Veron, Ferial Furon, Sabine Herold, etc. : ce sont 70 candidats investis par AL à ce jour, 31 an de moyenne d'âge).
> Pourquoi les adhérents n'ont ils pas voté ? Nous n'avons pas organisé de vote des adhérents car : le temps nécessaire a prendre (au moins 2 semaines), était introuvable dans le calendrier de recherche des parrainages (nous n'avons abandonné que cette semaine, courant encore les parrainages la semaine passée). Nous voulions annoncer notre ralliement avant la date de dépôt, afin de maintenir un effet de surprise auprès des médias. Un vote auprès d'un millier d'adhérent n'aurait pas permis un tel effet.
> Qui est le comité de direction d'AL et pourquoi décide t il ? AL est dirigée, depuis sa fondation, par un comité de direction. Il compte à ce jour 21 membres, dont des Vice Présidents : Ludovic Lassauce, Aurélien Veron, David Poryngier, Douce de Franclieu, Didier Salavert, Sabine Herold et un Président : Edouard Fillias. Le noyau dur constitutif d'une douzaine de membres n'a pas évolué depuis l'origine : il s'est étoffé de nouveaux responsables au fur et à mesure. Ce Comité a voté sur tous les choix essentiels, après des débats souvent animés : nom du parti, logo, choix du candidat, etc. Dans une période fondatrice, où la base d'adhérent se forme, il a supplée à l'absence de démocratie interne. C'est un organe fabriqué "sur le tas", pour gérer le parti en équipe.
> Quid de la démocratie internet et de la trop faible voix des candidats et comités non parisiens dans les décisions nationales ? AL proposera des projets de statuts, qui seront votés par tous les adhérents en septembre, et suivis d'un vote en octobre pour élire nos dirigeants. Ces statuts seront démocratiques et prévoiront un fonctionnement normal, ouvert, pour notre mouvement.
Ce sera le moment de la fondation démocratique d'AL, après une petite année de feu électoral.
Nous avons décidé d'organiser ces élections et ce grand débat interne cet été et à la rentrée, car nous sommes pour le moment dans le feu de l'action. Or il nous faudra du temps pour débattre de nos statuts et procéder à l'élection.
In fine, ce seront les adhérents qui auront donc le dernier mot sur l'avenir d'AL et ses grandes orientations politiques.
C'est bien légitime d'exprimer son désaccord : au sein d'un parti, ce sont les élections qui tranchent au bout du compte la validité des choix. Le CODIR actuel, si tout ou partie de ses membres souhaitent se représenter, entend bien placer sa responsabilité sous le signe du jugement des adhérents ! Il n'est donc pas "irresponsable" .
Bien amicalement.
Alain Toullec
Réseau Liberté
alain.c.toullec@ wanadoo.fr
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Résistants ou Rebelles (suite)
Justement Chère Christiane.. . Soyons dans le réel...
Le réel, ce n'est pas quand un parti qui ne pèse rien commence à soutenir un autre candidat sans rien avoir négocié.. C'est une erreur de base qu'il parait absurde d'avoir fait meme pour des débutants... Bayrou a totalement et volontairement ignoré notre soutien... Nous n'aurons rien avec ce soutien... Nous avons juste perdu notre indépendance. .. Nous sommes devenus le parti qui soutien pour... bah pour passer dans quelques médias avant d'etre ignoré pendant des mois, et qui perd du coup de nombreux adhérents...
Mais après tout, peut être sagissait-il juste d'une stratégie pour faire une purge, entre ceux qui soutiendraient les décisions de Paris meme si elles sont absurdes, et ceux qui croient dans le respect de la base...
Selon Edouard Fillias, je cite: "AL n'a pas de base. Il y a des gens qui suivent la direction."
Librement,
Pierre Toullec
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08:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Caccomo, Alternative, Libérale, Fillias, Lamirand, Alain Toullec, Gachet




