25.08.2009

Les banquiers à l'Elysée

Trop de bonus pour les traders, pas assez de crédits pour les entreprises et les ménages.

Convoquées aujourd’hui à l’Elysée pour la septième fois en moins d’un an, les banques s’attendent à se faire taper sur les doigts.

« Personne ne passera entre les mailles du filet », insistait Nicolas Sarkozy, évoquant le sujet ce week-end lors d’une conversation téléphonique avec son conseiller économique, Xavier Musca, énervé depuis la révélation au début du mois de la provision par BNP Paribas d’un milliard d’euros pour les bonus de ses traders et opérateurs de marché.

Depuis, les banques sont en ligne de mire. « Il faut être catégorique, a affirmé Frédéric Lefèvre, le porte-parole de l’UMP, lors de son point presse de rentrée. S’il y a des banques qui ne jouent pas le jeu des mesures arrêtées au niveau international, il ne faut pas hésiter à ce que les autorités publiques ne travaillent pas avec elles. »

Du côté des avancées concrètes, la marge de manoeuvre reste pourtant limitée. Les représentants des banques françaises étaient reçus à Bercy pour une « réunion préparatoire » de trois heures, au cours de laquelle la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a demandé aux banques de faire des propositions pour aller « plus loin ».

Depuis février dernier, la France est en effet le seul pays à avoir un code contraignant en matière de rémunérations variables, une réglementation encore insuffisante pour certains qui voudraient obtenir un plafonnement pur et simple des bonus.

Cette mesure est impensable pour les banques, qui crient à la distorsion de concurrence avec les établissements étrangers. La négociation devrait donc porter sur une précision du code existant, avec un contrôle renforcé dans l’attribution des rémunérations variables, au sein et à l’extérieur des banques.

Deuxième point d’achoppement : en 2008, les banques s’étaient engagées, en échange du soutien public, à faire progresser de 3 % à 4 % en 2009 le crédit accordé aux ménages et aux entreprises. Une promesse loin d’être tenue puisque, selon la Banque de France, l’encours de crédit est en baisse de 0,4 % sur le premier trimestre de cette année.

24.08.2009

Le libéralisme n’est pas coupable !!!!!

Source: http://lupus1.wordpress.com/2009/08/09/un-nouveau-paradig...

 

Suivant le dogme des Néomarxistes keynésiens : Le libéralisme serait pleinement responsable du désordre économique régnant, et il faudrait y remédier par davantage de réglementation…..

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

En ces temps de crise, le libéralisme est accusé de tous les maux. En particulier, il lui est reproché de ne pas avoir posé de limites à «la recherche effrénée du profit», à «l’appât du gain», ou encore à la quête «d’argent facile». En somme, le libéralisme serait pleinement responsable du désordre économique régnant, et il faudrait y remédier par davantage de réglementation.

Ces reproches reposent cependant sur une conception erronée des notions dont il est question. Le libéralisme, tout d’abord, n’a jamais été équivalent au nihilisme ou à une promotion du désordre, ni à «laisser chacun faire ce qu’il veut». Le libéralisme n’implique en aucun cas l’absence de règles, mais au contraire un respect accru de principes universels. Le libéralisme est une philosophie du droit qui prône des règles bien précises: le respect du droit de propriété, et par conséquent l’interdiction de toutes les formes d’agression contre une personne ou ses biens, que ce soient les agressions physiques, le vol ou la fraude.

Le profit, ensuite, est souvent présenté comme l’apanage de capitalistes obtenant leurs revenus sans travailler ou en accaparant les richesses de façon illégitime. Mais ce point de vue part d’une mauvaise compréhension du profit. Le profit est avant tout une notion psychologique – si une personne troque un certain bien contre un autre, les deux personnes réalisent un profit, puisqu’elles sont plus satisfaites qu’auparavant, alors que la quantité de biens physiques n’a pas changé. En réalité, le profit doit être compris comme la différence entre le coût d’opportunité, soit tout ce à quoi une personne renonce pour obtenir quelque chose, et la valeur subjective que ce quelque chose lui apporte.

Cette même volonté de diaboliser le profit se retrouve dans la glorification des «services publics», censés ne pas avoir le profit comme objectif et supposés dès lors mieux se concentrer sur d’autres buts, comme la qualité ou la densité du service. Cependant, cette opposition est fallacieuse, car elle repose sur une mauvaise compréhension de la notion de coût. En réalité, les coûts dépendent bien plus de la gestion humaine qu’il n’est généralement perçu, et ne se résument pas à des «prix objectifs» payés pour des matières premières par exemple. Ainsi, une entreprise publique peut très bien avoir des «coûts» importants, simplement parce qu’elle est mal gérée, et donc ne pas générer de profit. Même si des salaires excessifs, des bureaux somptueux, ou des privilèges particuliers peuvent être vus comme autant de «profits» pour ses dirigeants et ses employés.

Tout un chacun recherche donc toujours le profit, quel que soit le système économique dans lequel il se trouve. Dans une économie vraiment libérale, dans une économie de marché libre, la recherche du profit se fait en répondant au mieux aux besoins des autres et donc en accroissant leur niveau de vie: c’est ce qu’exprime la fameuse main invisible d’Adam Smith. Dans un système étatisé, en revanche, cette même recherche du profit passe par la corruption, la quête de privilèges et de faveurs, l’élimination légale de la concurrence, et mène au contraire à l’appauvrissement.

Ce n’est pas la recherche de profit en tant que telle qui cause des problèmes, mais des comportements irresponsables et frauduleux. La différence pertinente n’est donc pas entre les activités à but lucratif et les activités «désintéressées», ni entre «l’argent facile» et l’argent durement gagné, mais entre les activités qui respectent le droit de propriété et celles qui ne le respectent pas.

Quel que soit le système économique ou politique, il y aura toujours des personnes qui agissent de façon nuisible – un bon système ne consiste pas à partir du principe que ces comportements vont disparaître comme par magie, il consiste à mettre en place un cadre institutionnel qui va les décourager. Ainsi, dans un système véritablement libéral, des entreprises qui polluent ou qui mentent sur les dangers de leurs produits seraient condamnables – et pas seulement les entreprises en tant qu’entités juridiques, mais les dirigeants individuels qui ont pris des décisions les amenant à de la fraude ou à une atteinte délibérée à la santé d’autrui. Dans une économie étatisée, au contraire, ces entreprises et leurs dirigeants sont souvent protégés, surtout lorsque des «intérêts nationaux» sont en jeu. Au jeu politique, c’est bien la «loi du plus fort» qui règne: les grandes entreprises sont les plus à même d’obtenir des faveurs et des protections de l’Etat. Tout cela nous amène à la question: vivons-nous actuellement sous un bon système? En réalité, nous vivons dans des économies mixtes, bien souvent plus proches d’un capitalisme d’Etat que d’un véritable capitalisme libéral. Ceux qui se sont enrichis peuvent par conséquent y être parvenus soit par des moyens libéraux, c’est-à-dire en répondant au mieux aux besoins des consommateurs, soit par des moyens non libéraux, c’est-à-dire en profitant de privilèges, de monopoles, de subventions ou encore de protections légales de l’Etat. Cette confusion facilite d’autant plus l’amalgame entre profit et irresponsabilité. L’«appât du gain», le «capitalisme» ou la «recherche effrénée du profit» servent alors de boucs émissaires bien commodes pour détourner l’attention des vrais problèmes – un système économique et politique étatisé et inefficace.

Face aux échecs des économies mixtes, plus de cohérence apparaît inévitablement comme la solution. C’est ce que l’on a pu observer dans le cas du plan de sauvetage d’UBS, par exemple: seule la gauche s’y est opposée, critiquant – dans une certaine mesure à juste titre – un système de «socialisation des pertes et privatisation des profits». Mais la solution est-elle du côté de plus de cohérence socialiste ou de plus de cohérence libérale? Les comparaisons internationales sont claires à ce sujet: ce sont les pays où le poids de l’Etat est le plus faible et les droits de propriété les mieux protégés qui s’en sortent le mieux. La solution se trouve du côté de davantage de liberté – qui va de pair avec responsabilité – et non du côté de davantage de réglementations.

Par Jan Krepelka, collaborateur scientifique de l’Institut Constantin de Rebecque

21.08.2009

La croissance en France



Croissance : quand la réalité contredit les prévisions

Entre les prévisions de la croissance annoncées par le gouvernement et la croissance annuelle calculée par l'Insee, l'écart est important.

12.08.2009

François Ewald : "la défaite de l'idéologie de la finance"

François Ewald professeur au CNAM

Cette crise révèle-t-elle une rupture avec le monde "d'avant" ?

Cette crise n'est pas une crise du système capitaliste, mais une crise du pouvoir au sein de ce système, comme le capitalisme en a d'ailleurs connu d'autres. Le monde financier a progressivement pris le pouvoir à partir des années 80 à la faveur de la globalisation. Il a su imposer un discours, dont beaucoup d'économistes se sont faits les porte-parole, repris pratiquement par l'ensemble des acteurs économiques sur les vertus du marché, de l'autorégulation, du "corporate gouvernance". Pourtant, beaucoup se posaient des questions sur la pérennité de ce modèle de croissance et sur les dérives du capitalisme financier, marqué par une temporalité extrêmement courte et un besoin obsessionnel de faire fortune rapidement. Ces alertes furent déniées. Cette crise est avant tout une crise de la gouvernance et elle marque la défaite d'une idéologie. La finance ne peut plus prétendre gouverner le monde, idéologiquement au moins.

L'échec d'une idéologie signifie-t-il une perte de pouvoir ?

Certainement. Les financiers le savent bien, qui avaient pris les moyens d'installer leur pouvoir dans sa dimension idéologique aussi. Il n'y a plus, pour un temps, de "discours du capitalisme". Mais si la finance a perdu le pouvoir, elle n'a pas perdu pour autant son pouvoir économique. Elle demeure un rouage essentiel de l'économie et les politiques le savent bien. De ce point de vue, nous vivons un nouvel avatar de la vieille rivalité entre le financier et le politique, l'un essayant de dominer l'autre alors qu'aucun des deux ne peut vivre sans l'autre. Le pouvoir politique sauve le monde financier, sans lequel on n'imagine pas de vivre, pour cela il s'endette à des niveaux inégalés, ce qui ne manque pas de renforcer le pouvoir financier. "Je te tiens, tu me tiens par la barbichette..."

Finalement, vous ne décelez aucune remise en cause radicale du capitalisme à l'aune de cette crise...

Il est peut-être temps de sortir Marx de nos têtes, et cesser de penser que le capitalisme est condamné à aller à sa destruction. Ce n'est pas parce que le capitalisme ne fonctionne pas comme le dit la théorie qu'il ne marche pas, cahin-caha, dans la réalité. Un des phénomènes les plus singuliers et les plus importants de cette crise, que l'on nous dit comparable à celle de 1929, est que les critiques habituels du capitalisme sont restés aux abonnés absents. Il est vrai qu'on ne voit pas comment le socialisme de "troisième voie" pourrait faire sérieusement la critique de ce dont il s'est fait l'agent politique. Quant aux néo-marxistes, l'histoire les a remerciés en 1989. Ce n'est pas le moins inquiétant : les contestataires sociaux les plus radicaux ont en effet considéré que cette crise financière était un "non-événement", une péripétie par rapport aux vrais sujets : le changement climatique, l'existence de l'homme sur terre. La dimension sociale de la crise, terrible pour ceux qui la subissent, n'a pas de traduction politique. Cela ne veut pas dire que la crise n'est pas aussi sociale, mais que les mouvements sont désespérés. Ils peuvent devenir violents, emprunter les voies minoritaires du terrorisme qui fait si peur au nom de la mystérieuse "insurrection qui vient".

Cette crise aura-t-elle néanmoins des conséquences politiques ?

J'ai parlé du pouvoir intellectuel, qui est à prendre. Ce n'est pas rien. Cette crise a déjà ses traductions politiques, mais, sur ce terrain, l'essentiel est à venir. Il y a eu en novembre dernier l'élection d'un Noir à la présidence des États-Unis. Un événement considérable. Il y a l'agonie des socialismes. Il y a la victoire des écologistes aux dernières élections européennes, qu'il ne faut pas sous-estimer. L'écologie est en train de prendre le pouvoir intellectuel et politique. La crise renforce les protectionnismes, les relocalisations, la déglobalisation, le néo-rousseauisme si cher aux Français. Depuis trente ans au moins, thèmes et batailles écologistes transforment profondément la démocratie. La crise leur offre une nouvelle chance.

Vous imaginez d'autres conséquences ?

Crise de la globalisation, elle aura des conséquences géopolitiques. On le voit déjà dans la naissance du G2O, qui conteste le G8. La question religieuse, dans un monde en quête de sens, n'a pas fini d'agiter les esprits. Qui ne s'est pas encore converti à la finance islamique ? Cette merveilleuse alchimie qui réconcilie finance et religion. Mais l'essentiel est peut-être ailleurs. La seconde moitié du XXe siècle a été celle de la décolonisation et du "développement", manière pour les anciens colonisateurs de se poser comme modèles pour les anciens colonisés. Le XXIe siècle pourrait bien être celui de leur revanche. La question est alors de savoir dans quelle mesure cette crise va encourager cette tendance lourde où, pour parler comme Hegel, les "maîtres" d'hier risquent de devenir les "esclaves" de demain. Cela concerne tout particulièrement les Européens, dont ce devrait être le grand sujet...

 

Bio express: philosophe de formation, docteur ès Lettres, ancien assistant de Michel Foucault, François Ewald est professeur au Conservatoire national des arts et métiers et directeur de l'École nationale d'assurances. Ses travaux portent plus particulièrement sur les politiques du risque: l'avenir de la "société assurancielle" d'un côté, et de l'autre, les logiques de précaution. Il achève un essai sur ce sujet (Grasset).

05.08.2009

Crise : les libéraux plaident non-coupable

Face à la crise financière et à la récession, l’Etat fait son grand retour dans l’économie. Et y compris dans les pays les plus libéraux, Etats-Unis ou Royaume-Uni. La prise de contrôle du constructeur automobile General Motors vient après celle de plusieurs banques ; des plans de relance massifs, creusant les déficits budgétaires, sont engagés. Depuis le sommet du G20 de Londres, le 2 avril, les Etats tentent de réguler les zones d’ombre de la finance, des paradis fiscaux aux fonds spéculatifs.

Les thèses keynésiennes reviennent en grâce, pendant que les idées libérales, qui avaient triomphé depuis Margaret Thatcher et Ronald Reagan, sont remises en cause. Interrogé devant une commission du Congrès des Etats-Unis en octobre 2008, l’ex-président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Alan Greenspan a fait son mea culpa, admettant avoir « fait une erreur en croyant que le sens de leur propre intérêt, notamment [celui] des banquiers, était la meilleure protection ».

Comment les penseurs libéraux vivent-ils cette remise en question ? Certains disent s’opposer en réalité à la toute-puissance du marché, comme Nicolas Baverez, avocat, historien, économiste (chroniqueur au « Monde Economie »), et partisan d’un « libéralisme politique à la française » reposant sur l’idée que « tout pouvoir, politique ou économique, a vocation à être limité et contrôlé ». Il plaide pour une « rég ulation intelligente » et la recherche d’ « une forme de mondialisation politique pour équilibrer la mondialisation économique et financière ». Parce qu’il englobe aujourd’hui des puissances impériales comme la Chine ou la Russie, « le capit alisme est devenu universel, mais non pas les valeurs de la démoc ratie », dit-il.
Mais d’autres penseurs dénoncent un faux procès fait à leur conception du libéralisme.

« C’est extraordinaire que l’on puisse dire que la crise actuelle marque la faillite du libéralisme, alors que sa cause majeure est la politique d’argent facile menée par les banques centrales américaine, anglaise, japonaise ou européenne, même si cette dernière a été moins déstabilisante », dit Pascal Salin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine. Marc de Scitivaux, économiste libéral et président de la société de conseil Socofi, dédouane cependant la politique – souvent critiquée a posteriori – de M. Greenspan, en expliquant la baisse des taux de marché par la surabondance d’épargne des pays émergents.

Selon les monétaristes de l’Ecole de Chicago, partisans de son fondateur, Milton Friedman (1912-2006), les taux directeurs des banques centrales doivent être fixés automatiquement pour éviter une création monétaire excessive, qui perturbe le niveau général des prix : « John Taylor, d’obédience «friedmanienne», a inventé une règle selon laquelle les taux sont déterminés en fonction de l’inflation et de l’écart entre production réelle et production potentielle. Si cette règle avait été appliquée, on n’aurait pas eu des taux réels négatifs et la crise qui s’en est suivie », note ainsi Florin Aftalion, professeur émérite à l’Essec.

De son côté, l’Ecole autrichienne des économistes Ludwig von Mises (1881-1973) et Friedrich Hayek (1899-1992) critique les effets de taux d’intérêt trop bas sur « la distorsion de l’appareil productif », certains secteurs se développant exagérément. « C’est ce qui s’est produit dans la crise actuelle qui est sectorielle et touche par exemple l’automobile, l’immobilier ou la banque, où le crédit a été trop important et trop facile », dit M. Salin.

Friedmaniens ou hayekiens dénoncent aussi la politique de prêts immobiliers aux ménages américains modestes. « On a créé les conditions pour que les banques fassent toutes ces bêtises », résume Nicolas Lecaussin, directeur du développement de l’Institut de recherches économiques et fiscales (IREF) ; elles ont été « forcées à prêter par une politique où des organismes parapublics [Freddie Mac et Fannie Mae] les ont couvertes ».

SYSTÈME PERVERS

« Les conséquences de cet excès d’endettement ont été amplifiées par une série de malheurs », ajoute M. de Scitivaux, qui cite la modification des règles comptables, les nouvelles règles prudentielles bancaires (Bâle 1 et 2) ou « la croyance exagérée dans les agences de notation », quand celles-ci « fonctionnent principalement à partir de statistiques passées ». Les économistes libéraux reconnaissent enfin que les opérateurs des marchés financiers ont, en voulant gagner de l’argent, inventé des produits qui se sont révélés toxiques.

Mais, au terme de cette analyse, ils ne s’en remettent pas pour autant à l’Etat. En effet, dit M. Salin, « La gravité de la situation actuelle en France, c’est que nous sommes dans un système très pervers où des millions de réglementations existent. Si on pouvait les mettre bout à bout, on s’apercevrait que nous vivons dans un monde presque totalitaire. C’est presque pire qu’un système communiste où, tout au moins, quand on abat le centre, tout s’effondre. » « La meilleure réglementation c’est le marché, ajoute M. Lecaussin. La Securities and Exchange Commission [l'autorité américaine des marchés financiers] a 17 000 fonctionnaires, mais c’est le marché qui a révélé la crise des subprimes, comme il a révélé l’affaire Enron. »

Comment, alors, réagir en libéral ? « La vraie raison des comportements risqués provient du fait que les managers qui dirigeaient les institutions financières n’en étaient pas propriétaires », affirme M. de Scitivaux.
« Si la rémunération du dirigeant est liée à l’augmentation de la rentabilité des fonds propres, il a intérêt à prendre un maximum de risques », explique M. de Scitivaux. Selon lui, les institutions financières « devraient avoir un statut juridique de partnership ou de commandites, afin que les dirigeants soient responsables sur leurs biens propres ».

Pour beaucoup, on ne doit pas faire appel à l’Etat pour relancer l’économie. « Friedman reste sur son piédestal : ses travaux continuent à être implicitement acceptés par le monde économique et politique. Il a montré que le déficit budgétaire a un effet négatif sur la sortie de crise », explique M. Aftalion. « La relance globale keynésienne va en réalité accentuer les déséquilibres », dit M. Salin. « Ainsi, certains constructeurs automobiles vont persister dans l’erreur. La meilleure solution est de ne rien faire et de laisser les restructurations se faire, même pour les ba nques », juge-t-il.

Mais, pour M. Baverez, « laisser les banques faire faillite revient à choisir le scénario de liquidation des années 1930, avec des coûts économiques, sociaux et politiques exorbi tants ». Nous sommes selon lui « typiquement dans une situation keynésienne », l’Etat pouvant seul agir « face à la tétanie des ménages et des entreprises ». M. de Scitivaux se dit, lui, « hayekien dans 95 % des cas et keynesien dans 5 % », lors de crises majeures. « Ke ynes est un libéral. Il n’est pas partisan de l’économie administrée ou plani fiée », justifie M. Baverez.

Enfin, les convictions de nombreux libéraux n’ont pas varié sur l’impôt ou la protection sociale : « Face à la crise, il faudrait plus que jamais privatiser le système de santé, d’assurance-chômage ou de retraite. Les individus seraient incités à épargner davantage. Or un des problèmes de cette crise, c’est le manque d’épargne volon taire », juge M. Salin, pour qui le système serait « plus sain » s’il avait moins besoin de création monétaire et de crédit. « Les accident s de la vie peuvent être couverts dans une large mesure par l’assurance et dans certains cas par la générosité privée qui est moralement noble et volontaire, ou publique qui est démagog ique et n’a aucune valeur morale », ajoute-t-il.

Face à la crise, les penseurs libéraux trouvent donc que le monde n’est pas assez libéral. Mais ils ne donnent pas toujours le même sens à ce mot.

Source: http://macedonianeconomist.wordpress.com/2009/08/04/crise...

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