20.03.2007
Alea Jacta Est, ou le carnaval avant l’implosion
Douze candidats sont désormais engagés dans la campagne officielle. Parmi ces douze candidats, on compte bien 10 candidats antilibéraux, un libéral qui n’ose pas l’être et un candidat ni libéral, ni antilibéral. Autant dire que la mascarade de débat a commencé pour le plus grand bonheur des professionnels de l’audimat et de la politique spectacle. Apprêtons-nous à subir un débat « démocratique » digne des démocraties populaires : on a le droit – et même le devoir – de débattre à condition de rester dans les cadres convenus et imposés de la pensée bobo.
De son côté, le CSA veillera scrupuleusement à l’égalité des temps de parole. Mais donner le même temps de parole à des candidats qui déclinent le même refrain, cela revient à démultiplier des chaînes pour diffuser le même film. Car dans le fond, si le vocabulaire et le style peuvent varier d’un candidat à l’autre, le discours et l’analyse sont figés dans les mêmes poncifs depuis trente ans. Quand Ségolène Royal se réfère à Tony Blair, François Bayrou prend Margaret Thatcher pour repoussoir ; quand Besancenot diabolise la finance internationale et condamne les profits, Sarkozy s’en prend à l’euro et veut moraliser la finance. Alors que les hommes et femmes politiques courent après la croissance, comme si elle pouvait se décréter, aucun candidat ne semble avoir compris que l’on ne peut faire de la croissance sans finance et développer des entreprises sans capital. Et les mêmes au pouvoir laisse des finances publiques à la dérive qu’il appartiendra d’une manière ou d’une autre aux ménages d’éponger.
Pourtant, les français n’ont jamais été autant réceptifs à l’éthique libérale et sont saturés des solutions collectivistes et égalisatrices qui ont produit toutes les dérives dont les ménages français sont les premiers à pâtir. Mais ce sont les candidats et les médias qui ne sont pas prêts à tenir et à porter le discours libéral. Ils nous disent : « les français ne sont pas prêts… » ou encore « ils sont très attachés au modèle social »… Probablement attachés par des liens devenus proprement insupportables : des prélèvements qui ne se disent plus pour être encore plus indolores mais toujours plus réels, des dépenses publiques que l’on ne maîtrise plus et dont la dérive fait encourir un risque systémique sur l’ensemble de l’économie française.
Ce ne sont pas les français mais c’est le milieu politique qui ne veut pas du libéralisme : il a tout à perdre car les libéraux prônent une société qui rend la fonction politique subsidiaire sinon subalterne, à partir du moment où chacun parvient à s’assumer dans la dignité et dans la liberté, c’est-à-dire par le fruit de son travail, et non sur le dos d’autrui.
Alors le système politique français se verrouille de l’intérieur, brisant les énergies de ceux qui seraient susceptibles de le faire évoluer et les antilibéraux paradent devant les caméras, nous infligeant leur refrain de victimes et d’exclus. Plus le message est gros (voire grossier), plus il sera répété. Ajouter un décodeur TNT dans votre télévision : vous avez dix chaînes de télévision de plus. Avez-vous vraiment dix fibres différentes, dix traitements de l’information différents ? Autrement dit, les paquets de lessive sont nombreux mais la poudre reste la même. Les débats sur les bénéfices des compagnies multinationales, sur les licenciements ou sur le rôle de l'Etat dans les affaires industrielles et technologiques, c'était déjà le refrain de Georges Marchais face à Giscard ; c’était le mythe de la politique industrielle chère à Mitterrand conseillé alors par Attali, qui a beau jeu aujourd’hui de s’inquiéter de la situation financière du pays... Airbus est précisément né de ces mécanos politico-industriel s qui rendent quasiment impossible toute gouvernance rationnelle de l’entreprise. Bull, la seule entreprise française à savoir fabriquer des ordinateurs dans les années 60, a fait les frais de ces montages qui défient toute logique économique [1].
Rien n'a bougé aujourd'hui. Si notre éveil en matière d'éducation sexuelle était resté au même niveau que notre connaissance générale de l'économie, on serait encore en train d'expliquer aux français que pour faire plus de bébés, il faut planter des choux et attirer les cigognes.
Voilà pourquoi internet, les blogs, les moteurs de recherche n’auraient pas pu être inventés en Europe. Non pas en raison d’une suprématie (réelle) technologique des Etats-Unis ; mais parce que les américains ont une méfiance naturelle de l’Etat, du monopole et de la centralisation. Avant d’arriver dans les laboratoires, l’innovation se fait d’abord dans les esprits et les mentalités [2].
Le filtre des signatures est inique et montre encore une fois que la France n’est jamais à l’aise avec la diversité, la concurrence, le pluralisme et la compétition. Pareil à l’EDF qui se prétend la meilleure entreprise au monde mais qui refuse la comparaison, pareille à la sécurité sociale qui se prétend le meilleur système social au monde mais qui refuse la concurrence, nos hommes et femmes politiques se prétendent supérieurs aux autres mais ne tolèrent aucune intrusion nouvelle dans le sérail bien gardé. Pourtant, plus le système se verrouillera de l’intérieur, plus la possibilité de faire émerger une nouvelle génération d’hommes et femmes politiques porteurs d’une vraie alternative deviendra une utopie.
Un pays qui ne se donne pas le moyen de s’auto réformer se condamne à la mise sous tutelle, à la faillite et à l’impasse.
Jean-Louis Caccomo,
Perpignan, le 20 mars 2007
http://caccomo. blogspot. com/
[1] Voir à ce propos Vallée J. [1998] Les enjeux du millénaire. Capital-risque et innovation, Hachette Editions, Paris.
[2] Tidd J., Bessant J. et Pavitt K. [2006] Management de l’innovation, De Boeck Université, Bruxelles.
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18.03.2007
Réponses ( ? ) d'Edouard Fillias
> Pourquoi soutenir F.Bayrou ? Pour bousculer le monopole des conservateurs et des socialistes et rendre possible l'existence d'une représentation réellement efficace des Français par leurs institutions. Accessoirement, pour permettre l'accès des libéraux au parlement grâce à la proportionnelle !
> Pourquoi n'avoir pas attendu la fin de la collecte officielle des parrainages ? Parceque nous n'avions, plus à date, d'un commun accord avec Pierre Maury, de chance de les obtenir.
> AL fusionne avec l'UDF ? NON. Un soutien n'est pas un BLANC SEING ! nous restons 100 % indépendants de nos financemetns, de nos investitures, de notre temps de parole et de nos positions. Liberté totale pour AL.
> Est-ce une consigne de vote ? Pas du tout : c'est un soutien voté par le comité de direction d'AL, un acte politique du candidat et de l'organisation AL. Individuellement, chaque adhérent peut, en conscience, décider de ses actes ou de son vote, contester la ligne du parti : il ne sera pas exclu pour autant, ce qui serait ridicule. J'ajoute qu'il n'est pas libéral de donner des "consignes de vote". Chaque électeur possède son suffrage.
> AL va t elle soutenir activement F.Bayrou dans sa campagne ? C'est notre intention de l'aider à parvenir effectivement à l'Elysée et donc de nous mobiliser pour sa campagne. Nous allons voir dans les prochains jours les actions exactes de soutiens qu'AL lancera.
> F.Bayrou est-il donc libéral ? Il ne le revendique pas, nous semble t il. Il appartient à une tradition politique plutôt démocrate chrétienne. Il se veut en tout cas l'homme du rassemblement : pourquoi pas des libéraux ? Mais les libéraux peuvent soutenir un candidat qui ne l'est pas, au nom de la convergence de propositions. Pour mémoire, il n'est pas rare que le FDP allemand négocie avec les Grünen, les verts allemands.
> Existe t il des libéraux à l'UDF ? Oui, beaucoup d'adhérents sont franchement libéraux, anciens DL. Sur le terrain des dizaines de contacts ont été naturellement noués entre militant AL et UDF (11ème, Levallois, Clermont aussi, et bcp d'autres). Il y a dans l'UDF, une culture libérale indéniable. Hervé Morin ou Charles de Courson en sont des représentants.
> Bayrou peut-il tenter les réformes du modèle social, si chère à nos yeux ? Les grandes réformes en Europe ont été faites par des gouvernements de centre gauche, plus capable de produire le consensus nécessaire dans l'opinion et d'éviter le "blocage des réformes". En Italie, c'est le centre gauche qui abolit le statut des fonctionnaires. En GB, c'est Tony Blair qui fait les réformes... Aussi une stratégie d'Union nationale, des modérés de bonne volonté, est elle intelligente du point de vue des réformes libérales, qui sont en réalité pour la plupart des réformes de bon sens (retraite, santé...)
> Soutenons nous tout le programme de F.Bayrou ? Notre soutien est motivé essentiellement par ses propositions radicales de refonte des institutions. Nous sommes par ailleurs en sympathie sur la dette, sur l'Europe. Nous n'adhérons pas forcément à toutes ses propositions, mais cela ne doit pas nous empêcher de soutenir pour autant.
> Avons nous négocié un accord aux législatives ? F.Bayrou n'a négocié pour le moment aucun accord d'aucune sorte avec personne. Nous espérons cependant, s'il devait gagner la course à l'Elysée, entrer dans cette nouvelle majorité présidentielle qui se dessinne. Nous avons la jeunesse, les idées et la motivation pour gagner des élections législatives grâce à des candidats de talent (Aurélien Veron, Ferial Furon, Sabine Herold, etc. : ce sont 70 candidats investis par AL à ce jour, 31 an de moyenne d'âge).
> Pourquoi les adhérents n'ont ils pas voté ? Nous n'avons pas organisé de vote des adhérents car : le temps nécessaire a prendre (au moins 2 semaines), était introuvable dans le calendrier de recherche des parrainages (nous n'avons abandonné que cette semaine, courant encore les parrainages la semaine passée). Nous voulions annoncer notre ralliement avant la date de dépôt, afin de maintenir un effet de surprise auprès des médias. Un vote auprès d'un millier d'adhérent n'aurait pas permis un tel effet.
> Qui est le comité de direction d'AL et pourquoi décide t il ? AL est dirigée, depuis sa fondation, par un comité de direction. Il compte à ce jour 21 membres, dont des Vice Présidents : Ludovic Lassauce, Aurélien Veron, David Poryngier, Douce de Franclieu, Didier Salavert, Sabine Herold et un Président : Edouard Fillias. Le noyau dur constitutif d'une douzaine de membres n'a pas évolué depuis l'origine : il s'est étoffé de nouveaux responsables au fur et à mesure. Ce Comité a voté sur tous les choix essentiels, après des débats souvent animés : nom du parti, logo, choix du candidat, etc. Dans une période fondatrice, où la base d'adhérent se forme, il a supplée à l'absence de démocratie interne. C'est un organe fabriqué "sur le tas", pour gérer le parti en équipe.
> Quid de la démocratie internet et de la trop faible voix des candidats et comités non parisiens dans les décisions nationales ? AL proposera des projets de statuts, qui seront votés par tous les adhérents en septembre, et suivis d'un vote en octobre pour élire nos dirigeants. Ces statuts seront démocratiques et prévoiront un fonctionnement normal, ouvert, pour notre mouvement.
Ce sera le moment de la fondation démocratique d'AL, après une petite année de feu électoral.
Nous avons décidé d'organiser ces élections et ce grand débat interne cet été et à la rentrée, car nous sommes pour le moment dans le feu de l'action. Or il nous faudra du temps pour débattre de nos statuts et procéder à l'élection.
In fine, ce seront les adhérents qui auront donc le dernier mot sur l'avenir d'AL et ses grandes orientations politiques.
C'est bien légitime d'exprimer son désaccord : au sein d'un parti, ce sont les élections qui tranchent au bout du compte la validité des choix. Le CODIR actuel, si tout ou partie de ses membres souhaitent se représenter, entend bien placer sa responsabilité sous le signe du jugement des adhérents ! Il n'est donc pas "irresponsable" .
Bien amicalement.
Alain Toullec
Réseau Liberté
alain.c.toullec@ wanadoo.fr
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Résistants ou Rebelles (suite)
Justement Chère Christiane.. . Soyons dans le réel...
Le réel, ce n'est pas quand un parti qui ne pèse rien commence à soutenir un autre candidat sans rien avoir négocié.. C'est une erreur de base qu'il parait absurde d'avoir fait meme pour des débutants... Bayrou a totalement et volontairement ignoré notre soutien... Nous n'aurons rien avec ce soutien... Nous avons juste perdu notre indépendance. .. Nous sommes devenus le parti qui soutien pour... bah pour passer dans quelques médias avant d'etre ignoré pendant des mois, et qui perd du coup de nombreux adhérents...
Mais après tout, peut être sagissait-il juste d'une stratégie pour faire une purge, entre ceux qui soutiendraient les décisions de Paris meme si elles sont absurdes, et ceux qui croient dans le respect de la base...
Selon Edouard Fillias, je cite: "AL n'a pas de base. Il y a des gens qui suivent la direction."
Librement,
Pierre Toullec
EX membre du CODIR
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17.03.2007
Résistants ou Rebelles
Pensées et méditations en liberté
Recueil de « pensées économiques à méditer avant de prendre une décision catastrophique ».
Jean-Louis Caccomo
Ce recueil est d’abord destiné aux futurs élus et à tous ceux qui rêvent d’embrasser une carrière politique en ayant la prétention de « changer le monde », et notamment aux hommes politiques « providentiels » qui se sont donnés pour objectif de sauver notre pays. Souvent, ils n’auront fait qu’empirer les choses.
La politique n’est pas une question de bons sentiments ou de nobles intentions. Avant d’espérer changer le monde, il faut d'abord le comprendre. Comment un médecin peut-il soigner son patient s'il ne connaît pas le fonctionnement du corps humain ? Or ce fonctionnement dépend si peu de la volonté du médecin.
1. La pensée libérale n’est pas contre l’Etat en tant que tel. Elle est contre le gaspillage et l’inefficacité engendrés par la dérive des dépenses de l’Etat. Il convient donc de restaurer l’Etat dans ses fonctions légitimes, c’est-à-dire les seules où il sera le plus efficace.
2. Ce n’est pas l’Etat qui garantit la valeur d’un diplôme, mais c’est son titulaire. On n’a aucun mérite à détenir un diplôme dont la valeur est garantie par un tiers. Et on ne peut fixer par avance la valeur d’aucun titre. Qu’est-ce qui garantit la valeur d’une action en bourse ou d’un prix Nobel ? L’Etat y peut-il quelque chose, sinon prendre le risque de tout dérégler en prétendant garantir a priori la valeur un titre.
3. Le marché implique l’Etat mais pas sous n’importe quelle forme. Le marché va de pair avec un Etat de droit, c’est-à-dire celui qui garantit et fait respecter les droits individuels, lesquels sont à la base des relations contractuelles qui sont aussi des relations d’échange.
4. Les enseignants devraient apprendre aux enfants comment penser, mais non ce qu’il convient de penser. Les parents devraient apprendre aux enfants à devenir adultes et non les en empêcher.
5. Il n’existe que trois formes d’Etat: l’Etat totalitaire qui écrase les individus puisqu’il les nie ; l’Etat-providence qui assiste les individus ce qui est une façon plus insidieuse de nier leur existence réelle ; l’Etat de droit qui garantit les libertés individuelles desquelles surgira le fait économique et social. Seul l’Etat de droit a permis la prospérité pour le plus grand nombre, en mettant en place les conditions d’épanouissement de la croissance durable de l’économie. La seule troisième voie qui existe entre l’Etat totalitaire et l’Etat providence, c’est l’Etat de droit.
6. Le socialisme est basé sur l’Etat totalitaire mais prend souvent le chemin de l’Etat providence. La social-démocratie repose sur l’Etat providence qui dégénère toujours en Etat totalitaire lorsqu’il s’agit de partager la pénurie engendrée par un interventionnisme sans limite. Le libéralisme est fondé sur l’Etat de droit, la seule « troisième voie » viable (ce qui, évidemment, ne veut pas dire parfaite) tandis que la première voie implose et que la seconde agonise.
7. On présente généralement aux gouvernements dits de droite les factures engendrées par les lubies des gouvernements dits de gauche. Au niveau mondial, on se tourne généralement vers les pays capitalistes pour payer les factures laissées par les expériences tragiques réalisées par les pays qui refusent le capitalisme. Et l’on trouve encore à dire que le capitalisme ne marche pas très bien…
8. Le capitalisme, certes, marcherait bien mieux n’étaient les fantaisistes qui s’obstinent à essayer de faire fonctionner l’économie sur des principes anti-économiques. Est-ce à mettre au débit du capitalisme que d’être tolérant avec ses ennemis ? Faut-il incriminer le capitalisme s’il nourrit précisément ceux qui le combattent ?
9. Si vous considérez une chose comme trop précieuse pour votre avenir ou celui de vos enfants, n’attendez pas que d’autres s’en occupent à votre place. Si une chose compte vraiment à vos yeux (alors qu’elle n’aura certainement pas la même importance aux yeux des autres), faites la vous-mêmes ! Ne vous en remettez pas à l’Etat : au mieux, il fera moins bien que vous ; au pire, il n’agira pas. Si l’éducation, la santé, la famille, la retraite, l’emploi…sont véritablement importants à vos yeux, éduquez-vous, prenez soin de votre santé, occupez-vous de votre famille, épargnez pour votre retraite et travaillez ! Prenez vos responsabilités ! En un mot, occupez-vous en par vous-mêmes, rapidement et en permanence.
10. On obtient dans la vie précisément ce qu’on y investit. Comme on obtient d’un ami précisément ce qu’on lui a apporté. Aucune relation déséquilibrée n’est durable. C’est une des grandes lois de l’économie que d’établir cette proportion entre l’effort et le résultat, entre le travail et la productivité. En conséquence de quoi, celui qui attend tout des autres au nom de la solidarité collective n’obtiendra pas grand-chose, mais ce sera gratuit. Piètre consolation…
11. On jugera les gens non par leurs paroles, mais par leurs actes. Eux seuls révèlent les préférences des individus et leurs réelles priorités.
12. Nous sommes tous producteurs d’un bien ou d’un service en particulier ; mais nous sommes tous consommateurs de biens et de services en général. De sorte que l’intérêt général ne peut être représenté que par l’intérêt des consommateurs que nous sommes tous.
13. Comme nous avons tous en commun d’être consommateurs de biens et de services en général, la prise en compte effective de l’intérêt du consommateur, imposée par les lois de la concurrence, se rapproche le plus d’une expression de l’intérêt général.
14. Pensez à ce qui importerait le plus à vos yeux en tant que consommateur, et vous aurez une idée de la politique économique que devrait exercer un gouvernement réellement soucieux de l’intérêt général.
15. Il ne peut exister de « chômage au noir » ; il n’y a que du «travail au noir». Pourquoi faut-il se cacher pour travailler alors qu’il peut être dans l’intérêt de se déclarer officiellement chômeur ? Le travail est une nécessité imposée par notre condition naturelle de sorte que le chômage est une aberration. Pourtant, à partir d’un certain seuil de réglementations et de prélèvements, il vaut mieux s’abstenir de travailler que travailler. De même, à partir d’un certain seuil de redistribution, on échappe à la nécessité de devoir travailler pour vivre.
16. On ne peut empêcher l’émergence d’un concurrent dans un secteur donné autrement que par la loi. Autrement dit, il n’y a pas de monopole naturel. Seule la réglementation permet d’imposer une structure de marché. Il n’y a de monopoles que ceux issus des privilèges accordés par le pouvoir politique.
17. On reconnaît une bonne politique à la capacité qu’à l’Etat de laisser les citoyens libres de créer des richesses et de les échanger et non de le faire à leur place. On reconnaît une mauvaise politique à la possibilité que détient l’Etat de détruire les incitations à créer et le goût de la liberté, en s’ingérant sans limite pré-établie dans la sphère des activités et décisions privées.
18. La liberté, c’est laisser les gens agir et travailler du moment qu’ils ne briment pas les droits d’autrui. Mais, ce n’est pas agir à leur place.
19. L’Etat ne peut redistribuer que ce qu’il a par ailleurs prélevé ; et il redistribue généralement moins si l’on prend en compte le coût exorbitant de son propre fonctionnement et l’effet désincitatif de ses prélèvements et redistributions.
20. L’Etat peut redistribuer plus que ce qu’il prélève à la condition de s’endetter. Mais l’emprunt présuppose un prêt. Ainsi, l’Etat devra rendre avec intérêt de surcroît. C’est donc qu’il redistribue une richesse actuelle qu’il a prélevé par ailleurs ou qu’il anticipe sur une richesse qu’il faudra imposer demain.
21. Le gouvernement ne peut résoudre tous nos problèmes dans la mesure où il est à l’origine de bien d’entre eux, tout en nous faisant croire qu’il détient la solution cachée. Nous pouvons, en revanche, résoudre la plupart de nos problèmes si le poids des prélèvements qui pèse sur chacun de nous se trouve allégé, un allègement qui tient au bon vouloir du gouvernement.
22. En nous adressant à l’Etat pour résoudre nos problèmes, on risque de voir s’accroître le fardeau qui est précisément à l’origine de notre incapacité à faire face à nos problèmes.
23. Quand un responsable politique parle d'instaurer un nouveau prélèvement « provisoire », c'est qu'il n'a pas l'intention de s'attaquer au montant des dépenses publiques dans lesquelles seront engouffrés à jamais ces recettes supplémentaires. Donc ces prélèvements ne seront jamais provisoires ! N'oublions jamais que les hommes politiques seront disposés à nous mentir tant qu’ils seront assurés que nous consentons à les croire...
24. Le monde est en danger non pas quand les Etats-Unis sont sur-puissants ; le monde s’est trouvé en grand danger quand les Etats-Unis se sont avérés en situation de faiblesse.
25. Nos dirigeants - et les médias qui les courtisent - parlent sans arrêt, et avec mauvaise conscience, de l’écart qui se creuse entre les pays riches et les pays pauvres. Mais la pauvreté de ces derniers tient précisément à leurs dirigeants, qui rejettent les principes de l’économie de liberté pour succomber aux chimères du contrôle étatique de l’économie.
26. Le communisme est excellent pour garantir des emplois à vie aux dictateurs et autres chercheurs de rente. Bill Gates ou Steve Jobs doivent leur fortune au succès (imprévisible) de leurs entreprises, qui auront enrichi dans leur sillage actionnaires, clients et employés dans le monde entier. A qui Fidel Castro doit-il son immense richesse ?
27. La possibilité du chômage est, en effet, liée à l’existence du marché du travail, c’est-à-dire à la liberté des choix. Supprimez le marché du travail, vous organisez alors des camps de travail. Le chômage n’existe pas dans les pays qui ont systématisé la pratique des camps de travail. Mais c’est précisément parce qu’il n’y a plus de liberté.
28. Peut-on réellement tout accepter au nom de l’emploi ? Embauchons des jeunes pour creuser des trous, puis d’autres jeunes pour les reboucher. Vous n’aurez pas, ce faisant, créé du travail. Vous avez tout au plus gaspillé du temps, ressource précieuse entre toutes.
29. L’économie a besoin de biens et services publics fournis par l’Etat. Mais la taille du secteur public doit être mesurée et proportionnée. Sinon, le secteur privé - le véritable cœur d’une économie de marché - est étouffé par un secteur public, qui à ce moment devient, non seulement le secteur le moins productif du pays, mais qui consacre une grande partie de son énergie - et de nos ressources - à entraver la marche du secteur privé et étouffer le cœur.
30. L’O.M.C. est au commerce international ce qu’est l’O.N.U. au droit international, un «machin». Qui peut sérieusement défendre encore un «machin» ?
31. Nous avons tous demandé un jour ou l’autre quelque chose au gouvernement comme si le gouvernement avait d’autres sources de revenu que, justement, nos revenus.
32. Rien n’est gratuit. Il ne s’agit que des impôts «indolores» que sont tous ces prélèvements subis au quotidien sans même nous en rendre compte, les plus sournois, les plus injustes et les plus immoraux.
33. Imaginez que l’on vous coupe un peu chaque jour un morceau de votre jambe. Imaginez ensuite que votre tortionnaire vous propose une béquille pour vous «aider». Vous jetteriez aux quatre vents sa béquille. Alors le tortionnaire décide de vous couper la jambe sans douleur, sans que vous vous en aperceviez. Vous acceptez maintenant sa béquille comme une aide providentielle.
34. Si vous aviez réellement le choix, rempliriez-vous d’un liquide précieux un récipient percé de mille trous ?
35. Comme la radioactivité, l’inflation, une fois enclenchée, échappe à tout contrôle.
36. Il n’y a aucune chance de réduire les dépenses publiques en augmentant les prélèvements. Quand vous voulez que vos enfants ne dilapident plus leur argent de poche, vous serrez les cordons de la bourse.
37. Les dirigeants français attendent le retour de la croissance pour pouvoir baisser les prélèvements. Mais la croissance n’a aucune chance de redémarrer tant que les prélèvements n’auront pas été significativement réduits. Pour que les agents économiques - entreprises et ménages - puissent investir à nouveau, l’Etat doit consentir à leur rendre une part substantielle de ce qu’il leur a pris.
38. Tout argent public a d’abord été de l’argent privé.
39. Chaque fois qu’un ministre arrive au pouvoir avec une idée géniale pour contrôler les dépenses de santé, les dépenses de santé s’envolent. Depuis que le plan Juppé - qui avait pour objectif explicite de freiner la dérive des dépenses de santé - a été mis en place, il ne s’est pas passé une année sans que l’on batte des records de dérapages. Et l’on continue à s’en remettre à un gouvernement.
40. On a beaucoup ironisé sur le scandale ENRON. Mais ce scandale prouve essentiellement que les Etats-Unis sont un pays où tricher fait scandale et vous conduit en prison si vous êtes pris la main dans le sac. En France, tricher est une pratique d’Etat. Qui peut croire une seconde que les comptes de l’entreprise E.D.F. sont corrects ? Que penser de la légitimité de plus de 30 ans de subventions accordées à l’entreprise BULL : s’agit-il d’aider une entreprise dans un secteur en déclin ? s’agit-il d’aider à la naissance d’un fleuron de la haute-technologie ? Nous avons d’ailleurs longtemps cru que la santé du président Mitterrand était bonne, comme en attestaient les bulletins officiels publiés entre 1981 et 1996. Mais les annonces officielles n’engagent que ceux qui y croient. Voilà l’éthique et la pratique politique dans notre pays. Alors que penser quand les plus hautes autorités cherchent à nous rassurer sur les comptes de la sécurité sociale ou sur la garantie de la valeur de nos points retraite dans 25 ans ?
41. Les fonctionnaires bénéficient de la sécurité de l’emploi qu’ils voudraient voir généraliser à l’ensemble des actifs. C’est généreux mais se rendent-ils compte que leurs avantages acquis sont justement supportés par les autres, de sorte qu’il est impossible de généraliser ce type de privilège.
42. S’il est impossible de généraliser l’emploi à vie, il existe une grande inégalité entre ceux qui en bénéficient et ceux qui sont exposés au chômage. Cette inégalité devrait être insupportable à tous ceux qui se mobilisent volontiers contre l’injustice au nom précisément de l’égalité et de la solidarité. S’il est économiquement impossible de généraliser un privilège ; l’on doit donc, au nom de la justice et de la solidarité, le supprimer.
43. La solidarité, c’est tout mettre en oeuvre pour ne pas être à la charge des autres.
44. L’écologie est aujourd’hui à l’économie, ce que l’astrologie fut à l’astronomie.
Jean-Louis Caccomo – Economiste en exil…
Perpignan, samedi 17 mars 2007
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16.03.2007
Bis repetita placent
Après ma terrible désillusion d'hier à la suite de la décision quasi-régalienne d'Edouard Fillias de passer à l'ennemi avec armes et bagages, et pour que tout soit bien clair, je voudrais ici expliciter ma pensée.
Dans son dernier livre intitulé Le manifeste des alter-libéraux (Michalon), Edouard Fillias écrit ceci à la page 181 : "En réalité, nos idées sont au centre. Elles sont le vrai centre libéral qui manque à la France, à l'instar du parti libéral allemand ou irlandais, capable de peser dans un sens ou dans l'autre pour soutenir les réformes les plus favorables aux libertés". En tout cas, rien qui ressemble de près ou de loin à l'UDF.
Tout cela est parfaitement exact en Allemagne ou en Irlande mais je ne sache pas que ces partis libéraux, dès leur constitution, se soient ainsi d'emblée précipités dans les bras de quelqu'un d'autre pour exister et durablement assurer leur destin.
Je m'interdis généralement de me citer dans mes oeuvres mais je tiens beaucoup à ce que ma pensée, en cette triste occasion, soit le mieux du monde comprise de tous. En date du 3 octobre dernier, je m'exprimais donc en ces termes dans Une grande espérance libérale : "Observez la composition actuelle de l'Assemblée nationale : un bipartisme bâtard, où l'UDF oscille sans cesse d'un bord à l'autre selon l'air du temps politicien, s'y exprime dans toute sa splendeur en engendrant une paralysie politique garantie !". (...) "Nous (Ndlr : AL) entrons donc en politique avec un très fort désir, au moment même où les yeux des Français se dessillent, de faire honneur aux meilleurs esprits libéraux du temps (Ndlr : de notre temps) : puissent-ils, en retour, nous favoriser de leur incomparable expertise libérale." Aujourd'hui, certains doivent rire... jaune !
Jean-Louis Caccomo, lui-même à l'évidence aussi touché que je puis l'être moi-même, illustre parfaitement l'originalité sans égale de la pensée libérale quand il écrit sur son blog (http://caccomo. blogspot. com) :
"Lorsque les libéraux refusent l'axe gauche/droite, c'est qu'ils ne veulent plus ni de la gauche restée fondamentalement anti-capitaliste, ni de la droite centralisatrice et étatiste. L'Alternative libérale, à peine née, est déjà enterrée faute d'avoir entrevu cette nuance fondamentale".
500 signatures ou pas, le pire, dans cette triste histoire, c'est sans doute d'avoir cru en quelqu'un qui ne trouve pas mieux, à la première bourrasque, de trahir ma (notre) confiance de la manière la plus anti-démocratique qui soit, c'est-à-dire en s'appropriant une décision vitale pour Alternative Libérale qui, pourtant, appartient à tous !
Je veux bien croire que le chant de la sirène Bayrou en séduise plus d'un mais je ferais plutôt valoir que la solution à nos problèmes ne se trouve sûrement pas inscrite dans la politique, à l'évidence consensuelle et de nature profondément illibérale, que M. Bayrou se propose de mettre en oeuvre s'il est élu !
Enfin, quitte à passer pour un intégriste de la Liberté, je ne peux pas accepter que l'on transige ainsi avec mes convictions dont j'ai la faiblesse de croire, naïvement peut-être aux yeux de certains, qu'elles représentent la meilleure réponse au défi lancé en permanence par le monde contemporain.
En un mot comme en cent, la troisième voie, celle de François Bayrou qui se situe entre la gauche et la droite tout en empruntant à la droite et à la gauche n'est pas seulement une impasse, c'est surtout un mythe : qu'on le veuille ou non, de gré ou de force, la troisième voie n'existe tout simplement pas ! A bon entendeur...
Librement !
Philippe (Sully) ROBERT
http://sully1. typepad.com
02400 FRANCE
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Bayrou et le Libéralisme
« Ce que je veux savoir avant tout, ce n’est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec »
Abraham LINCOLN
Aurélien,
J’avoue. Les stratégies politiques dépassent mes capacités de compréhension.
N’aurait-on pas le droit d’être choqué, soufflé, blessé de découvrir que notre parti libéral soutienne officiellement le candidat d’un parti qui ne l’est pas et qui rêve d’une alliance gouvernementale avec des dirigeants du Parti Socialiste français ! Dites moi qui se complait dans l’échec !
J’ai fait une grossière erreur dans mes messages précédents : le souffle coupé par l’annonce, j’ai voulu argumenter, raisonner en remontant aux textes et aux prises de positions de Bayrou et de l’UDF.
A vous lire j’ai ( enfin ! ) compris que ce n’était pas le sujet.
Vous ne répondez pas à mes remarques techniques, mais vous confirmez :
- que vous savez pertinemment que Bayrou n’est pas libéral,
- qu’il ne s’agit pas d’un soutien mais d’une ingénieuse tactique politique et médiatique.
Édouard dans l’interview du 13 visible sur le site annonce que les militants seront actifs dans la campagne pour Bayrou et qu’il partagera des places sur des estrades.
Vos justifications sont troublantes, dans la forme et dans le fond.
Quelques interrogations :
1/ Les pourparlers avec l’UDF était semble-t-il bien avancés il y a un mois.
Puisqu’il y avait une alliance objective, pourquoi Bayrou n’a-t-il pas donné quelques consignes à ses troupes pour assurer la présence d’ Alternative Libérale au premier tour ?
Le choix vient-il d’un manque de parrainages ou est-ce un désistement délibéré ?
2/ En quoi est-ce du sectarisme d’affirmer ses convictions et de ne pas prendre pour argent comptant un curieux compromis ? En quoi est-ce du sectarisme pour un libéral de ne pas souhaiter soutenir un candidat qui ne l’est pas.
3/ En quoi la diabolisation de Sarkozy va-t-elle aider les libéraux ? Dans une interview Édouard le place à la droite de la droite. « Sarko, trou noir pour les idées libérales », « 5 ans de tunnel garanti » ajoutez-vous. Alors quoi ? Simone Veil, Arno Klarsfeld, Angré Glucksmann, tous fascistes ?
A quoi bon ces excès dignes des réflexes conditionnés du PS ? Le projet libéral va-t-il se résumer à Tout Sauf Sarko ?
4/ Enfin, pensez-vous qu’il soit bon de stigmatiser ceux qui ne vous suivent pas les yeux fermés ?
« Chaque fois qu’Alternative libérale a fait un choix audacieux, un certain nombre de critiques ont fusé, souvent des mêmes personnes. »
C’est la première fois que je m’oppose : est-ce indécent ? Où est l’audace lorsque Alternative Libérale donne l’impression de rentrer dans le rang du système ?
Pourquoi cet amalgame avec les autres choix politiques d'AL. Il s'agit ici uniquement de l'engagement pour Bayrou.
« En tout cas, la lutte continue, avec ou sans certains d’entre vous. »
Nous voilà quelques uns à se sentir exclus de fait pour avoir émis une opinion différente du Comité de Direction.
En ce qui me concerne, citoyen lambda, je ne compte pas. Mais vous allez perdre des soutiens importants et précieux.
Ne dira-t-on pas bientôt « Édouard, qu’avez-vous fait de vos talents ? ».
Bien qu’absent du premier tour, je ne m’attendais pas à ce que le parti apporte un soutien à un quelconque des candidats, pas plus à l’un qu’à un autre, mais bien plutôt développe une interpellation critique.
Ma réaction est à la hauteur de la déception.
Pensez-vous prendre quelques instants de réflexion pour entendre la clameur?
Les téléphones ont beaucoup chauffé ces derniers jours !
Mais vous avez raison : la lutte continue.
J’espère qu’Alternative Libérale soutiendra les libéraux.
Merci, cher Aurélien, de vos éclaircissements.
Bien amicalement
Alain Toullec
Réseau Liberté
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Faits divers: suite
Cher Monsieur,
Vous avez pleinement raison : voir la pseudo-"alternative libérale" choisir la "social-démocratie" , c'est affligeant. Je pense que le moins mauvais des candidats pour ceux qui veulent un vrai changement sera quand même à l'arrivée, quels que soient les doutes ou les réticences que l'on peut éprouver à son égard, Nicolas Sarkozy.
Cordialement,
Gérard Gachet
16:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Caccomo, Alternative, Libérale, Fillias, Lamirand, Toullec, Gachet
Faits divers: suite
16:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Caccomo, Alternative, Libérale, Fillias, Lamirand, Toullec
Pour une Révolution Légale
16:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Caccomo, Alternative, Libérale, Fillias, Lamirand
15.03.2007
Stupéfaction
Je suis rentré hier de Syrie où j’étais invité par mes collègues de l’Université Arabo-Européenne de Damas. Pendant une semaine, j’étais à l’écart des tumultes d’une campagne présidentielle désespérante, au cœur d’un orient aussi magique que complexe. Dans la république syrienne socialiste, le marché parallèle fait la loi ; alors que les slogans anti-américains soudent l’opinion publique, c’est la langue anglaise qui s’impose parmi l’élite et tout le système universitaire se calque sur le modèle américain. En tout état de cause, la Syrie fait partie de ces pays qui sont arrivés aux limites de l’économie étatisée ; ils sont demandeurs désormais de libéralisation et d’ouverture. Là est l’espérance pour l’orient.
En Syrie, je fus accueilli comme un hôte de marque et j’ai travaillé dans les meilleures conditions, conditions qu’un fonctionnaire de l’université française n’ose plus imaginer pour son propre pays.
La France fait-elle partie des pays qui s’obstinent à poursuivre le processus d’étatisation de son économie ? Pourtant là est bien l’impasse.
A mon retour, j’apprends qu’Edouard Fillias a décidé, au nom du parti qu’il représente, et qui a suscité une espérance parmi certains libéraux (dont je fus), de se ranger autour de François Bayrou. Je ne sais quoi penser. Non pas que je n’apprécie pas Bayrou avec qui j’ai entretenu une correspondance puisque François Bayrou m’a fait l’honneur de réagir à mes chroniques de résistance. Mais la décision est tombée d’en haut, sans consultation de la base militante.
J’ai accueilli Edouard il y a quelques jours et je lui ai offert mon nouveau livre qui prend une actualité brûlante : « La troisième voie : impasse ou espérance ». Je n’ose imaginer, qu’à la lecture de mon livre, Edouard a décidé que Bayrou incarnait cette espérance. Je ne sais pas non plus si cette décision était arrêtée depuis longtemps.
Certes, François Bayrou prétend incarner cette troisième voie mais François Mitterrand prétendait incarner le changement.
Pour moi, la question reste entière : est-ce réellement une espérance ou n’est-ce pas plutôt une impasse ? Ceux qui connaissent mes écrits savent les raisons de mon doute. En effet, le ni-ni, instauré par Mitterrand et consistant à mettre sur le même plan libéralisme et communisme (et reconduit par Jacques Chirac), c’est précisément cette impasse qui consacre et cautionne tous les blocages internes qui neutralisent la moindre tentative de réforme depuis plus de 20 ans. Dans son expérience ministérielle passée à l'éducation nationale, François Bayrou avait l'occasion de s'attaquer à l'un des bastions les plus fermés à toute réforme. J'aurai voulu être convaincu à ce moment là de sa volonté et de ses capacités réformatrices.
Lorsque les libéraux refusent l’axe gauche/droite, c’est qu’ils ne veulent plus ni de la gauche restée fondamentalement anti-capitaliste, ni de la droite centralisatrice et étatiste. L’alternative libérale, à peine née, est déjà enterrée faute d’avoir entrevue cette nuance fondamentale.
Jean-Louis Caccomo,
Perpignan, le 14 mars 2007
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