19.06.2008

Exit les langues régionales : la France au français !

« Nos enfants parlent texto, il faut renforcer le français et ce n'est pas en faisant appel aux langues régionales », déclarait l'un des opposants aux langues régionales, Jean Pierre Fourcade, sénateur UMP lors du débat qui a eu lieu le 18 juin au Sénat à propos de la modification de la Constitution.

En effet, les sénateurs ont voté à la majorité de 216 voix contre 103 un amendement demandant le retrait de la référence aux langues régionales dans l'article 1 de la Constitution.

Lorsque la diversité linguistique et culturelle est prônée dans le monde entier, la France est plus nationaliste que jamais. Il s'agit d'un des derniers pays en Europe à refuser de donner une place officielle aux langues régionales. À l'heure où la France est épinglée par les rapports internationaux sur son traitement des problématiques minoritaires, elle ne montre pas le visage d'un pays tolérant, bien au contraire.

Le texte prévoyant l'inscription des langues régionales dans la Constitution avait pourtant été adopté à la quasi-unanimité à l'Assemblée nationale, mais au Sénat la majorité UMP, ainsi que les communistes, les centristes, les radicaux et quelques socialistes ont voté un amendement demandant son retrait.

Déjà avant-hier, l'Académie française estimait que les langues régionales étaient un danger pour l'identité nationale, estimant que l'exclusivité du français était nécessaire dans un pays qui n'aime ni la langue anglaise, ni les langues régionales, ni certainement les autres langues dans la monde.

Doit-on en conclure qu'en France, le mot identité ne peut se prononcer qu'en langue française ? Ce vote du Sénat est au moins une belle preuve d'un jacobinisme farouche où la diversité n'a pas sa place. Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Occitans, Flamands, Bourguignons... doivent-ils se considérer comme des étrangers ?

A quoi joue-t-on à l'UMP ? La France a besoin de réformes profondes, de réformes structurelles, culturelles, politiques et économiques. Ce refus du Sénat est décidément de très mauvaise augure pour le succès des réformes que nous espérions. C'est à l'UMP de montrer l'exemple, de montrer le chemin de la modernité et des réformes.

Claude Guillemain

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16.06.2008

Après le « non » irlandais, quel avenir pour le traité de Lisbonne?

Le référendum irlandais vient de rappeler une nouvelle fois la méfiance dont fait l'objet l'Union européenne. Mais il est difficile de voir une alternative au compromis trouvé dans le traité de Lisbonne.

Entretien avec Peter Hägel, politologue, maître de conférence à American University of Paris.

Comme interpréter le « non » irlandais ? Faut-il y voir la répétition des référendums de 2005, lorsque la France et les Pays-Bas avaient rejeté la Constitution européenne ?

A des degrés variables, l'opinion eurosceptique s'exprime dans tous les pays membres de l'Union, mais ses motivations changent d'un pays à l'autre. Rappelons que dans le cas français, le rôle déterminant était joué par le refus d'une Europe jugée trop libérale, tandis que le « non » néerlandais était porté par la critique des transferts communautaires et la peur d'un « petit » pays d'être dominé par les « grands ». Dans le référendum irlandais, le scénario a été encore différent : le « non » a mobilisé une coalition extrêmement hétéroclite, allant des catholiques conservateurs soucieux de préserver la pénalisation de l'IVG aux agriculteurs réticents aux changements annoncés de la politique agricole commune, en passant par des voix libérales comme le groupe « Libertas », soutenu par les milieux d'affaires de l'île, qui voit dans l'Union une menace contre la politique d'impôts bas menée par le pays.

Aucun traité au monde n'est capable de s'accommoder de critiques aussi différentes, voire contradictoires. Et le problème n'est peut-être pas là, mais dans la mobilisation des opinions positives : tous les sondages montrent que la majorité des citoyens d'Europe, en Irlande encore plus qu'ailleurs, soutient l'intégration européenne. Au lieu de se focaliser sur le camp du « non », les responsables européens devraient se demander pourquoi tant d'Européens choisissent de ne pas voter du tout ; en Irlande, le taux de participation n'était que de 53,4  %  ! De toute évidence, l'Union communique mal avec ses citoyens, qu'il s'agisse de rappeler les avancées réalisées que d'expliquer l'importance de ses traités.

 

Quel est le scénario le plus probable pour sortir de la crise actuelle ?

A l'exception de quelques eurosceptiques avérés – comme le président de la République tchèque Vaclav Klaus –, la plupart des leaders européens, en particulier les Britanniques, ont réagi en réaffirmant que le traité n'est pas mort et que la ratification devrait se poursuivre. Ils semblent vouloir dire que c'est l'Irlande qui doit maintenant trouver une solution – ce qui paraît frappé du coin du bons sens, étant donné qu'on voie mal une alternative au traité de Lisbonne. Par le passé, on sortait de l'impasse en trouvant des solutions particulières à des intérêts particuliers, comme dans le cas du Danemark en 1992, qui a obtenu une clause d'exemption sur l'adhésion à l'euro après avoir refusé le traité de Maastricht. Or, dans une Union à 27, cette voie-là n'est plus praticable ; le sentiment se répand qu'il ne faut plus tolérer la « tyrannie des minorités » : en l'occurrence, 862 000 Irlandais empêchent 500 millions de citoyens d'Europe d'avancer. Ce qui laisse penser que nous allons vers un nouveau référendum en Irlande. D'ici là, l'Union continuera de fonctionner avec le traité de Nice, qui ne lui laisse que peu de marges de manœuvre pour faire avancer des politiques européennes communes.

 

Si les motifs du « non » diffèrent d'un pays à l'autre, ils contribuent tous à empêcher l'« approfondissement » de l'Union. Est-il encore réaliste de vouloir poursuivre l'intégration politique ?

Si approfondissement veut dire construction d'une sorte d'Etats-Unis d'Europe, il semble effectivement que nous avons atteint une limite. Une Europe politique fortement intégrée était l'objectif d'une génération d'hommes politiques qui avait vécu la Guerre froide. Avec le temps et en raison de la diversité croissante de l'Union, cet objectif a perdu beaucoup de sa pertinence. Cependant, on oublie souvent que l'Union est déjà un système fédéral, dont les institutions parviennent à intégrer de nouveaux membres. Ses institutions peuvent certes être améliorées, et le traité de Lisbonne propose justement de régler un certain nombre de problèmes, notamment les mécanismes de prise de décision. Mais même si le traité finit par être adopté, dans quels domaines l'Union pourrait-elle faire vraiment mieux que les Etats pris individuellement ? A court et moyen termes, je ne vois pour ma part que la politique étrangère et la politique de sécurité. A cet égard, le traité de Lisbonne représente probablement le meilleur compromis entre la volonté de doter l'Union de plus grandes compétences et celui de préserver le pouvoir des Etats membres. Elle offre aussi des outils précieux pour renforcer la voix de l'Union sur la scène internationale.

15.06.2008

Egalité, capabilité, Sen

Chers amis

 

Amartya Sen, dans Repenser l’inégalité, considère que l’inégalité est en partie liée à des différences de capabilité. La définition qu’il donne de la capabilité est la possibilité pour un individu de réaliser ses buts, de choisir la vie qu’il veut mener.

Or la nature fait que les capabilités sont inégales suivant l’endroit où nous naissons, notre sexe, notre hérédité, nos aptitudes et handicaps, notre environnement, etc. Ces inégalités s’ajoutent aux inégalités de ressources, ce qu’Amartya Sen qualifie d’inégalités en biens premiers (attention sa définition en est différente de celle de Rawls), en conséquence une égalité de revenu ne nous permet pas pour autant d’avoir les mêmes capacités d’atteindre nos objectifs.

Ainsi même à revenu égal, un handicapé n’aura pas les mêmes capacités qu’un valide ; une femme dans certaines sociétés aura des possibilités de se réaliser inférieure à celle d’un homme. Ou encore une personne vivant dans un environnement culturellement pauvre ne réalisera pas ses fins aussi facilement qu’une personne se développant dans un milieu lettré.

 

La liberté de ceux qui sont désavantagés en terme de capabilité est donc amoindrie selon Sen. Il faudrait donc que chaque société établisse les capabilités minimales qu’elle garantit à ses citoyens.

Par exemple le droit formel de voter aux Etats-Unis n’est pas un droit réel tant que la société ne permet pas aux plus défavorisés d’être éduqués et même transportés jusqu’au bureau de vote pour pouvoir réellement apprécier ce droit et l’exercer. On en revient ici à la distinction entre libertés réelles et libertés formelles des marxistes.

 

Sen considère donc qu’une plus grande égalité des capabilités passe par l’octroi de libertés positives c’est à dire de droits-créances (un droit à) auprès de la société.

 

Le sens commun donne pourtant un tout autre sens au terme liberté : celui de liberté négative, c’est-à-dire une liberté que l’on possède et à laquelle la société ne peut porter atteinte. Est une liberté, en ce sens, le droit de propriété – défini comme la prohibition du vol - ; le droit de vivre – défini comme l’interdiction du meurtre -.  Alors que la liberté de Sen c’est plutôt le droit à percevoir un revenu, un logement, une instruction.

 

La critique de cette vision qui permet l’égale capabilité a déjà été fournie au milieu du XIXème siècle par Frédéric Bastiat dans La Loi :

 

« Et ce n'est point là une distinction vaine: le sens en est profond, les conséquences en sont immenses. Car dès qu'on admet qu'il faut à l'homme, pour être vraiment libre, le Pouvoir d'exercer et de développer ses facultés, il en résulte que la société doit à chacun de ses membres l'instruction convenable, sans laquelle l'esprit humain ne peut se déployer, et les instruments de travail, sans lesquels l'activité humaine ne peut se donner carrière. Or, par l'intervention de qui la société donnera-t-elle à chacun de ses membres l'instruction convenable et les instruments de travail nécessaires, si ce n'est par l'intervention de l'État? 

Ainsi la liberté, c'est le pouvoir. — En quoi consiste ce Pouvoir? — À posséder l'instruction et les instruments de travail. — Qui donnera l'instruction et les instruments de travail? — La société, qui les doit. — Par l'intervention de qui la société donnera-t-elle des instruments de travail à ceux qui n'en ont pas? — Par l'intervention de l'État. — À qui l'État les prendra-t-il? C'est au lecteur de faire la réponse et de voir où tout ceci aboutit. »

L’État Nounou bien sûr et la négation du pouvoir de résilience (une capabilité plus faible résulte en une volonté de réussite plus forte qui contrebalance ce premier handicap).

16.05.2008

Accueil dans les écoles en grève: Sarkozy annonce un projet de loi avant l'été

Un projet de loi instaurant un "droit à l'accueil" dans le primaire en cas de grève et une déclaration préalable des enseignants grévistes sera déposé "avant l'été", a annoncé jeudi Nicolas Sarkozy au soir d'un mouvement national dans la fonction publique, et notamment l'éducation.

"J'ai demandé au gouvernement de déposer avant l'été un projet de loi qui instituera un droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles", a dit le président de la République dans une déclaration à la presse retransmise en direct et annoncée seulement deux heures avant.

Au soir d'une journée de grève et de manifestations bien suivie dans la l'éducation, il a précisé: "le projet que je demande au gouvernement prévoira qu'en cas de grève, les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l'avance".

"Le projet prévoira également que les communes devront proposer des solutions d'accueil", a encore assuré le président, en expliquant que "la charge financière (de cet accueil) sera assurée par l'Etat".

"C'est l'Etat, en charge du service public d'Education nationale qui assurera le remboursement des frais engagés par les communes qui devront assurer un service d'accueil les jours de grève", a-t-il analysé.

M. Sarkozy a souhaité que, "même en cas de grève, les enfants soient accueillis dans les écoles et que les parents qui le souhaitent puissent exercer leur droit légitime au travail".

"Je respecte le droit de grève, c'est une liberté fondamentale et garantie par la Constitution (...), le droit au travail, pour les familles qui n'ont les moyens de faire garder leurs enfants les jours de grève, ce droit aussi doit être garanti", a-t-il estimé.

Evoquant le service minimum d'accueil (SMA) expérimenté jeudi pour la deuxième fois par le gouvernement, Nicolas Sarkozy a estimé devant la presse, à l'issue de sa déclaration, qu'il ne pouvait pas reposer "sur le bon vouloir des maires dans les communes".

Ce SMA consiste à rémunérer des agents municipaux pour qu'ils gardent les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur les salaires des grévistes.

2.837 des 22.500 communes accueillant au moins une école ont signé des conventions pour organiser ce dispositif, qui se heurte à l'opposition des syndicats, ainsi que de nombreux élus de gauche, mais pas seulement.

Le soir du 24 janvier, première journée d'expérimentation du SMA, M. Darcos avait annoncé qu'il allait chercher un "accord" avec les organisations syndicales sur le service minimum à l'école, et prévenu que, sans accord "dans les deux mois", il passerait "par la loi".

Selon les syndicats, aucune discussion n'a été engagée depuis.

Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi soir que la décision de présenter un projet de loi sur le droit à l'accueil avait été prise "ce matin (jeudi) avec le Premier ministre".

Selon un membre du gouvernement, lors du conseil des ministres mercredi, le président avait rendu hommage à le fermeté de Xavier Darcos sur cette question. "C'est très bien d'avoir lancé le débat sur le service minimum. Ce débat a permis de faire passer au second plan la grève en elle-même. C'est ça faire de la politique !", avait-il lancé en substance.

15.05.2008

Pas de SMA à l'Ecole Française de Maputo

Si l'Ecole Française de Maputo est effectivement un établissement doté d'une gestion privée, ceux qui le financent par leurs impôts (pour les Français) et par leurs cotisations (pour tous les parents d'élèves) devraient pouvoir exiger le remboursement de cette journée non prestée par l'Ecole.

En ce qui concerne le SMA, Service Minimum d'Accueil,  il me semble qu'il ne doit en aucun cas être lié avec "les conditions sociales" en France ou au Mozambique, et a été mis en place par le Ministre pour occuper l'Espace Ecole laissé vacant par les enseignants grévistes. 2837 communes de France ont signé la convention alors qu'elles étaient 2000 le 15 janvier.

C'est pourquoi nous aurions apprécié que l'Ecole Française de Maputo puisse garantir l’accueil des enfants dont les parents n’ont aucune autre solution. Saluons la solidarité et la débrouillardise de certaines mamans qui suppléent les carences de l'Ecole Française.

Nous aurions également apprécié que l'Ecole Française de Maputo puisse éviter que ne soient pénalisés les parents, français ou non français, en particulier les plus démunis ou en situation d’emploi précaire.

Telles sont aussi les missions du service public d’éducation.

Claude Guillemain
Parent d'élèves
Maputo - Mozambique

 

13.05.2008

Hillary Clinton refuse l'évidence

 

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Selon les sondages, Hillary Clinton devrait largement remporter la primaire démocrate, ce 13 mai, en Virginie-Occidentale. Mais, criblée de dettes (20 millions de dollars) et devancée de façon irréversible par Barack Obama, la sénatrice paraît désormais jouer davantage pour l'honneur que pour l'investiture à la présidentielle américaine.

 

Source: http://cartoons.courrierinternational.com/dessins/dessin....

05.04.2008

L'OEUF OU LA POULE

    J'ai attentivement écouté Nicolas Sarkozy lors de son dernier discours, prononcé le vendredi 4 avril dernier à Bercy, portant sur la Modernisation des Politiques Publiques et Réforme de l'Etat.
    De la même façon, j'ai pris la peine de relire soigneusement ce texte ("Seul le prononcé fait foi", voir en fin d'article) téléchargé sur le site présidentiel (www.elysee.fr) qui, finalement, m'apparaît plus superficiel que fondateur.
    Pour justifier mon propre point de vue, dont on peut se douter qu'il n'est guère optimiste, j'appelle en renfort trois économistes de terrain dont le jugement, au point où nous en sommes arrivés, n'est pas moins pessimiste que le mien.
    Alexander LAW, chef économiste au cabinet de recherche Xerfi, considère pour sa part que "Sept milliards, ce n'est pas une goutte d'eau mais ça ne montre pas l'ampleur des efforts qui sont nécessaires (...)".
    Pour Philippe WAECHTER, directeur de la recherche chez Natixis asset management, "Sept milliards ne nous permettront pas de retrouver l'équilibre en 2012, et 150 mesures pour sept milliards, ça veut dire qu'on récupère quelques euros par-ci par-là mais ça ne traduit à aucun moment une orientation claire de ce que doit être la politique budgétaire".
    Enfin Marc TOUATI, mon préféré, directeur de la recherche économique chez Global Equities, déplore des mesurettes : "Sept milliards d'euros d'économie alors que le gaspillage des deniers publics dépasse les 70 milliards d'euros au cours des six dernière années, c'est bien mince".
    Ces trois spécialistes ne se contentent d'ailleurs pas de critiquer les annonces présidentielles : ils indiquent aussi, chacun selon son coeur, des pistes que le pouvoir politique pusillanime ne semble pas même vouloir envisager tant il a peur de son ombre !
    Selon Marc TOUATI : "Il n'y a qu'une seule chose à faire : réduire massivement la dépense publique, c'est-à-dire de 54% du PIB actuellement à 50%". "Cela représente un effort d'environ 70 milliards d'euros, avec les 7 milliards annoncés, nous sommes très loin du compte".
    Philippe WAECHTER estime, quant à lui, que "la vraie problématique est la dérive continue des comptes sociaux", suivez mon regard vers nos petits bricoleurs si friands d'usines à gaz : le gaz, ça peut être très dangereux... 
    Pour sa part, Alexander LAW pense qu'"il faut aller plus loin dans la réforme du marché du travail et relancer l'économie en accroissant la concurrence et en réduisant les distorsions sur l'ensemble des marchés, c'est un chantier qui n'en est qu'à ses balbutiements".
    Enfin, l'excellent journaliste Ivan Rioufol écrit : "Même les mots font peur. Le gouvernement n'ose dire "rigueur", mais François Fillon annonce "des économies partout" et des efforts pour tous. Cette réserve ne rime à rien, quand le budget de l'Etat connaît un déficit tel que le financement du revenu de solidarité active semble également compromis. La crainte de dire les choses dissimulerait- elle une impréparation ?".
    Justement, les mots font si peur que le texte  officiel du discours, je cite : "Car (...) ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c'est la réforme qui permettra les économies. Seule la réforme permettra d'accroître la qualité du service public tout en faisant des économies" est devenu, dans le feu de l'action, sachant que "seul le prononcé fait foi" : "Ce n'est pas les économies qui font la réforme mais la réforme qui permettra des économies. C'est la différence entre rigueur et réforme" (AFP).
    Qu'en termes improvisés et prudentissimes ces choses-là sont dites selon la direction et la force du vent (socialiste) ! Mais de quelque façon que l'on s'y prenne pour le dire, le chef de l'Etat ne fait que rééditer politiquement le fameux paradoxe de l'oeuf et de la poule : Qu'est-ce qui est apparu en premier : l'oeuf ou la poule ? Baste ! Vous avez dit : rupture ?
Librement !
Philippe (Sully) ROBERT
http://sully1. typepad.com
02400 FRANCE

04.04.2008

Le printemps est bien là !

Hirondelles de retour, lycéens dans la rue, ce coup ci c'est sur : le printemps est bien là !

"Restons Correct !" se fend d'un commentaire que vous découvrirez en cliquant ci-dessous :
http://restonscorrect.blog.20minutes.fr/archive/2008/04/0...

Printemps lycéen

127191659.jpgComme tous les ans avec le retour des beaux jours les lycéens sortent dans la rue. C’est un rite incontournable. De ceux qui, comme le bac, marquent la sortie de l’adolescence pour des dizaines de milliers de jeunes gens tonitruants et plutôt sympathiques.

Comme tous les ans à la même époque les autorités concernées mettent tout en œuvre pour éviter les dérapages violents et le Ministre de l’Intérieur se dit que, finalement, Jean-Marie Bockel a peut être eu raison d’accepter le portefeuille des Anciens Combattants...

Comme tous les ans à la même époque, les parents d’élèves s’angoissent pour le bac de leurs chères têtes blondes en oubliant l’importance récurrente du taux de réussite à l’examen.

Rien de nouveau donc sous le soleil printanier, à peine de quoi faire la une de 20 Minutes, de Libé ou du Figaro, le miel du Landernau blogosphérique en général et de « Restons Correct ! » en particulier ou encore l’ouverture du 20 heures de TFl.

Rien de nouveau non plus en matière de revendications : Touche pas à mon option jeux vidéos ! On veut être plus surveillés ! X (le ministre de l’Education Nationale du moment) t’es foutu : La Terminale S 2 du lycée Pablo Neruda est dans la rue !

Bref tout çà c’est bien calibré, bien prévisible, bien convenu et çà se termine comme tous les ans le 1er mai par une grande manifestation plus ou moins unitaire qui permet à Bernard Thibault et à Gérard Aschieri d’affirmer sentencieusement sous une banderole dépourvue d’allusions blessantes à l’égard des ch’tis, que l’Education doit rester la priorité de la Nation …

En attendant ce point d’orgue rituel, les manifs lycéennes auront permis à quelques jeunes gens et jeune filles qui s’apprêtent à entamer les longues études supérieures désormais nécessaires pour qui espère être un  jour élu Conseiller Général socialiste en Corrèze, de passer à la télé chez Michel Field, voire pour les plus méritants ou les plus malins chez PPDA.

Evidemment les esprits bougons regretteront une fois de plus la pauvreté créative de l’exercice et le classicisme des mots d’ordre : Pas le moindre Soyons raisonnables demandons l’impossible ! ni le plus petit Libérez la (vraie) galette-saucisse !, même à la sortie du lycée Jacques Cartier de Saint-Malo…

A qui la faute ? Hélas sans doute aux profs qui soutiennent, encadrent et surveillent de près le mouvement. Certes cette implication enseignante a le double avantage d’éviter la multiplication des fautes d’orthographe sur les pancartes lycéennes d’une part, de leur permettre de faire valoir leurs revendications corporatistes a peu de frais d’autre part, depuis que les jours de grèves ne sont plus rémunérés. Mais force est pourtant de constater qu’elle ne favorise pas vraiment la Liberté d’expression juvénile…

24.03.2008

Novelli : "Réformons l'UMP en profondeur"

  http://www.lefigaro.fr/politique/2008/03/24/01002-2008032...

Propos recueillis parJudith Waintraub
24/03/2008 | Mise à jour : 08:14 |
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Hervé Novelli : « L'UMP doit créer son propre espace pour aider, éclairer, voire devancer l'exécutif. » Crédits photo : Le Figaro

Le président des Réformateurs demande que la sensibilité libérale soit prise en compte au sein du parti.

Hervé NOVELLI.   Nous portons chacun à l'intérieur de l'UMP une part de responsabilité. Le parti n'est plus assez ce lieu de débat collectif, d'expression de la diversité des sensibilités et d'offensive intellectuelle contre la gauche qu'il était lorsque Nicolas Sarkozy le présidait. Cette dernière lacune a été particulièrement criante aux municipales. Il y a eu trop peu de mobilisation nationale pour ré­pondre à la campagne de la gauche sur le problème du pouvoir d'achat, qui est réel, ou sur le prétendu plan de rigueur qui allait suivre les élections.

L'UMP doit créer son propre espace pour aider, éclairer, voire devancer l'exécutif, comme elle le faisait depuis 2004. Les Réformateurs organiseront, le 6 mai, un grand « rendez-vous de la réforme » pour faire le bilan de celles déjà en vigueur, identifier celles qui doivent être engagées au plus vite et proposer leurs solutions pour atteindre les objectifs fixés par le président de la République. Quand Nicolas Sarkozy présidait l'UMP, il faisait vivre le débat par des colloques ou même des votes en conseil national. Cela doit continuer et s'amplifier. Sous sa présidence, le parti était pluriel. Depuis dix mois, nous n'avons pas eu le temps de reconstituer ce climat, au risque d'apparaître comme exclusivement suiviste. Une UMP monolithique serait à la fois une trahison de l'histoire des familles qui ont fusionné pour la construire et un déni de la réalité actuelle, où les sensibilités qui forment l'arc de la droite au centre ne correspondent plus forcément aux anciennes appellations.

Non. Il ne s'agit pas de s'affronter ou de se diviser comme le font les socialistes, mais d'être le plus vivant possible et ainsi plus efficace dans l'opinion. Puisque nous réformons la France, réformons aussi l'UMP en profondeur. Au sommet, le partage des responsabilités n'est pas optimal. Je souhaite qu'il soit clarifié : au secrétariat général, la gestion quotidienne, et au Conseil national, l'organisation des débats. Je demande aussi que les sensibilités actuelles, dont la sensibilité réformatrice et libérale qu'avec d'autres je représente, soient intégrées dans les instances dirigeantes de notre formation et associées à sa gestion. Les Réformateurs sont puissants à l'intérieur du groupe UMP à l'Assemblée nationale, mais ils me paraissent ignorés dans la direction du parti. Notre poids et, en conséquence, notre influence ne sont pris en considération ni par l'exécutif ni par le législatif de l'UMP.

La diversité de l'UMP est la condition de sa réussite à fédérer toutes les volontés du centre et de la droite. Si cette diversité n'était plus à l'ordre du jour, il faudrait le dire clairement et revenir à ce que la majorité a connu durant les vingt-cinq ans qui ont précédé 2002, c'est-à-dire aux anciennes familles politiques. Cherchons ensemble comment éviter ce retour en arrière, jalonné de tant de mauvais souvenirs.

19.03.2008

Paris-Match déclare ouverte la chasse aux soixante-huitards

Parce que d'anciens leaders soixante-huitards ont refusé de poser pour une photo ridicule, Paris Match a décidé de leur régler leur compte. Après Sarkozy, le journal du groupe Lagardère est prêt, lui aussi, à liquider Mai 68.

Dans son dernier numéro, outre un reportage sur Carla Sarkozy composé de sublimes photos posées de la belle en son palais, Paris Match consacrait un dossier aux «nantis conformistes de 1968» : «ceux qui prétendaient mettre le feu » à la société et qui «quarante ans après en sont les mandarins».

Mai 68 quarante ans après : comme si c'était hier
Le dessinateur Cabu, le journaliste Jean-Luc Hees, l'éditeur Hervé Hamon, le documentariste Patrick Rotman, Alain Geismar, André Glucksmann et son fils Raphaël avaient répondu présent à cette sollicitation du journal qui se voulait l'idée du siècle.
Objectif : recomposer la ligue dissoute des contestataires devant la Sorbonne, le temps d'une photo avec quelques pavés de carton-pâte, une poubelle quadragénaire et des drapeaux rouges. Ne manquaient plus que les CRS d'époque et les barricades pour rejouer - au ralenti - la bataille de Gay-Lussac. Mais voilà : sans doute moins prompts aujourd'hui à se prêter aux enfantillages d'antan, les participants n'ont pas souhaité collaborer à cette mise en scène grotesque imaginée par le journal. « Ça s'est passé un dimanche, raconte Hervé Hamon dans une tribune publiée par le Télégramme, l'attachée de presse de mon éditeur m'avait signifié que l'illustre journal souhaitait photographier les auteurs qui consacraient un ouvrage à mai 68 pour présenter leur livre. Le photographe avait préparé un décor. Nous nous sommes consultés du regard. Même la foire du trône n'aurait pas voulu d'une mise en scène aussi ringarde. Nous avons donc poliment décliné le carton-pâte et pris position sur les marches de la chapelle».

Les nantis-conformistes rebelles
Visiblement affecté par l'attitude de ces révoltés d'un autre temps, Paris-Match décide alors de consacrer un encadré à "l'Affaire" : «Une fois de plus, peut-on lire, Alain Geismar mène la danse : « Non, non, moi je ne me mets pas là, c'est ridicule!». Plus ou moins d'accord avec leur leader, les autres ont suivi». Nantis peut-être, vieillissants certes, trop sages sans doute, mais pas encore suffisamment séniles pour se donner corps et âme à la société du spectacle… Paris-Match en est donc pour ses frais : «On espérait une photo qui nous replonge dans l'atmosphère de l'époque, nous avons eu une réunion de sages sexagénaires dénués d'humour».
De fait, la photo finalement publiée relève plutôt du style «réunion de troisième âge». Pas de quoi, cependant, en faire un caca nerveux. Mais Match est vraiment vexé et décide, pour se venger, de se payer Mai 68 et notamment ces nantis-conformistes-dénués-d ‘humour qui ont refusé de rejouer la scène de la prise de la Sorbonne. Dans un édito sur le sujet, le magazine du groupe Hachette règle ses comptes, tombant dans le même piège que tous ceux qui ont souhaité «enterrer Mai 68» : Gilles Martin-Chauffier abuse des raccourcis, réduit le mouvement à ses leaders, devenus effectivement pour certains des politiques, des hommes de pub, des barons de l'édition, des patrons, des figures médiatiques. Et les figures anonymes de 68? Et les ouvriers? Ils n'intéressent apparemment pas le rédacteur en chef de l'hebdo people.

Hervé Hamon voit (encore) rouge

Commentant l'article de Gilles Martin-Chauffier, Hervé Hamon, va plus loin : i[«Et j'en appris bien d'autres sur moi-même et mes contemporains. Que j'appelais de mes vœux, hier, «un régime à la Pyong-Yang». Que je suis devenu un «potentat gorgé de notes de frais». Que j'ai soutenu la guerre en Irak. Que je me suis comporté en «caniche face aux commandos de la mort de Che Guevara». Je vous la fais courte. Ce style-là, moi qui ai un peu étudié l'histoire, je le connais: c'est celui de Je suis partout, journal antisémite de l'avant-guerre». Preuve qu'il vaut mieux ne pas réveiller un soixante-huitard qui dort…

Glucksmann, Soubirous du sarkozysme
Et c'est ainsi, par ses faiblesses et cette anecdote risible, que le dossier de Match en devient presque intéressant, façon cas d'école : en voulant dénoncer le fourvoiement de certains leaders de Mai, il sombre dans la caricature qu'il prétend dénoncer, et limite la représentation de Mai 68 à ceux qui en sont devenus les figures médiatiques, voire les produits dérivés historiques. Il en est ainsi d'André Glucksmann, sorte de Bernadette Soubirous du sarkozysme et auteur récent de «Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy», un livre tragico-comique co-écrit avec son fils. Raphaël, le fiston du père, est né en 1979, c'est dire s'il a été l'un des fervents animateurs de «Mai». Humaniste, droitdelhommiste, proche du microscopique parti Alternative Libérale, animé de tous les «bons» sentiments de la terre, notamment le libéralisme à la sauce anglosaxonne, le fils Glucksmann prône l'établissement d'une société sans hiérarchies, toute en horizontalité, prenant naturellement pour premier exemple l'école où l'élève dépasserait, par nature, le maître…Plus que par le refus de se prêter à une mise en scène ridicule, c'est face à ce genre de constats que l'on mesure l'étendue des dégâts intellectuels provoqués chez certains enfants égarés de 68. Mais ça, ce n'est pas dans Match.

Mercredi 19 Mars 2008 - 00:03
Régis Soubrouillard
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