26.12.2008

Collectif Anti Laposte

16.12.2008

Crise de la gauche

L’économie traverse sans nul doute la crise la plus grave qu’elle ait connu depuis bien longtemps. Mais pendant ce temps, la gauche politique n’en finit plus d’agoniser. Inutile de revenir sur les fractures du PS qui vont nourrir une lutte sans merci entre Aubry et Royal qui est de nature à décourager les militants les plus sincères. Mais que penser des luttes similaires au sein du PC alors que le parti communiste ne représente plus personne en France ? Dans ce contexte, Besancenot tente de faire émerger un parti anticapitaliste en surfant sur la crise. Mais il est loin d’être le seul à entonner le refrain de l’anticapitalisme.

Pourtant, la crise actuelle aurait dû faire prospérer la gauche puisque cette crise pourrait être interprétée comme une confirmation de sa théorie. Il n’en est rien. Pour ma part, j’ai dû mal à parler de « crise du capitalisme » car il ne saurait y avoir d’économie en dehors du capitalisme. Si le capitalisme devait disparaître, il emporterait avec lui l’économie elle-même et sans économie, pas de civilisation humaine. Il y a donc bien une crise économique mais, pour reprendre les analyses de Schumpeter qui a proposé une théorie de l’évolution économique, c’est surtout une phase de mutation, de « destruction créatrice », dans laquelle les nouvelles formes de développement économique sont en train de prendre forme.

L’économiste Kondratieff a été envoyé dans les camps de travail soviétiques pour avoir proposé la première théorie des cycles longs, défiant du même coup l’idéologie officielle selon laquelle le capitalisme était condamné à sombrer dans une crise finale [1]. Pour Kondratieff, tel le phénix qui renait de ses cendres, le capitalisme se nourrit des crises. Plus exactement, l’économie est fondamentalement animée par un processus dynamique qui la conduit à des mutations qui nourrissent son développement incessant. Dans cette optique, l’analyse seulement quantitative en termes de croissance et de crise est trop réductrice.

Mais pourquoi la gauche n’est-elle donc pas capable de profiter de ces périodes de crise qui engendrent une réelle détresse sociale ? Permettez-moi d’apporter ici deux tentatives d’explications.

Premièrement, la gauche semble plutôt profiter des périodes de croissance. En effet, sauf à persister dans une démarche révolutionnaire suicidaire, la gauche qui ambitionne de gouverner s’appuie sur un programme qui peut se résumer sur un principe directeur : la redistribution des richesses. Mais pour redistribuer des richesses, encore faut-il en produire. En période de crise, c’est la capacité à produire des richesses qui est remise en question, la redistribution risquant d’accroître les problèmes économiques plutôt que de les résoudre. Les gens qui vivent dans le monde réel en sont plus moins conscients, et c’est pourquoi ils se détournent à la fois des partis de gauche et des syndicats, comme l’a révélé le fort taux d’abstention aux dernières élections prud’homales.

Deuxièmement, il y a sans doute une raison plus profonde. La gauche part du principe qu’il faut « changer le monde », qu’il faut proposer « autre chose » en trouvant une alternative à l’économie de marché. La réalité économique est cependant un fait, voulu par personne mais sans cesse actualisé par chacun de nous, car l’économie émerge des interactions complexes issues de nos choix individuels. Aucun plan préalable n’a été nécessaire pour que fonctionne l’économie. A l’inverse, tous les plans qui prétendent enfermer l’économie dans des formats artificiels et rigides ont brisé l’économie, les crises résultant souvent d’erreur de réglementations ou de politiques économiques.

Mais changer le monde pour proposer quoi, dans quelle direction, selon quel principe ? Et là, il y a quasiment autant de réponses qu’il y aura de militants. Ces militants animeront des courants innombrables. Les Verts, le PS, le PCF, le NPA, tous ces partis tiennent finalement le même discours fondé sur le rejet de la réalité économique : il faut changer l’économie.

Tous les leaders de la gauche nous proposent de donner au monde un visage humain, mais ils gardent de nous dire qu’ils verraient bien leur propre visage en guise de modèle. Comment changer l’économie qui fait tourner le monde dans lequel nous vivons ? Personne n’a la même réponse de sorte qu’il est structurellement impossible aux hommes et femmes politiques de gauche de travailler ensemble.

C’est la raison pour laquelle les pays qui ont voulu sortir de l’économie de marché ont dû le faire de manière autoritaire, en se donnant des régimes dictatoriaux. Tous les pays qui rejettent l’économie de marché sont des dictatures. C’est aussi pourquoi les partis de gauche ont dû mal avec l’idée de concurrence voire avec le principe même des élections, des primaires, de multiplicité de candidats ; et les épisodes tragicomiques d’élections truquées au PS sont révélateurs d’une pratique inhérente aux partis qui restent imbibés par cet esprit révolutionnaire : au sein de mon parti, j’ai perdu aux élections alors je remets en cause le principe même des élections ; dans le cadre des élections nationales, mon parti perd les élections alors j’organise d’incessants « troisième tour sociaux » pour bloquer le pays et empêcher le gouvernement élu d’appliquer son programme.

Tant que la gauche sera inspirée par ces pratiques, elle loupera l’occasion de se reconstruire.

Faut-il néanmoins se réjouir de cette situation ? Non car malgré cette pittoresque situation, la droite aux affaires ne parvient pas à gouverner, devant reporter la moindre de ses réformes devant la fronde de la rue en colère. Quand le pouvoir est dans la rue, c’est que la démocratie a déserté la cité. C’est à croire que les français préfèrent la révolution à la réforme puisqu’en bloquant systématiquement toute possibilité d’évolution en douceur de ses institutions – notamment l’éducation nationale – ils installent les conditions de la faillite. Notre pays qui ne manque pas une occasion de donner des leçons de démocratie au monde entier n’est jamais parvenu à vivre complètement ce pacte démocratique. Le gouvernement ne peut pas gouverner en appliquant le programme sur lequel il s’est fait élire tandis que l’opposition n’est pas en état d’offrir une alternative crédible.

[1] Nikolai Kondratieff (1892-1938) est mort fusillé au goulag où il a été déporté à la fin d’un procès initié par Staline dans le cadre de l’épuration idéologique.

 

Jean-Louis Caccomo

Perpignan, le 15 décembre 2008

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14.12.2008

Réseau Liberté Trans.: Plus que 15 jours pour signer la pétition que nous remettrons à Nicolas Sarkozy

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13.12.2008

Faut-il commémorer la Déclaration des droits de l'homme ?

Par Jean-Philippe Feldman 


Jean-Philippe Feldman, professeur agrégé des facultés de droit et avocat à la Cour de Paris (*) souligne les lacunes de la Déclaration universelle adoptée le 10 décembre 1948.

Coutumière des célébrations, la France en aura connu de nombreuses au cours de l'année 2008. Après le cinquantième anniversaire de notre Constitution, on s'apprête à commémorer le soixantième de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Comment pourrait-on s'en offusquer ?

Sans l'avoir lue, beaucoup pensent qu'une déclaration «universelle» des droits de l'homme ne peut que surpasser une déclaration nationale. D'ailleurs, notre Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est souvent confondue avec la Déclaration universelle. Par surcroît, on ne manque pas de rappeler que celle-ci a été fortement inspirée par un Français : René Cassin, une personnalité impeccable. C'est par une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies qu'elle fut adoptée le 10 décembre 1948, de manière doublement symbolique : à la suite des horreurs de la Seconde Guerre mondiale, et au lendemain de l'approbation de la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Elle était novatrice à maints égards. Selon les vœux de Cassin, elle devait entériner les droits «classiques» tout en accueillant de nouveaux droits, dont la consécration ne pouvait être que progressive. De plus, elle était «universelle», et pas seulement internationale : il s'agissait de limiter le pouvoir des États sur leurs propres ressortissants. Enfin, dans les années qui ont suivi son adoption, elle put être transformée par certains en instrument de lutte contre le communisme.

Un panégyrique n'est pourtant pas de mise.

Il suffit de relire les débats préparatoires (mais qui le fait encore ?) et notamment les interventions du délégué soviétique, le sinistre Vychinsky, pour s'en convaincre. Les formulations occidentale et marxiste des droits de l'homme ont été délibérément mêlées jusqu'à l'inconséquence. Le préambule adopte le principe marxiste selon lequel les libertés ne sont pas une donnée à respecter, mais une conquête à organiser. Ce qui n'empêche pas l'article Ier de proclamer que tous les hommes naissent libres et égaux ! Le droit de propriété - perdu au beau milieu du document - est massacré : «Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité (sic), a droit à la propriété» ! L'article 26-3 ne laisse pas d'inquiéter : «Les parents ont, par priorité (sic), le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.» Les silences du texte sont aussi assourdissants : rien sur la liberté d'entreprendre ou sur la liberté du commerce et de l'industrie, pas un mot sur le droit de grève (inacceptable pour la «patrie des travailleurs» !). Quant à la référence aux devoirs de l'individu envers la communauté, elle confond dangereusement droit et morale. Surtout, le texte est à l'origine du principe de l'«indivisibilité» des droits de l'homme selon lequel tous les droits se valent. Les droits économiques et sociaux y pullulent : droit au travail, au repos et aux loisirs, à un niveau de vie suffisant, etc. Bref, après les droits-libertés de la «première génération» en 1789 (liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression), ce sont les droits-créances qui sont créés en 1948 et qui forment la «deuxième génération». Un puits sans fond, car elle en appellera beaucoup d'autres ! Or, parler de «droit à» est absurde et dangereux, car seul le prétendu titulaire du droit est connu et jamais celui sur qui pèserait l'obligation corrélative. Les faux droits de l'homme chassent les bons, car ils entrent nécessairement en conflit avec eux. Les affirmations de besoins, de desseins ou d'attente, qui permettent de prendre aux uns pour donner aux autres, ne sont pas pour autant des droits de l'homme. Ceux-ci ont une valeur universelle effectivement, donc atemporelle. L'idée d'une actualisation historique n'a aucun sens puisque l'universalité des droits tient à la nature même de l'homme. L'objectif qui devrait nous guider devrait être de faire respecter les vrais droits de l'homme, et non pas d'inventer de faux droits. Le seul mérite de la Déclaration de 1948 est de mériter l'oubli.

(*) Auteur de «De la Constitutionde la Ve République à la Constitution de la liberté», Institut Charles-Coquelin, 2008.

07.12.2008

LIBERTE, EGALITE, REALITE

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De toutes parts les avertissements fusent pour attirer l'attention des Français insouciants sur la situation de plus en plus critique de la France.
Les meilleurs observateurs que sont généralement les économistes libéraux tirent à ce sujet depuis longtemps la sonnette d'alarme.
Les "déclinistes" sérieux, ceux qui sont capables de proposer des solutions, le plus souvent libérales, sont vivement rejetés dans l'ombre.
Que pouvons-nous faire de plus, nous, simples libéraux à la plume engagée et enragée, pour faire que le bon sens s'insinue enfin dans les têtes ?
Diffusons donc, pour les faire rebondir le plus loin possible, les réflexions de personnalités possédant la très rare qualité d'honnête homme (XVIIe).
Jean-Michel Aphatie*, selon moi, se trouve appartenir à cette confrérie dont les hautes valeurs morales, hélas, ont aujourd'hui trop tendance à se dissoudre dans les arcanes d'un politiquement correct mortifère :
"Dans la situation actuelle comme dans les situations passées, le discours officiel sonne faux pour cette seule raison qu'il n'est pas sincère. Pour rester sur la scène d'hier, l'illusion a été installée d'un investissement public massif qui évitera à la France la récession comme la rigueur. Ce n'est pas vrai, chacun le sait (...)".
- Prince, demande à Dieu pardon ! Je quarte du pied, j'escarmouche, je coupe, je feinte... Hé ! Là donc ! A la fin de l'envoi, je touche :
"Les vingt-six milliards sortis de l'inépuisable chapeau magique de la politique française retarderont encore l'échéance, mais ils n'auront pas le pouvoir, hélas, de la faire disparaître".
A bon entendeur...
* Sur www.claudereichman. com : Jean-Michel Aphatie est journaliste à RTL et présente, chaque dimanche, Le Grand Jury-RTL-LCI- Le Figaro sur... LCI.
Librement !
Philippe (Sully) ROBERT
http://sully1. typepad.com
02400 FRANCE

 

02.12.2008

Signs of the Times...They hit too close to home!


 

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