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  • Un programme (libéral) pour le retour à une croissance durable en Europe

    Par Institut Turgot le mardi 28 février 2012, 12:25 - Note de synthèse - Lien permanent : http://blog.turgot.org/index.php?post%2FCroissance-Europe


    UE.jpgCi-dessous la traduction d'un document dont les médias français – campagne électorale oblige - ne se sont quasiment pas fait l'écho. C'est dommage.

    Il s'agit de la lettre envoyée , le 22 février dernier, par David Cameron, Mario Monti, Mariano Rajoy, Donald Dusk et huit autres premiers ministres (conservateurs et libéraux) européens à Herman van Rompuy et José Manuel Barroso, à l'occasion du prochain sommet européen des 1er et 2 mars. Comparez-en les orientations et les priorités avec celles de nos candidats hexagonaux.

    Nous nous réunissons à Bruxelles en un moment particulièrement crucial pour l'avenir des économies européennes. La croissance est en panne. Le chômage augmente. Citoyens et entreprises sont confrontées aux pires conditions jamais rencontrées depuis des années. Alors que la situation de nos principaux concurrents mondiaux ne cesse de s'améliorer après les heures noires de la crise que le monde vient de connaître, l'instabilité des marchés financiers et le poids des dettes souveraines continuent d'entraver la reprise économique en Europe.

    Fondamentalement, l'Europe dispose de nombreux atouts économiques. Mais la crise que nous connaissons est aussi une crise de la croissance. Il est essentiel que chacun d'entre nous s'efforce de remettre de l'ordre dans ses finances nationales. Sans ces efforts nous ne réussirons jamais à retrouver les conditions d'une croissance économique forte et durable. Mais il nous faut aussi moderniser nos structures économiques, améliorer notre compétitivité, et corriger les déséquilibres macroéconomiques. Il nous faut ramener la confiance, chez nos concitoyens, dans les entreprises, sur les marché financiers, en la capacité de l'Europe de retrouver à l'avenir une croissance forte et soutenable, et ainsi de maintenir son rang dans les échanges et sur les marchés mondiaux.

    Nous en avons parlé lors de notre dernière rencontre. Il est bon d'en reparler de nouveau aujourd'hui. Partant des conclusions sur lesquelles nous étions arrivés, le moment est venu de faire preuve d'un véritable leadership et de prendre les décisions courageuses qui permettrons d'arriver aux résultats que nos peuples attendent. Nous saluons les efforts déjà accomplis tant aux niveaux nationaux qu'au niveau européen pour répondre à ce défi, et nous espérons que cette nouvelle réunion nous permettra de réaliser de nouveaux progrés en focalisant nos efforts pour relancer la croissance autour de huit grandes priorités clairement exprimées.

    En premier lieu, il nous faut continuer à progresser dans la réalisation et l'achèvement du marché unique en en renforçant la gouvernance ainsi que l'application effective de ses dispositions. Le rapport de la Commission destiné au Conseil européen du mois de juin devrait donner une liste claire et détaillée d'actions à entreprendre pour réaliser ce double objectif.

    En commençant par le secteur des services. Ceux-ci représentent d'ores et déjà près des quatre cinquièrmes de l'activité économique, et pourtant il reste encore beaucoup à faire pour que ce marché soit aussi ouvert qu'il le faudrait à la concurrence. Il est urgent d'agir, tant au niveau national qu'européen, pour éliminer les restrictions et les obstacles qui continuent d'entraver la concurrence et l'accès aux marchés, ainsi que pour améliorer la mise en oeuvre effective du principe de reconnaissance mutuelle au sein du marché unique. Nous comptons sur la Commission pour nous donner les résultats de ses investigations sur la façon dont chaque secteur s'acquitte de ces obligations, et pour remplir les obligations d'information qui lui sont fixées par la directives sur les services pour ce qui concerne les efforts d'ouverture du marché des services, ainsi que pour proposer des mesures législatives additionnelles nécessaires à l'achèvement du marché interne des services, si besoin est.

    En second lieu, nous devons accentuer nos efforts pour la création d'un véritable marché numérique européen dès 2015. L'économie numérique se développe très rapidement, mais les échanges transfrontaliers restent relativement limités et la créativité y est étouffée par un entrelat complexe de régimes nationaux de droits d'auteurs. Il faut agir au niveau de l'Union européenne pour offrir aux consommateurs et aux entreprises les moyens de commercer online en toute confiance, en simplifiant les procédures de licence, en modernisant les systèmes de copyright, en mettant en place des mécanismes de résolution en ligne des conflits transfontaliers, et en modifiant le cadre européen de signature numérique. Sans pour autant rouvrir le dossier de la directive sur le commerce par internet, nous devrions tirer avantage des récentes propositions de la Commission pour mettre en place un système qui équilibre les intérêts des consommateurs, ceux des entreprises et des détenteurs de droits, et stimule l'innovation, l'activité créatrice, et donc la croissance. Il nous faut aussi poursuivre nos efforts pour construire une infrastructure moderne qui assure une meilleure couverture des besoins en services à large bande, pour développer et élargir l'offre de solutions et de services administratifs en ligne afin de simplifier les procédures de création d'entreprises et de gestion des affaires, ou encore pour faciliter la mobilité des travailleurs.

    Troisième point, nous devons tenir notre promesse d'établir un véritable marché unique de l'énergie, efficace et efficient, pour 2014.Tous les états-membres devraient rapidement appliquer intégralement le troisième paquet énergétique européen , en respectant les échéances prévues. L'interconnexion énergétique devrait être renforcée afin d'améliorer la sécurité de approvisionnements. Il est également urgent d'agir, de manière nationale ou collective, poursupprimer les obstacles réglementaires, administratifs et techniques qui freinent l'investissement dans les infrastructures afin de libérer tout le potentiel du marché unique, soutenir la croissance verte et encourager la transition vers une économie pauvre en carbone et efficace énergétiquement. Nous attendons le prochain rapport de la Commission sur le fonctionnement du marché intérieur qui devrait contenir une section évaluant le degré de libéralisation et d'ouverture du marché de l'énergie dans les pays membres. Nous nous engageons également à avancer concrètement vers la mise en place de l'Espace unique de transport européen et la réalisation de l'interconnection européenne.f

    Quatrièmement, nous devons réaffirmer notre engagement en faveur de la recherche et de l'innovation en procédant à la mise en place de l'Espace européen de recherche, en créant le meilleur environnement possible pour que les entrepreneurs et les innovateurs commercialisent leurs idées et créent des emplois, en mettant l'innovation mue par la demande au coeur de la stratégie européenne de recherche et de développement. Il nous faut aussi agir de manière décisive pour améliorer les possibilités d'investissement des start-ups innovantes, des sociétés à croissance rapide et des petites entreprises, en créant un régime communautaire efficace de capital risque qui permette aux fonds de venture capital d'opérer sur une base réellement européenne, en évaluant la possibilité d'un projet européen de capital risque s'appuyant sur le Fonds européen d'investissement et d'autres institutions financières en coopérations avec les opérateurs nationaux, et en donnant le feu vert à un nouveau programme communautaire fondé sur le modèle du programme de recherche en faveur de l'innovation dans les petites entreprises (SBIR) afin de stimuler un usage plus efficace des procédures d'achats publics avant commercialisation au profit des entreprises innovantes et spécialisées dans la haute technologie. La plus haute priorité doit aller aux réformes dont l'objet est d'encourager la création d'un système de protection de la propriété intellectuelle qui soit efficace et favorables aux entreprises.

    Cinq : il nous faut absolument agir pour assurer et conserver une économie mondiale véritablement ouverte. Cette année, il est prévu que nous signions des accords de libre échange avec l'Inde, le Canada, les pays limitrophes de l'Est européen, et un certain nombre de partenaires membres de l'Association des nations du sud-est asiatique (ASEAN). Il nous faut aussi renforcer nos relations commerciales avec les pays voisins du sud. Un nouvel élan devrait être donné aux négociations commerciales en cours avec ces partenaires stratégiques que sont le Mercosur et le Japon – les négociations avec le Japon devant être lancées avant l'été, pour autant que l'on enregistre des progrès satisfaisants sur l'étendue et l'ambition du projet d'accord de libre-échange. Les accords en cours de négociation ou en projet pourraient ajouter près de 90 milliards d'euros au PNB européen.

    Mais il faut aller au delà. Nous avons besoin d'une nouvelle impulsion politique pour renforcer l'intégration économique avec les Etats-Unis, et envisager toutes les options possibles, y compris celle d'un traité de libre-échange; pour renforcer nos relations commerciales et nos investissements en Russie, après son adhésion à l'OMC; mais aussi pour lancer une réflexion stratégique sur l'avenir de nos investissements et de nos relations commerciales avec la Chine, avec le souci d'approfondir nos liens économiques et de renforcer notre engagement en faveur d'un régime commercial multilatéral fondé sur des règles. Reconnaissant les bienfaits que nous apporte l'ouverture des marchés, nous devons continuer nos efforts pour renforcer le système d'échanges multilatéral, y compris en nous fondant sur le programme de Doha pour le développement, agir pour la conclusion d'accords multilatéraux et plurilatéraux dans les grands domaines et secteurs prioritaires, résister aux tentations protectionnistes et rechercher pour nos entreprises un meilleur accès aux marchés des pays tiers. Par dessus tout, dans nos relations commerciales, nous devons rejeter la tentation de recourir à un protectionnisme autodestructeur.

    Six, nous devons préserver, et même renforcer notre programme de réduction du poids des réglementations européennes. Nous saluons l'engagement des institutions de réduire le fardeau réglementaire qui pèse sur les petites entreprises mais nous tenons à ce que cette politique progresse plus vite et s'applique plus profondément au coeur de toutes les institutions européennes tout en sauvegardant l'intégrité du marché unique et en respectant les objectifs plus larges de l'Union. Nous devrions évaluer la possibilité de se fixer des objectifs sectoriels plus ambitieux et nous accorder sur de nouvelles mesures susceptibles de délivrer des résultats tangibles à l'industrie. Nous devrions également afficher de manière claire et visible notre intention d'apporter notre soutien aux micro-entreprises et demander à la Commission de préparer un ensemble de mesures détaillées allant dans ce sens, y compris par voie de possibles amendements à la législation existante. Nous demandons enfin à la Commission de présenter chaque année un rapport qui évalue et détaille ce que coûte à l'industrie et aux entreprises l'ensemble des dispositions réglementaires adoptées et mises en place au cours de l'année précédente.

    Sept, nous devons agir sur le plan national et collectivement, tout en respectant les compétences nationales, pour favoriser le bon fonctionnement d'un marché du travail qui offre de réelles possibilités d'emploi et, fondamentalement, permette d'atteindre des taux d'emploi plus élevés pour les jeunes, les femmes et les travailleurs âgés. Une attention particulière doit être accordée aux catégories de personnes vulnérables sorties du marché du travail pendant de longues périodes. Il nous faut aussi renforcer la mobilité du travail afin de réaliser l'objectif d'un marché européen du travail plus intégré et plus ouvert,par exemple en faisant avancer le projet de doter les travailleurs migrants de droits à la retraîte supplémentaires, tout en respectant le rôle des partenaire sociaux. Nous devrions également nous préoccuper de continuer à réduire le nombre des professions réglementées en Europe, avec l'inscription dans le droit d'un nouveau test de proportionalité plus sévère. A cette fin, nous demandons à la Commission de réunir sans délai un nouveau forum pour procéder à une évaluation mutuelle des procédures et pratiques nationales pour identifier et éliminer les barrières réglementaires injustifiées, étudier la possibilité d'autres voies que la réglementation pour assurer la garantie de hauts niveaux d'excellence professionnelle, et apprécier les capacités d'alignement des normes et standards aux fins de faciliter la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles.

    Finalement, nous devons agir pour nous doter d'un secteur financier solide, dynamique et concurrentiel, qui crée des emplois et apporte un ensemble de services essentiels aux citoyens et aux entreprises. Il faut réduire l'engagement implicite de soutien en toutes circonstances aux banques en difficulté qui fausse le fonctionnement du marché unique. C'est aux banques, et non aux contribuables, de supporter les coûts de leurs engagements risqués. Tout en poursuivant l'objectif d'une concurrence globalement équilibrée, nous devons nous engager de manière irrévocable à soutenir la mise en place d'un système international de normes touchant les capitaux, la liquidité et les possibilités d'effet de levier (sans dilution), et garantir que la législation européenne adhère aux régles de Bâle III afin de répondre de manière stable aux besoins de financement de nos économies . Il faut exiger des banques qu'elles mettent le niveau et la composition de leurs actifs capitalistiques en conformité avec les critères internationaux, sans introduire de discrimination entre investisseurs privés ou publics. Nous demandons aussi qu'elles appliquent de manière rigoureuse les principes définis par le G20 pour ce qui concerne les rémunérations dans le secteur bancaire en conformité avec la législation existante de l'Union européenne.

    Chacun de nous reconnait qu'un tel programme exige la prise de difficiles décisions politiques et exige la présence d'un véritable leadership. Mais il s'agit d'enjeux très importants, et de questions au sujet desquelles il y a déjà longtemps que nous aurions du agir. Si nous agissons de manière courageuse et efficace, et si nous faisons preuve de volonté politique, l'Europe peut retrouver son dynamisme et nous pourrons remettre nos économies sur le chemin de la croissance économique. Nous nous adressons à vous et aux membres du Conseil européen pour vous demander de répondre instamment aux exigences de réforme qui viennent de nos populations, et ainsi de contribuer à restaurer la confiance dans la capacité de l'Europe à retrouver une croissance forte, saine et durable.

    Copie de cette lettre est envoyée à tous nos collègues du Conseil européen.

    Les signataires : David Cameron, Premier ministre, Grande Bretagne; Mark Rutte, Premier ministre, Pays-Bas; Mario Monti, Premier ministre, Italie; Andrus Ansip, Premier ministre, Estonie; Valdis Dombrovskis, Premier ministre, Lettonie; Jyrki Katainen, Premier ministre, Finlande; Enda Kenny, Taoiseach, Irlande; Petr Nečas, Priemier ministre, République Tchèque; Iveta Radičová, Premier ministre, Slovaquie; Mariano Rajoy, Premier ministre, Espagne; Fredrik Reinfeldt, Premier ministre, Suède; Donald Tusk, Premier ministre,Pologne
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  • Présidentielle. François Bayrou : le grand oral du candidat du MoDem

    Source: http://www.letelegramme.com/presidentielle-2012/presidentielle-francois-bayrou-le-grand-oral-du-candidat-du-modem-09-03-2012-1626616.php?xtor=EPR-3-[quotidien]-20120309-[detailarticle]

     "Quelque chose de crépusculaire" dans les propos de Sarkozy

    Suite aux propos du président-candidat Nicolas Sarkozy, qui a dit qu'il quitterait la vie politique s'il était battu, François Bayrou a déclaré que "lorsque Nicolas Sarkozy s'exprime ainsi, on a l'impression qu'il prépare sa sortie. Il y a quelque chose d'un peu crépusculaire dans la manière dont il présente les choses : sur votre plateau, la multiplication des mea culpa et l'annonce aujourd'hui qu'il se retirera de la politique, qu'il abandonnera, parce que, dit-il, "j'aurai une belle carrière politique derrière moi"".
    Pourrait-il lui aussi quitter la politique en cas d'échec dans sa troisième course à l'Elysée ? "Certainement pas !", a répondu du tac au tac M. Bayrou, qui a confié n'avoir "jamais envisagé l'échec". 


     

    Sondage du jour : 13 % des votes pour Bayrou
    Selon le sondage du jour, François Bayrou est crédité de 13 % au premier tour (sondage Opinionway effectué du 5 au 7 mars). Il arrive derrière François Hollande (29 %), Nicolas Sarkozy (26 %) et Marine Le Pen (17 %). En retrait depuis la rentrée, le député des Pyrénées-Atlantiques doit retrouver un nouveau souffle.

  • Macroéconomie niveau C.P.

    Macroéconomie niveau C.P.

    Je sais, par avance, que ce petit schéma va paraître simpliste, pour ne pas dire infantile, à tous nos grands experts de l'économie. Ceci étant et avant de le mépriser, il n'en possède pas moins la vertu de mettre en évidence une bonne partiesdes interactions que, selon qu'ils sont de Droite ou de Gauche, certains semblent pudiquement glisser sous le tapis ou, au contraire, privilégier alors que tout est, évidemment, lié et que le simple fait d'agir sur un seul paramètre impose de prendreles autres en comptes.

    L'équilibre budgétaire.

    La règle, d'une simplicité biblique, consiste, tout bêtement, à faire en sorte que les dépenses ne soient pas supérieures aux recettes ou bien, et si par malheur c'est le cas, de tout faire pour que cette situation ne reste que de courte durée, pour la même raison que lorsque vous êtes à "découvert", celle ne pas voir vos agios atteindre, un jour, un montant tel que vous soyez dans l'incapacité de rembourser...

    Dès lors que l’État, au sens large du terme, est sensé ne pas rester en "déficit" trop longtemps ou ne pas l'être d'unemanière trop flagrante, il ne peut agir, en gros, que sur trois leviers, trois leviers qui lui sont accessibles et dont il est maître. Le premier consiste à augmenter les prélèvements, le deuxième, lui, à réduire ses dépenses et le troisième, recours facileélectoralement indolore car quasi invisibleà emprunter pour boucler ses fins de mois y compris pour ses dépenses courantes.

    Bien évidemment, notre petit État pris comme exemple "scolaire", a tout loisir d'agir sur l'un, sur l'autre, sur le troisième voire même, à des niveaux divers et adaptés, sur les trois à la fois. En ce qui nous concerne, force est de reconnaître qu'il a du paraître bien moins douloureux, sur l'instant, de laisser se creuser la dette avec, pourconséquence inéluctable, la flambée du montant cumulé des intérêts de celle-ci, que d'avoir le courage politique detailler dans le vifdans l'intérêt, certes lointain, des générations futures et non dans celui de l'échéance électorale immédiate avec, peut-être aussi, l'éventuelle satisfaction perverse de refiler la patate chaude au successeur.

    Si, au moment de la Révolution de 1789, le service de la dette, c’est-à-dire le simple remboursement des intérêts, étaitle second poste budgétaire de la Nation, aujourd'hui, en atteignant rien moins que le montant annuel de 50 milliards, soit ce que rapporte l'impôt sur le revenu, il est devenu le premier poste budgétaire de l’État, devant celui del’Éducation Nationale...

    Si, grâce à la RGPP* et à la LOLF**, une véritable inflexion des dépenses publiques a été initiée depuis 2002, celle-ci n'est pas encore suffisante pour produire des effets palpables et c'est, d'ailleurs, ce qui vient de nous coûter notre triple A, tout en restant, malgré tout, sur une marche tout à fait honorable du podium des agences de notation avec, pour consécration, des taux particulièrement bas malgré les avis éclairés de certains oiseaux de mauvais augure qui ont très probablement, et en cette occasion, confondu analyse objective et ... argumentaire électoral.

    Les trois incontrôlables.

    Si le Gouvernement a la main sur les dépensesles recettes et l'éventuel recours à l'emprunt, il n'est pas en mesure d'agir sur les trois inconnues que sont la Croissancela Consommation et la balance Commerciale.

    On peut, raisonnablement, supposer que tout Ministre des Finances en serait particulièrement heureux mais ce n'estpas le cas. Et pourtant, depuis quarante ans, on nous a servi des prévisions de croissance aussi fiables etprécises qu'un numéro de divination digne de la célèbre Madame Miroska de mon enfance, aboutissant, en général, à un chiffre inférieur de moitié à celui escompté et, de ce fait, à des dépenses engagées sur la base d'un chiffre faux par optimisme. Je pense complètement inutile d'expliquer que, si les dépenses sont au rendez-vous, mais pas les recettes, ce sera au Peuple de mettre la main à la poche avec le recours habituel aux "recettes de celle-ci" ou à ces fort utiles Lois de Finance Rectificatives.

    Le modeste dessin, ci-dessus, montre clairement qu'en fonction de l'état de gonflement des différents ... "ballons", notre jolie balance, avec les mêmes prélèvements et lesmêmes dépenses, s'inclinera préférentiellement vers le mauvais ou le bon côté, vers le déficit ou l'excédent budgétaire ou bien encore, sous une formulation qui concerne notre vie quotidienne, vers une augmentation ou une réduction des prélèvements obligatoires.

    Une navigation à vue.

    Tout l'art, car c'en est un, va consister à placer les différents curseurs au bon niveau. Une réduction trop lente, trop homéopathique, de l'endettement n'est pas nécessairement suffisante pour entraîner un allègement des intérêts mais, en contrepartie, elle n'aura qu'un faible impact sur la consommation et la croissance. Au contraire, et à l'image de ce qui se passe en Grèce, une réductionimportante et brutale, de l'ensemble des dépenses de l’État va réduire drastiquement la dette, c'est évident, mais la consommation va s'écrouler et la croissance ne sera plus qu'un lointain souvenir.

    Entre ces deux extrêmes, toutes les solutions intermédiaires sont envisageables, mais la moindre décision qui aura un impact négatif sur le pouvoir d'achat va, et c'est bien naturel, orienter le consommateur vers des produits à bas prix donc, le plus souvent et malheureusement, importés, ce qui ne manquera pas de contribuer au déficit de la balance commerciale mais, là, nous abordons les rives escarpées des notions de compétitivité.

    La gestion budgétaire d'un Pays pourrait, aisément, se comparer au fait de naviguer sur une mer inconnuecapricieusetruffée d'écueils, invisibles pour certains, avec lacontrainte supplémentaire, par manque de vivres, d'arriver le plus rapidement possible à bon port en sachant, par avance, que la moindre erreur aura autant d'impacts sociaux que de conséquences financières. Le faire par temps calme n'est déjà pas nécessairement une sinécure, pratiquer cet exercice dans la tempête, par vent contraire, dans le brouillard et, le tout, sous l'oeil de l'Opposition du moment n'attendant qu'une chose, et au mépris de la vie des passagers, celle de voir le navire se briser sur les récifs ne peut que me conforter dans mon refus de faire de la Politique.

    Règle d'or ... ou simple évidence.

    Je reconnais, finalement, ne pas très bien parvenir à comprendre les arguments de ceux qui réfutent cette "Règle" alors qu'elle n'est, sur le fond, qu'une banale évidence dont nous n'aurions jamais dû nous éloigner et, surtout, depuis tant de dizaines d'années. mais, que voulez-vous, une élection n'a pas de prixsauf, ensuite, pour le contribuable.

    *  : RGPP, Réforme générale des Politiques Publiques.
    ** : LOLF, Loi Organiques des Lois de Finance.